L'Algérie prévoit d'accroître sa production de gaz et de produits liquides de plus de 30% à l'horizon 2020. Un programme de développement des énergies conventionnelles et non conventionnelles, qui sera basé sur deux axes, production et exploitation des centrales électriques, a été annoncé par le ministre de l'Energie, Noureddine Bouterfa, lundi lors d'une visite d'inspection à Oran. A ce propos, l'expert en économie, Fares Mesdour, a déclaré au Temps d'Algérie que le pays doit augmenter sa part de production pour répondre à la demande du marché. «Actuellement, Sonatrach assure ses commandes difficilement. Donc, il faut que la production soit rehaussée pour que le gouvernement puisse passer à d'autres conventions dans le domaine pétrolier», a-t-il indiqué. Pour l'expert, «l'Algérie a commis une erreur durant ces dernières décennies. Sonatrach n'a pas profité des coopérations avec les entreprises étrangères pour bénéficier de leur savoir-faire et leur technologie», a-t-il affirmé. L'exemple le plus édifiant, selon lui, est ce qui s'est passé avec le groupe français Total. «On était obligés de collaborer avec cette compagnie malgré les contentieux parce que nous n'avons pas les outils technologiques», a-t-il expliqué. Selon notre interlocuteur, le ministre de l'Energie s'est précipité pour annoncer l'augmentation de la production sans connaître la réalité du secteur. «On ne peut pas augmenter la production dans le moyen terme. On n'a pas les moyens et la technologie nécessaires pour arriver à cet objectif fixé d'ici 2020. Même avec la disponibilité des ressources souterraines, l'Algérie ne peut pas aspirer à développer sa production dans une période aussi courte», a-t-il ajouté. Parlant du potentiel des ressources naturelles disponibles, Mesdour a estimé que «l'Algérie n'a pas encore découvert toutes ses richesses», déplorant au passage «l'absence d'une stratégie de formation pour acquérir la technologie nécessaire pour l'exploration». Notre interlocuteur regrette également le fait que le pays n'ait pas pu conquérir le marché africain dans le domaine énergétique, alors que Sonatrach pouvait se projeter dans cette perspective. Le ministre de l'Energie, Noureddine Bouterfa, a annoncé, lundi à Oran, la décision d'augmenter la production de gaz et de produits liquides. «Il faut trouver de nouvelles sources d'énergie. Nous avons un programme de développement des énergies conventionnelles et non conventionnelles», a-t-il indiqué. «Sonatrach doit réfléchir à long terme à de nouvelles ressources d'énergie, eu égard à ce qui se passe sur la scène énergétique mondiale», a-t-il déclaré. Concernant le conflit entre Sonatrach et le groupe Total au sujet de la taxe sur les profits exceptionnels (TPE), Bouterfa a ajouté que «c'est naturel qu'ils essaient de défendre leurs intérêts et nous savons aussi défendre les nôtres». «Sonatrach a assez d'arguments dans son dossier. Sauf que nous sommes étonnés qu'un tel problème soit posé des années après», a-t-il commenté.