Le tribunal criminel d'Oran traite quotidiennement une moyenne de deux cas d'atteinte à la pudeur et viol perpétrés sur des mineurs. La wilaya d'Oran est en passe de devenir un véritable foyer de délinquance avec toutes les formes de dépassements, principalement les agressions et violences sexuelles sur les mineurs. Une nouvelle forme de terrorisme s'installe dangereusement. L'alarme est tirée. Selon un rapport élaboré par les services sanitaires d'Oran, une cinquantaine d'enfants, âgés de 3 à 16 ans, ont vécu le cauchemar des attaques sexuelles. La majeure partie de ces victimes est de sexe masculin. Ce n'est pas tout. Plusieurs enfants, dont les cas sont jugés graves, ont subi des opérations chirurgicales sur différentes parties du corps, principalement au niveau des parties intimes lorsque le cas nécessite des réparations superficielles. Malgré les quelques tabous qui continuent d'entourer le dossier, plusieurs familles préfèrent saisir les tribunaux. En effet, les services de la médecine légale sont envahis par des parents demandeurs de certificats attestant les violences commises sur leur progéniture tandis que le tribunal criminel d'Oran traite, quotidiennement, une moyenne de deux cas d'atteinte à la pudeur et viol perpétrés sur des mineurs. La situation est gravissime, la brigade des moeurs continue à faire face à un véritable phénomène de société qui prend des allures gravissimes. Les bilans de l'exercice écoulé sont plus que révélateurs. Au total, ce sont près de 500 cas de violences, dont des dizaines de viols perpétrés sur des femmes et des filles mineures, qui ont été recensés en 2009. La ville d'Oran croule sous d'innombrables fléaux sociaux tandis que des solutions, ne serait-ce que pour freiner un tant soit peu le phénomène, tardent à venir faute de campagne de sensibilisation et de vulgarisation des textes interdisant ce genre de crimes et châtiant tout fautif. A la faveur de la recrudescence des rapts d'enfants qui frappe de plein fouet plusieurs wilayas du pays, la peur a gagné les esprits à Oran. Les portails des établissements scolaires sont, au quotidien, envahis, matin, midi et soir, par les parents d'élèves accompagnant leurs enfants. Plusieurs écoles, en particulier les lycées, continuent à constituer des cibles privilégiées pour toutes sortes d'énergumènes. Les Oranais à la fois désarmés et désemparés par l'ampleur de ces nouvelles formes de violence, estiment, sans aucun régionalisme ou autre esprit tribal, que «leur wilaya paie aujourd'hui le prix de son indulgence en accueillant, à bras ouverts, les débarqués du dernier exode rural».