Contrôlée positive à la Stanozolol, à la stupéfaction générale, l'étoile montante de l'athlétisme algérien, Zahra Bouras, crie son innocence et réclame l'ouverture d'une enquête sérieuse sur son affaire et celle de son partenaire Larbi Bouraâda. «Je sais que je suis une victime, et par la grâce de la bêtise humaine, je suis devenue coupable, mais je sais que Dieu m'aidera à dépasser cette épreuve. J'ai la conscience tranquille. Je suis triste pour mon père qui est devenu mon entraîneur après ma trop grande insistance et qui n'a rien à voir avec cette histoire de contrôle positif et qui a été entraîné malgré lui à subir ce que je suis en train de subir, lui, qui nous a donné à moi et à mes sœurs une éducation et des valeurs nobles et saines. J'espère que la fédération d'athlétisme prendra ce problème très grave très au sérieux pour que la vérité éclate», lance Zahra Bouras, déterminée à se battre pour connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire qui défraye actuellement la chronique. «Je me battrais jusqu'au bout et de toutes mes forces pour laver mon honneur. C'est insupportable pour le restant de ma vie d'être considérée comme une tricheuse. Et ce qui me fait le plus mal dans tout cela, c'est le regard des ignorants qui n'ont pas toutes les explications et qui veulent à tout prix me juger négativement, que Dieu leur pardonne», tonne notre championne d'Afrique. «Le produit dangereux que j'ai dans mon organisme a mis le doute dans mes pensées sur les performances de cette année, mais inversement, je suis soulagée de savoir que j'ai fait plusieurs fois moins de 2 minutes sur 800 mètres l'année dernière avec un mal au dos persistant et sans la qualité de l'entraînement que j'ai subi cette année et avec tous les contrôles que j'ai subis en compétition et hors compétition. Je sais aussi que j'ai battu la meilleure au monde, chez elle, dans le cadre des championnats d'Afrique à Nairobi en altitude, sans un seul jour de stage en altitude, et je sais qu'avec le travail nous pouvons faire des performances en sport sans utiliser des produits illicites», précise la nouvelle reine de l'athlétisme algérien, auteur d'une énorme progression grâce aux grands efforts qu'elle fournissait aux entraînements. «Je me battrai jusqu'au bout pour laver mon honneur» «Je m'entraînais très très dur deux fois par jour. J'étais super heureuse de représenter mon pays, mais voilà, le ciel m'est tombé sur la tête. Depuis maintenant trois mois, et sur les conseils de mon père qui est devenu mon entraîneur, je n'ai plus avalé aucune poudre de protéine et aucun aminoacide, des produits que prennent régulièrement et banalement les athlètes du haut niveau. Mais avant cela et jusqu'à la fin février 2012 environ, je prenais régulièrement des amino-plasma, des aminoacides achetés chez notre manager allemand, qui ne contiennent aucune substance interdite et que beaucoup d'athlètes prennent, et ce, toujours sous la surveillance et la responsabilité de mon ex-entraîneur, M. Mahour Bacha Ahmed, qui l'a d'ailleurs déclaré publiquement. Je suis une athlète de haut niveau et en athlétisme nous sommes soumis à des contrôles très stricts de la part de la commission de l'IAAF (Fédération internationale d'athlétisme). L'année passée avant les Championnats du monde, j'avais subi deux contrôles inopinés en Afrique du Sud, trois contrôles chez moi (à Dely Brahim) et un contrôle sanguin à Daegu et j'ai été avec le peu d'athlètes qui ont accepté d'être volontaires pour subir à n'importe quel moment de l'année un contrôle sanguin inopiné, un contrôle beaucoup plus efficace que celui du contrôle des urines, car il détecte aussi l'EPO indétectable par simple contrôle de l'urine. Après cela, j'ai fait durant le mois d'octobre une opération pour soulager une hernie discale (j'en ai déjà faite une en 2007 pour une autre hernie) et après un mois de rééducation, j'ai repris l'entraînement normalement en Algérie puis en Afrique du Sud et c'est là que mon entraîneur (qui est aussi celui de Larbi Bourâada) a commencé à nous donner des poudres de protéines et des amino-plasma et cela à plusieurs reprises. Il faut rappeler que je peux subir des contrôles à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit . L'IAAF sait quotidiennement où nous sommes et nous devons l'informer par mail ou pas SMS de tout changement du lieu d'entraînement et de résidence (même quand je suis chez moi en Algérie, si je veux passer rien qu'une nuit en dehors de ma maison, je dois avertir l'IAAF avec le numéro de téléphone et l'adresse du lieu où je vais passer la nuit», explique la jeune Bouras. «Merci à ceux qui m'ont soutenue» «Depuis mi-mars, je n'ai plus pris de médicaments et après mes deux courses du 5 et 9 juin, je suis contrôlée positive au Stanozolol, ainsi que Bouraâda une semaine après. Je n'ai jamais entendu le nom de ce médicament et je ne m'intéresse pas tellement à cela, car j'ai toujours fait confiance à mon ex-entraîneur qui fait très attention à tout ce que nous prenons et qui avertit l'IAAF à chaque fois que nous changeons de lieu de stage ou de lieu de résidence. Je pense qu'il faut être fou ou inconscient de donner un médicament qui, paraît-il, reste dans le corps humain plusieurs mois. Dans mon cas, la dernière prise d'aminoacide a été faite le 25 février 2012. Trois mois après, j'ai eu le contrôle positif. Après que mon père m'a signifié mon contrôle positif, j'ai lu sur internet les informations sur ce produit. Au-delà du contrôle positif, je me suis effondrée de peur et de découragement sur mon avenir et surtout sur l'avenir de ma santé de femme», raconte l'infortunée Zahra, qui voue une confiance aveugle à son ancien coach. Je ne pense pas qu'il soit assez idiot ou assez suicidaire pour nous doper, connaissant notre sport et les exigences sur les contrôles inopinés et en compétition», précise notre championne, qui soupçonne que les produits qu'elle avait pris soient «infectés intentionnellement» par une personne proche de son ancien entraîneur ou une ou plusieurs personnes du milieu de l'athlétisme. «Des écrits sur internet nous visant nommément sont sortis avant nos contrôles positifs et surtout avant que nous effectuons nos premières compétitions affirmant que des athlètes vont être contrôlés positifs et cela fera un scandale retentissant. Ces écrits ont commencés à me viser et à viser mon ex-entraîneur et le reste de mon entourage avec insistance depuis deux ans pour nous nuire et lui nuire également. Si je suis suspendue, une plainte contre X sera déposée», affirme Bouras qui tient à remercier tous ceux qui la soutiennent dans ces moments difficiles. «Heureusement qu'il y a toutes les personnes qui m'aiment et que je remercie de toute la grandeur de mon cœur de sportive. J'ai une très belle pensée pour les athlètes, les entraîneurs et les dirigeants qui m'ont admirablement soutenus durant les durs moments que j'ai passés avec eux à Cotonou», conclut-elle.