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Au début était l'école (*)
LA JEUNESSE ALGERIENNE AU CARREFOUR DU DEVELOPPEMENT (2e Partie)
Publié dans L'Expression le 22 - 01 - 2008

Dans un environnement en perpétuelle évolution, comment s'adapter et être compétitif dans le cadre de l'interdépendance qui résulte de la mondialisation?
En 1995, les Etats membres de l'Organisation des Nations unies ont pris l'engagement d'améliorer les conditions de vie des jeunes dans le monde en apportant plus de ressources dans les 10 problèmes qui entravent l'épanouissement de la jeunesse et qui représentent des défis pour le monde entier. Ils ont consigné leurs engagements dans un document spécial, baptisé: «Programme d'action mondial pour la jeunesse à l'horizon 2000», qui identifie dix questions comme la plus grande priorité des gouvernements:
1.Education
2.Emploi
3.Faim et Pauvreté
4.Santé
5.Environnement
6.Utilisation abusive des drogues
7.Délinquance juvénile
8.Loisirs
9.Filles et jeunes femmes
10.Participation entière et effective à la vie sociale et à la prise de décision.
En 2003, le dernier Rapport mondial sur la jeunesse des Nations unies a recommandé l'adoption de cinq nouveaux champs prioritaires, tous d'égale importance, pour les stratégies politiques en faveur de la jeunesse:
11.La mondialisation
12.Les technologies de l'information et des communications
13.Le VH/Sida et les jeunes
14.Les jeunes et les conflits
15. Les relations intergénérationnelles.
Sur la base des priorités énumérées, une réflexion peut s'organiser de façon non exhaustive autour des thèmes suivants:
1.Jeunesse et mondialisation
La génération actuelle doit faire face à une augmentation des écarts sociaux et doit relever de nombreux défis: ce sont les jeunes qui affrontent peut-être plus que n'importe quel autre groupe social les incertitudes et les risques générés par le processus de mondialisation économique et culturelle. La jeunesse algérienne est-elle, actuellement, soutenue et encouragée pour inscrire sa réflexion et sa réorganisation, repenser sa place, ses objectifs et son action dans le cadre de l'évolution actuelle du monde? Une telle approche suppose une sérieuse réflexion pour essayer d'apporter des réponses à un certain nombre de questions fondamentales. Quelle place pour l'Algérie dans le nouvel ordre mondial en gestation? Comment être compétitif dans le cadre de l'interdépendance qui résulte de la mondialisation? Comment la jeunesse algérienne doit-elle s'adapter? Avec quelle stratégie et quels moyens? Que peuvent lui apporter les nouvelles technologies? Quelle place et quel rôle pour notre jeunesse face aux profonds changements et aux constantes mutations? Toutes ces questions, et tant d'autres, appellent à des réponses claires que ne facilite pas le contexte actuel. Plus qu'une simple évaluation ou une réponse chiffrée, une réflexion rigoureuse et sereine, sur la situation actuelle de la jeunesse et les perspectives envisagées peut parvenir, grâce au concours de toutes les potentialités existantes, à des décisions susceptibles d'apporter les corrections, les améliorations souhaitées et les redressements nécessaires.
2.Jeunesse et responsabilité sociale
Il serait trompeur de vouloir aborder la situation des jeunes, simplement, sous l'angle de leur avenir. Il s'agit, également, et avant tout, de leur présent et de la possibilité de jouir pleinement de leur «jeunesse»; ce qui représente certainement le meilleur investissement d'avenir pour chaque jeune et pour la société elle-même (gain de compétence, de qualification, de santé, d'estime de soi). Ses préoccupations, ses aspirations, ses besoins sont de véritables problèmes de société qu'il est indispensable d'inscrire au registre des priorités nationales afin de redonner à la jeunesse algérienne espoir en son avenir et en son pays. Réduits à vivre dans la précarité, sans emploi, sans loisir et sans perspective, il est difficile pour les jeunes d'envisager une vie harmonieuse dans la cité. Une approche adéquate du problème de l'emploi des jeunes dans une perspective plus durable doit être envisagée en priorité. Une approche qui accorde une plus large place aux milieux dans lesquels vivent les jeunes, au développement de leurs potentialités et esprit d'entreprise. Des activités de jeunes peuvent être initiées dans des domaines aussi variés que le tourisme culturel, le développement de l'artisanat, les «éco-jobs» ou le recyclage. Ces initiatives constituent le plus souvent des microprojets mais dont les réussites, même d'envergure modeste, sont souvent significatives dans la mesure où les retombées sont visibles pour les jeunes qui les ont initiées et peuvent avoir également un impact sur les macro-politiques.
3.Jeunesse et éducation
L'idée de base est fondée, à travers le monde, sur l'impérieuse nécessité de promouvoir les capacités nationales par la valorisation, en priorité, du capital humain. Tout développement national ne peut se faire que sur la base des ressources humaines nationales. Il n'est point besoin d'ajouter que la contribution des cadres nationaux à l'étranger est une valeur ajoutée inestimable pour l'accélération du processus de croissance et de développement durable. L'assistance technique étrangère ne peut avoir une place utile que dans la mesure où elle remplit une fonction de complémentarité et non de substitution.Des pays émergents, comme la Chine, l'Inde et le Brésil, bénéficient de plus en plus d'un capital humain de haut niveau de compétitivité qui les projette aujourd'hui, au premier rang de la croissance mondiale. L'éducation est un des points fondamentaux pour l'avenir des générations futures et de l'Algérie qui, à l'instar des Etats membres de l'Unesco, a inscrit l'Education pour tous (EPT), comme objectif prioritaire.
Si des efforts incontestables ont été faits pour favoriser la scolarité du plus grand nombre, il convient de relever que cette massification s'est faite au détriment de la qualité de l'enseignement.
Selon le Rapport de l'Unesco portant sur l'évaluation de l'EPT à l'an 2000, le système algérien était fortement marqué dans les années 90 par de sérieux dysfonctionnements tels que les taux de redoublements et d'abandons élevés tant au niveau de l'enseignement de base que secondaire (voir Unesco «Bilan de l'éducation pour tous à l'an 2000», dans World Youth Report). Selon ce rapport: «Enseignants et formateurs manquent singulièrement de formation, de moyens de soutien, de supports pédagogiques et de conditions favorables pour mener leur tâche à bien, ce qui entame la qualité de l'enseignement dispensé aux jeunes». Le rapport d'évaluation de l'EPT, tout en soulignant que les résultats obtenus sont très en deçà des dépenses engagées, concluait que: «l'école fondamentale est incapable de faire parvenir une grande proportion d'élèves jusqu'en fin de cursus scolaire, et encore moins celui de leur fournir les compétences nécessaires pour leur permettre de réussir au diplôme de fin de cycle».
Réduire les dysfonctionnements
Pour réduire les dysfonctionnements recensés dans les années 90, le gouvernement a installé en mai 2001, une Commission nationale de réforme du système d'éducation et de formation pour étudier les taux d'abandons élevés, les coûts qu'ils engendrent et les résultats obtenus, définir les éléments constitutifs de la nouvelle politique éducative avec un schéma directeur, les objectifs, les stratégies, les échéanciers et les moyens à mettre en oeuvre.
Sans un système d'éducation efficace, un pays est incapable de former une main-d'oeuvre compétente, productive et compétitive dont il a besoin pour maintenir et améliorer les performances économiques et sociales, accroître la richesse nationale et éliminer la pauvreté. A travers le monde, la substitution des ressources humaines hautement qualifiées aux ressources naturelles constitue, aujourd'hui, la clé de tout processus de développement durable. La réponse opérationnelle à la situation actuelle de l'enseignement devrait être fondée sur une approche de planification stratégique à moyen et à long termes. Les dysfonctionnements du système et l'insuffisance de qualité ne peuvent trouver de solution rapide et efficace qu'à travers une approche systémique globale.
Les programmes scolaires ne préparent pas toujours idéalement les jeunes aux attentes du marché du travail. Dans les pays développés, on estime qu'entre 10 et 20% des besoins globaux de la population en matière d'apprentissage ne sont pas satisfaits par les systèmes d'enseignement traditionnel existants.
L'apparition de nouveaux concepts, tels que l'apprentissage non scolaire, l'éducation permanente, l'enseignement à distance, l'apprentissage en ligne et la formation sur le terrain montrent que l'éducation revêt des formes de plus en plus diverses qui sortent du cadre traditionnel de la salle de classe. Dans cette perspective, entourée de tout le sérieux requis en la circonstance, la mise en place de systèmes de validation de l'apprentissage non scolaire pour les jeunes peut être étudiée pour donner une chance à tous ceux qui ont quitté le système éducatif. La mondialisation et la révolution technologique, compliquées par une aggravation des inégalités dans le monde, appellent à de nouvelles réponses aux besoins des jeunes en matière d'éducation et de formation.
Si l'on considère que toute entreprise de développement rapide requiert d'abord une production intensive de cadres hautement qualifiés et compétitifs, il faut se rendre à l'évidence que cette équation constitue un véritable obstacle à la volonté politique de décollage économique. L'assurance qualité et le rehaussement du niveau des connaissances et des compétences des universités nationales passent par des mesures de modernisation jusque-là peu explorées.
4.Jeunesse, culture et loisirs
Le rapport de la Commission mondiale de la culture et du développement «Notre diversité créatrice» a consacré une large place aux enfants et aux jeunes. L'interface entre la jeunesse et la culture se situe à plusieurs niveaux. Il s'agit de fonder l'identité sur la culture: c'est par elle que la jeunesse assume une relation harmonieuse entre le passé, le présent et l'avenir.
L'on doit s'attacher à la fois à rendre la jeunesse consciente de ses racines, afin qu'elle puisse disposer de repères lui permettant de se situer dans le monde et lui apprendre le respect des autres cultures. Les activités concernant la jeunesse et le patrimoine culturel ont, de ce fait, une importance capitale. Toutes les sociétés reconnaissent l'importance des loisirs pour le développement des capacités psychologiques, cognitives et physiques des jeunes.
Jeux, sport et culture
Les loisirs comprennent les jeux, les sports, les manifestations culturelles, les spectacles et des travaux d'intérêt général. Les jeunes devraient avoir aisément accès à ce type de programme. Dans cette perspective, un certain nombre de mesures pourraient être prises en sollicitant la participation active des mouvements et organisations de la jeunesse. De façon non exhaustive, l'on peut citer:
-Prévoir l'établissement de programmes et d'équipements récréatifs, en accordant une attention particulière aux zones fortement peuplées. De même, les programmes de développement rural devraient tenir dûment compte des besoins des jeunes des zones rurales en matière de loisirs.
- Donner la priorité aux loisirs en fournissant aux établissements d'enseignement les ressources qui leur permettraient de mettre en place l'infrastructure nécessaire à cette fin. Les loisirs pourraient, par ailleurs, faire partie du programme scolaire normal.
- Encourager les jeunes à participer aux activités touristiques, aux manifestations culturelles internationales, aux sports et à d'autres activités d'intérêt majeur pour la jeunesse.
- Assistance aux jeunes qui investissent dans l'art dramatique, l'art plastique, la musique et autres formes d'expression culturelle.
- Encourager les médias à faire connaître et comprendre aux jeunes tous les aspects de l'intégration sociale, y compris la tolérance et la non-violence. Comme le rappelle le Programme mondial de l'action pour la jeunesse, «la question des dangers qui menacent le bien-être des jeunes comme, par exemple, le sida, la délinquance, les conflits et la toxicomanie, est étroitement liée à la présence ou à l'absence de projets et de programmes durant les heures de loisir. Il importe donc de continuer de placer les activités menées pendant le temps de loisirs dans le cadre général de l'épanouissement des jeunes et de leur participation au développement».
(à suivre)
(*) Le titre de cette étude est de la rédaction
(**)Consultant, ancien responsable de l'éducation préventive et du sport à l'Unesco.


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