Un responsable du Programme alimentaire mondial (PAM) a été tué lors d'une «attaque criminelle «dans la province de Taïz (sud du Yémen), a annoncé vendredi le ministre de la Santé.»Nous présentons nos sincères condoléances à la famille de la personne assassinée», a ajouté le ministre dans un tweet, en appelant les forces de sécurité à «arrêter les criminels» responsables de cette attaque. L'agence onusienne n'avait d'abord pas précisé le nom et l'identité de la victime, mais dans une autre déclaration vendredi soir, elle a indiqué qu'il s'agissait de Moayad Hameidi, un Jordanien. Cet «humanitaire dévoué a travaillé pour le PAM pendant 18 ans, y compris un précédent passage au Yémen ainsi qu'au Soudan, en Syrie et en Irak». Il était récemment arrivé au Yémen comme chef de bureau à Taëz. C'est une «tragédie inacceptable», a déclaré le directeur de l'organisation au Yémen, Richard Ragan, appelant à traduire les auteurs en justice. Rashad al-Alimi, le chef du Conseil présidentiel du Yémen, avait aussitôt ordonné de poursuivre les «criminels impliqués dans l'attaque armée qui a entraîné la mort d'un employé des Nations unies et blessé d'autres personnes», selon l'agence de presse gouvernementale Saba Net. Les autorités yéménites ont identifié hier l'auteur présumé du meurtre du responsable jordanien du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, tué dans le sud du Yémen en guerre, a-t-on appris hier soir de source sécuritaire. L'attaque «criminelle» a eu lieu dans la province de Taëz, ont annoncé vendredi les autorités yéménites. Le suspect était «présent à Taëz depuis 2017, après avoir fui la province d'Aden en raison des opérations menées contre les éléments d'Al-Qaïda», a déclaré sous couvert d'anonymat un responsable sécuritaire de cette province, sans toutefois confirmer explicitement si le suspect était membre du groupe terroriste. Un mandat d'arrêt a été émis contre lui, selon une note du ministère de l'Intérieur. Pays le plus pauvre de la péninsule arabique, le Yémen est déchiré depuis 2014 par une guerre opposant les Houthis, des insurgés soutenus par l'Iran, aux forces pro-gouvernementales, appuyées par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Le gouvernement reconnu par la communauté internationale s'est installé à Aden depuis que les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa en 2014. Le chaos provoqué par la guerre a profité aux groupes terroristes, notamment Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), considéré par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau. Les attaques menées par ce groupe, tant contre les rebelles que les forces gouvernementales, ont toutefois reculé ces dernières années. Troisième ville du Yémen, Taëz, chef-lieu de la province éponyme, est aux mains des forces pro gouvernementales mais les entrées de la cité sont contrôlées par les rebelles Houthis. En 2018, un employé libanais du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait été tué par des tirs contre un convoi de cette organisation humanitaire dans cette province. La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et plongé les quelque 30 millions d'habitants dans l'une des pires crises humanitaires au monde, selon l'ONU. L'ONU et les organisations humanitaires, qui manquent de financement, mettent régulièrement en garde contre une famine à grande échelle dans le pays. Dans un contexte d'épidémies, de manque d'eau potable et d'insécurité alimentaire, plus des trois quarts de la population dépendent d'une aide internationale qui ne cesse pourtant de diminuer. Les combats ont néanmoins largement cessé depuis la négociation d'une trêve par l'ONU il y a un an, même si celle-ci a officiellement pris fin en octobre. Ces derniers mois, des initiatives diplomatiques ont suscité des espoirs de paix, notamment après la réconciliation entre l'Iran et l'Arabie saoudite, mettant fin à sept ans de rivalité au Moyen-Orient. Depuis le dégel amorcé en mars, Riyadh a renoué avec la Syrie, alliée de Téhéran, et a intensifié ses efforts de paix au Yémen.