Vous ne pourrez absolument pas imaginer la passion qui se déchaîne chez les jeunes quand ils sont dans leur jardin et qu'ils abordent le sujet qui leur tient à cœur, c'est-à-dire le fameux clasico de ce soir considéré comme étant l'événement du siècle entre le Barça de Messi et de Guardiola et le Real du duo portugais, Cristiano Ronaldo et Mourinho. Inutile de dire que le phénomène ne date pas d'aujourd'hui et que l'engouement ne va qu'en grandissant jusqu'à tenir en haleine tout les mordus du ballon rond chez nous et Dieu seul sait qu'ils se chiffrent par millions. Pour la grande soirée footballistique de ce soir, c'est à partir du Dauphin Bleu que nous vous faisons part de l'ambiance qui règne pendant, durant et après le show. Le Dauphin Bleu, c'est un petit «quatre-saisons», un de ces fast-foods qui ont envahi nos villes et cités, situé au rez-de-chaussée de la tour composée de 15 étages sise à la cité des 500 logements d'Ain-Benian. D'une superficie n'excédant pas les 8 m2, cet endroit qui fait face à la grande placette est pris d'assaut par tous les jeunes de la cité toutes les fois qu'un événement sportif est attendu. Les fans du Barça, qui, écharpe à la main et pour la majorité revêtus de maillots à l'effigie et aux couleurs du prestigieux club catalan sont plus bruyants et entonnent des chansons made in chez nous à la gloire de leurs idoles. Ils savent que rien ne résiste à la furia de leurs favoris. Les «Madrilènes» quant à eux, quelques peu revigorés par le succès de leurs favoris lors de la Coupe d'Espagne, se veulent plus rassurants. Tout ce beau monde se rassemble en un seul endroit. La placette grouille de monde à quelques minutes du coup d'envoi du grand match. A ce moment-là, Omar, le gérant, qui réside juste au-dessus, fait signe de la tête à son jeune frère Hamid. Ce dernier, de la fenêtre qui surplombe l'entrée de la petite buvette, sort un écran plasma et le fait descendre au moyen d'une corde. Les deux frères prendront, ensuite, le soin de poser le téléviseur sur une table assez haute pour que tout ce beau monde puisse suivre la rencontre debout. Les jeunes, chacun au sein de son clan, vivront à fond leur fantasme. Il est évident que pour le proprio, c'est un moyen d'écouler sa limonade. Il ajoute : «Je ne fais pas ça pour gagner de l'argent mais pour faire sortir les jeunes de leur marasme, car moi-même j'aime la bonne ambiance et la fête. Au coup de sifflet final, c'est le délire dans le camp des vainqueurs et des scènes de liesse sont généralement observées au niveau de la placette. Mieux, parfois les jeunes cotisent pour faire venir un disque-jockey et prolonger la fête jusqu'à une heure tardive de la nuit.