CE film est réservé incontestablement aux fans de foot. Après «La Môme» et ses moult oscars, Olivier Dahan nous offre cette fois une comédie populaire bien potache, «Les seigneurs» projetée ce jeudi à la salle Cosmos de Riad El Fath, en présence d'un Ramzy Bédia tout pétillant et d'un public au rendez-vous. Une bonne occasion de jauger les talents humoristiques de la dream team de vedettes du one man show. Quelque minutes avant la présentation du film, Ramzy Bédia a déclaré sa flamme au public algérien: «Vous êtes ma famille mais éloignée quand même» enchaînant quelques vannes: «C'est un film Hallal», la joie aussi de l'acteur de retrouver le publique algérien, de qui il tient aussi son humour. Coup d envoi pour le film, on pense aussitôt au réalisateur Olivier Dahan dont le parcours s'avère plutôt marqué d'un registre de films noirs: «Les rivières pourpres», «Déjà mort». Le réalisateur ne donnait pas vraiment l'impression de se destiner un jour à la comédie, pourtant, «Les seigneurs» vient signer une surprise plutôt mitigée mais néanmoins, mêlée de bons sentiments, avec son nouveau film «Les seigneurs». L'histoire d'une ancienne star bretonne du foot, Patrick Orbéra, alcoolique et ruiné, joué impeccablement par Jozé Garcia, contraint par un juge de trouver un emploi afin de garder sa fille, en essayant de sauver la conserverie de l'île, qui est menacée par un redressement judiciaire. Pour la sauver, le président de l'équipe de foot locale recrute plusieurs anciens joueurs professionnels à la dérive. Un film dans lequel le réalisateur s'est offert les cadors du rire français le temps d'une comédie sociale qui a démarré à coups de crampons. On savoure assez rapidement les travers du milieu du foot et de la Bretagne maritime et ses fameuses crêpes. Un look détonnant, des têtes de vainqueurs pour des joueurs à la ramasse. Franck Dubosc, Ramzy remarquable en toxicomane, Gad Elmaleh le «Rézidane» de l'équipe (un résidu de Zidane), Joey Starr en ventripotent bling-bling toujours aussi enragé, le jeune et talentueux conte de Bouderbala dans son personnage «Le Pen», quelque peu desservi, Omar Sy bien sage et le grand Jean-Pierre Marielle. Les acteurs campent avec une bonne humeur qui savère contagieuse dans la salle, des réactions assez vives de la part de spectateurs lors des dernières minutes. Hélas, les bonnes intentions n'ont pas suffi à pallier une certaine indigence du scénario, malgré de bons moments passés en compagnie de loosers survoltés qui ont collectionné les gags et des numéros délirants. Gad Elmaleh en grand dadais dépressif, accro des jeux vidéos et de la célèbre pièce d'Edmond Rostand composée par un Franck Dubosc hilarant. Une baisse de forme a été remarquée sur la dernière demi-heure avec un changement de rythme plutôt atténuant. Olivier Dahan a décidé de sacrifier l'atout majeur de l'humour pour le match final, en choisissant de laisser sur le banc le burlesque au profit de l'émotion. Un film attachant de par la nullité héroïque de ses personnages qui tirent à coup sûr vers les filets du box-office. Un film réservé incontestablement aux fans de foot, présent tout au long de cette semaine à raison de trois séances chaque jour.