Real : Rüdiger est la priorité défensive    L'Algérie pour écrire son nom sur les tablettes de l'épreuve    Lionel Messi au septième ciel du football à Paris    Festivals du court-métrage d'Annaba et «Cinemana du film arabe» d'Oman    "EDEX-2021" du Caire : Said Chanegriha reçu par son homologue égyptien    Opep+ œuvrera à préserver l'équilibre du marché dans le contexte des craintes du variant Omicron    Elections locales: le FLN arrive en tête avec 5978 sièges    La vague de normalisation "se brisera contre la position authentique de l'Algérie"    Raffinerie de Skikda : une flamme derrière l'incident survenu mardi    Agrément à la nomination du nouvel ambassadeur d'Algérie en Ouganda    Benabderrahmane: la rupture avec les anciennes pratiques impossible sans des médias forts et objectifs    Covid-19: la pandémie a fait au moins 5.206.370 morts dans le monde    Séance de travail Lamamra-Wang Yi à Dakar    (EXCLUSIF) Noureddine Tayebi (fondateur de "Yassir"): « ce n'était pas une mince affaire »    Monoxyde de carbone : 95 décès depuis le début de l'année    Le rôle pionner de l'APS dans l'accès du citoyen à l'information mis en exergue    Sebgag dépêché en urgence à Oran    Plus de 200 investisseurs mis en demeure en 2021    Sellal acquitté et Rahiel condamné à 3 ans de prison    La campagne nationale de vaccination lancée    Plusieurs axes routiers bloqués par la neige    Vers le dénouement de la crise ?    Une bureaucratie en remplace une autre !    Les nouvelles technologies au secours de la culture    "Fahla , l'audace dans la langue algérienne"    Le Sénégal souhaite un soutien de Pékin au Sahel    Le Maroc et Israël main dans la main contre l'Algérie    11 entraîneurs européens présents au Qatar    10 000 hectares réservés à la céréaliculture à El-Ménéa    L'article 29 à la carte !    Report du procès de l'ancien wali de Djelfa    «L'Algérie se considère actuellement comme un Etat en confrontation avec l'entité sioniste»    La cérémonie officielle, vendredi prochain, à Paris    Une bonne nouvelle peut cacher un film    ACTUCULT    Compliqué pour la Saoura, jouable pour la JSK    Deuxième succès des Algériennes face à la Tunisie    Prévue le 7 décembre: Grève annoncée à la Santé    Les rejets anarchiques prennent de l'ampleur: 720 tonnes de déchets inertes collectées en trois jours    «La faiblesse des flux Internet fausse tout»    Les spéculateurs ont la peau dure    Assommants cachets...    «L'Algérie ne renoncera pas!»    Le monde vu par El Moudjahid    Une ville cruciale dans la guerre au Yémen    Un cas unique de corruption    Kamel Aziz «l'héritier de Amar Ezzahi»    Les orphelins de la vallée de la Soummam    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Café turc
Publié dans Le Soir d'Algérie le 19 - 10 - 2021

La Turquie est à quatre heures de vol, il faut casser sa tirelire pour rallier Istanbul afin d'admirer de visu l'église byzantine Sainte-Sophie, aujourd'hui la Mosquée Bleue. C'est une belle escale pour tout touriste désireux de rentabiliser son voyage, et faire le plein de selfies. Antalya pour le farniente et les plaisirs des vacances... et pour l'album souvenirs. On ne va pas en Turquie comme on va à Palma de Majorque ou à Corfou, dans la lointaine Grèce. Prendre pied dans l'ancien Empire ottoman, ça ressemble presque à un pèlerinage. Outre la brosse à dents et le bermuda de plage, on ne peut faire le déplacement sans, dans la tête, les leçons d'histoire apprises sur la Régence d'Alger, les frères Barberousse, les janissaires et les fameux corsaires. Le fonds culturel, les traditions culinaires, la religion sont les ingrédients d'une intégration sans heurts le temps d'un court séjour.
Nos vacanciers rentrent, des rêves plein la tête, le cœur léger, jamais blessés par une remarque désobligeante des gens du pays ou une quelconque attitude discriminatoire. Autant de raisons qui font du pays d'Atatürk une destination de choix. Son héritier est parvenu à faire de son pays une place forte de l'économie mondiale. Le chef du PJD (Parti de la justice et du développement) sait que le « miracle turc » sert d'atout pour rayonner au-delà des Dardanelles. Jusqu'en Algérie, où sa réussite ne cesse de susciter l'admiration des islamistes en mal de modèle de développement. Le nouveau sultan d'Ankara le sait et se laisse porter par cet engouement. Il est reçu en grande pompe dans la capitale de la nouvelle Algérie à deux reprises. Un monument prestigieux d'époque, la mosquée Ketchaoua a été restaurée grâce à la logistique turque. La Première dame a voulu s'enquérir de visu de ce qu'on a fait de l'argent mobilisé pour sa restauration. Quant à lui, son mari, le sultan des temps modernes, en homme avisé, était venu flairer les opportunités d'affaires. Ne dira-t-il pas que la majorité des Algériens sont chaussés par les entrepreneurs de son pays ? Du coup, il veut mettre cinq milliards de dollars dans la cagnotte et gagner en même temps les faveurs de l'ancienne Régence d'Alger. Mais cela provoque des frictions avec l'ancienne puissance coloniale française qui considère toujours l'Algérie comme sa chasse-gardée. Sûre de son « bon droit », elle ne rate pas l'occasion de lui rappeler une page noire de l'histoire turque envers les Arméniens, parlant même de génocide. Réponse du berger à la bergère, Erdogan ne mâche pas ses mots, il tance le Président français en termes très peu diplomatiques. Pis, il déclare qu'Emmanuel Macron est un « problème pour la France » qui doit « s'en débarrasser au plus vite ». Il lui jette au visage, à plusieurs reprises, les horreurs de la colonisation française en Algérie.
Cette pomme de discorde est étalée sur la place publique. Toutefois, cela n'exclut pas, pour autant, la Turquie de son statut de membre de l'Alliance atlantique (Otan). Bien plus, le sultan donne l'image d'un président trublion, imprévisible, difficile et surtout pragmatique. À l'heure du négationnisme macronien, quant à l'existence de l'Etat algérien avant 1830, les échanges au vitriol franco-turcs s'invitent avec fracas. Il faut savoir aussi qu'à la fin du XIXe siècle, la Sublime Porte n'avait plus aucun droit de regard sur la Régence d'Alger, désormais considérée comme partenaire souverain, un Etat reconnu par les capitales du monde. Fin manœuvrier, Erdogan est sur tous les fronts... là où il y a des affaires sentant bon le dollar, parfois aux dépens de ses alliés occidentaux. Quant à nous, allons-nous nous contenter de rêves nostalgiques et de halwa loukoum ?
Brahim Taouchichet


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.