Le débat politique actuel est un signe de la vitalité des institutions démocratiques du pays. Le président de l'Assemblée populaire nationale (APN) M.Karim Younès a déclaré hier que «la stratégie de lutte antiterroriste se doit d'appréhender également les aspects préventifs de la question». Dans son allocution de clôture des travaux de la session de printemps 2003 de l'APN en présence de MM.Abdelkader Bensalah, président du conseil de la nation, Ahmed Ouyahia, Chef du gouvernement et des membres du gouvernement, M.Karim Younès a estimé qu'«il y a lieu de veiller (...) à ne pas favoriser l'apparition de terreau d'injustices, d'inégalités, d'asymétries, de frustrations, d'exclusion ou de déni de droit qui nourrissent généralement les extrémismes de tous bords ou qui ravivent les haines humaines avec leurs cortèges d'intolérance et de violences». Par ces déclarations, le président de l'Assemblée a tenu à mettre de l'eau dans le vin des partisans de l'éradication dans la lutte antiterroriste. Après avoir rendu hommage à l'Armée nationale populaire (ANP) pour «sa lutte efficace (...) contre le terrorisme intégriste», M.Younès a rappelé la volonté (ANP, Ndlr) exprimée par son chef d'état-major, le général Mohamed Lamari, «d'être et de demeurer en dehors du débat politique national, même si, naturellement, elle n'y est pas indifférente». L'orateur ajoutera que «la neutralité de l'Armée dans le débat politique, tout comme la neutralité de l'Administration et celle de la Justice sont les fondements mêmes de la pratique démocratique». En outre, M.Karim Younès a estimé que «le débat politique qui s'anime est, par bien des aspects, un signe de la vitalité des institutions démocratiques de notre pays». Ainsi, le patron de l'hémicycle Zighout Youcef fera une appréciation radicalement opposée, voire optimiste de la conjoncture politique de celle constatée quelques minutes auparavant au conseil de la Nation. Abordant la crise de Kabylie et l'offre de dialogue que le chef du gouvernement a adressé aux Archs, le président de l'APN a choisi de rappeler la déclaration qu'il a, lui-même, faite à l'Assemblée à la clôture de la session d'automne, en janvier 2003, et dans laquelle il disait que «l'Assemblée populaire nationale appelle à l'apaisement et au retour de la quiétude et de la sécurité dans toutes les régions de notre pays, et tout particulièrement en Kabylie où la situation qui prévaut continue de mettre dans le désarroi tous les Algériens épris de fraternité et de cohésion nationales». «Trop de sang a été répandu», s'exclamera-t-il avant de renouveler ses «encouragements au gouvernement dans ses appels au dialogue, comme moyen incontournable pour résoudre les problèmes qui se posent». M.Karim Younès a, par ailleurs, salué les efforts déployés par le gouvernement pour alléger les souffrances des sinistrés du séisme du 21 mai dernier. L'Assemblée, a-t-il ajouté, «encourage le gouvernement à persévérer dans ses efforts pour la réussite du programme de relogement des sinistrés et la réhabilitation des infrastructures endommagées».Il a affirmé, en outre, que l'Assemblée a contribué durant cette première année de son mandat, au développement des lois pour les adapter aux aspirations du peuple. Signalons enfin que les participants ont observé une minute de silence à la mémoire du président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Mahfoud Nahnah.