Le directeur de l'agriculture l'affirmait, ce mercredi, à son bureau, et le président de la Chambre que nous avons été voir en sortant de chez le premier, le confirmait : le rendement concernant la filière oléicole sera bon. Le premier l'estime dans une fourchette comprise entre 18 et 20 l/q, le second entre 18 et 25 l/q. Les estimations émises conjointement par la direction et la Chambre d'agriculture situent la production oléicole annuelle pour 2024-25 à hauteur de 5,5 millions de litres. « Un record ! », estimait le responsable du secteur nouvellement installé à son poste et que la connaissance de ses dossiers autorisait à faire des prévisions et même à établir des comparaisons avec l'année 2023, où la récolte a été ruinée par une sécheresse sans précédent, dont avait également pâti la filière oléicole, notamment pendant l'été où les pires incendies ont été enregistrés dans notre wilaya, mais aussi ailleurs. D'ailleurs, ce ne sont pas les seuls chiffres qu'il avance à ce sujet. Concernant le patrimoine oléicole, celui-ci l'évaluait à 4 millions de plants, dont un million non encore entrés en production. La superficie couverte par les oliviers est estimée à 36 000 ha. On en a une idée en comparant avec la superficie réservée cette année aux céréales qui est de 80 000 ha. Cette idée se préciserait davantage si l'on sait que le rendement a oscillé l'année précédente, entre 15 et 17 l/q. Le responsable de la Chambre le ramène pour 2023 encore plus bas entre 12 et 15l/q. Mais est-il besoin de tant de statistiques pour se rendre compte que nous nous dirigeons vers une de ces années agricoles, dont, malgré les maladies cryptogamiques, les incendies et des moyens de production qui étaient loin d'être ceux d'aujourd'hui, les souvenirs que nous en gardons nous les font paraître fabuleux ? Tous ceux qui, quotidiennement ou occasionnellement, ont le privilège de faire la RN5 entre Saharidj et M'Chedellah, et ce chef-lieu de daïra et Bouira, ont pu faire cette double constatation : l'olivier, dans cette zone berbérophone qui va de Aghbalou à Lakhdaria, est bien le domaine de l'olivier. Nous dirions un empire, car, plus qu'un roi, l'olivier règne en ces terres fortement boisées en vrai empereur. À telles enseigne que la wilaya, fière de cette richesse, avait longtemps réservé une fête pour célébrer la fin de la campagne des cueillettes. Plus qu'une fête, en effet, c'était une foire à laquelle tous les agriculteurs s'invitaient pour exposer leurs matériels ou leurs produits. C'était l'époque où on encourageait la filière en fournissant les plants et en payant tant la cuvette. Assistant à une de ces fêtes de l'olive, le ministre de l'époque avait exprimé l'ambition de son ministère et du secteur agricole par ces mots : « Je veux que chaque famille ait son litre d'huile à table. ». Inutile de dire que ce vœu ne s'est jamais réalisé. Aujourd'hui le prix du litre d'huile est hors de portée des bourses modestes. La sécheresse, les incendies ont impacté négativement et fortement la production oléicole. Cependant, une année comme celle-là montre qu'un tel espoir reste permis. Même si l'oléiculture ne fait pas partie des cultures stratégiques, qui rappelle alors M Zinelabidine Bendjaballa, que « l'objectif en 2025 est (de faire en sorte que ), l'Algérie n'importe plus de blé dur, il n'en demeure pas moins que le développement de la filière oléicole reste toujours une des priorités du secteur. Preuve en es t; ce responsable la voyait dans l'extension des périmètres irrigués dont profitent largement l'arboriculture fruitière. Le président de la Chambre Omar Damouche mettait l'accent, lui, sur « les journées techniques et de sensibilisation entamées par les partenaires du secteur sur l'irrigation » dont tirent profit les oléiculteurs. Revenant sur le groupe Pasa et le rôle qu'il joue au sein du secteur depuis cinq ans, il a insisté sur la formation qui s'adresse aux agriculteurs, lesquels, le cycle de formation achevé, deviennent à leur tour des formateurs. Il ne s'agit plus seulement de sensibiliser, d'informer, de conseiller, mais de former et d'accompagner les agriculteurs tout au long de l'année afin qu'ils ne se sentent pas seuls devant une situation qui pourrait les dépasser. À propos de la filière agricole, le président de la Chambre a fait remarquer, par exemple, que pour la cueillette, les oléiculteurs, ont bénéficié d'une formation qui leur a permis d'acquérir la maîtrise de nouvelles techniques de cueillette. Les gaules dont on se servait naguère meurtrissaient l'arbre et le fruit. Dans nos dernières sorties du côté de Igzer Iwakournen, dans la commune de Saharidj, dans celles de Taghzout et de Aït Laziz, nous avons pu constater combien les oliviers sont en bonne santé, et si chargés de fruits que les branches ploient sous leur propre poids. Nous avons aperçu sur notre chemin, dans les vergers, des cueilleurs matinaux en plein travail, et au moins deux huileries sur les 200 que compte la wilaya. Des sacs chargés d'olives attendaient dans une grande cour, dans l'attente de passer au pressoir.