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Chechnak, Amazighs, couscous...
Publié dans Le Soir d'Algérie le 16 - 01 - 2021

Sollicité par un lecteur pour apporter des réponses à des questions liées à notre histoire, j'ai demandé au professeur Saïd Dahmani,(*) expert en la matière, de m'éclairer à propos de divers points. Je livre ici ses réponses en espérant créer un débat utile qui ne fera que du bien à l'étude de cette partie de l'histoire algérienne, souvent déformée, censurée ou exploitée dans un but principalement politique :
1. Saïd Dahmani est catégorique : «Chechnak, issu des branches libyques qui peuplaient l'Afrique du Nord, avait certes gouverné l'Egypte mais de là à en faire une référence, c'est aller vite en besogne.»
2. Yennayer : c'est le NOUVEL AN AGRAIRE. Le socle civilisationnel matériel du Maghreb est LA TERRE et son exploitation : l'agriculture. Par conséquent, tout tourne autour de la terre, sa fécondité, sa richesse... Fêter Yennayer, c'est tout une série de rites célébrés pour éloigner le spectre de la mauvaise année agricole et attirer la bonne production, donc assurer la fécondité, les bonnes récoltes, etc.
Ce qui explique la consommation des légumes, des fruits secs et des plats composés généralement de couscous et autres pour dire adieu à l'année achevée et des plats composés de produits verts (par exemple en Tunisie: la mloukhiya). Chez nous, il y a profusion de fruits secs (surtout dans l'Ouest) ainsi que les pâtes. «Malheureusement, cet aspect de Yennayer est occulté. Sa célébration actuelle ne met pas l'accent sur son aspect lié à la terre, à la production agricole et aux métiers liés à l'agriculture. Ce côté de la civilisation est complètement perdu ou occulté, l'école ne l'apprend pas aux élèves.»
3. Pour notre interlocuteur, l'appellation «amazighe» est en fait relativement récente. «Historiquement, les populations du Maghreb étaient désignées dans les sources anciennes par les noms des composantes tribales ou confédérales : Maures, Massyles, Numides, Libyques, Mazices. Au moins une de ces appellations, MAZICES porte comme racine MAZ qui semble avoir donné MAZIGH. La source médiévale principale qu'est l'Histoire de Ibn Khaldoun n'utilise que les noms des grandes branches : Sanhadja, Zanata, etc. Dans les périodes d'histoire moderne et contemporaine, l'appellation courante reste ‘'Berbères''.»
Le Professeur Dahmani estime que l'apparition du vocable «Imazighan» est à attribuer au PPA, dont un des chants patriotiques, composé en tamazight, commence ainsi :
IKKER MIS IMMAZGHAN.
«Le PPA avait édité à la fin des années 40, ou début 50, une brochure où figurent les hymnes et chants patriotiques chantés par les militants de ce parti, et où figure ce poème en tamazight.»
4. Le couscous n'a rien à voir avec les Phéniciens. «C'est toujours la même rengaine : tout ce qui est construction civilisationnelle chez les Amazighs dans l'Antiquité ne peut qu'être importé ! La culture du blé et ses dérivés est liée à l'amazighité et remonte à la sédentarisation des populations déterminée par l'agriculture.»
Alors que le idiomes amazighs peuvent se différencier dans l'appellation des produits agricoles, la culture du blé est la même chez tous les Amazighs, des îles Canaries à la Libye: IREDH/IRDHAN. «On sait que nos espaces ont été, à un moment de leur histoire, un grenier de blé : Massinissa en exportait vers les îles grecques au IIIe siècle avant J.-C.»
Le couscous, dérivé du blé, a été et est un plat typiquement amazigh. L'Orient ne connaissait pas ce plat : sinon pourquoi dans les pays de Cham, le couscous est-il appelé : maghribiya ?
5. La table rase relative à toute l'Antiquité, qu'elle soit amazighe, libyco-punique ou romaine relève aussi bien de la faiblesse des connaissances, de l'ignorance que du parti-pris.
Comme la somme des connaissances relatives à l'Antiquité classique est le résultat des travaux des historiens français surtout, beaucoup en font table rase considérant que c'est l'histoire d'une colonisation antique (notamment romaine) faite par les nouveaux colonisateurs français.
Conclusion du professeur : «Certes, il y a des chercheurs algériens ou maghrébins qui se sont mis à produire dans ce domaine, mais la diffusion de leurs travaux est faible ; cela se traduit par cette sorte d'omerta.»
M. F.

(*) M. Saïd Dahmani a occupé le poste de conservateur du musée de Annaba et responsable du site archéologique d'Hippone.


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