On savait le parti pris avec lequel les faits et les évènements dans le monde sont présentés et analysés par ceux-là mêmes qui se désignent sous le vocable de «communauté internationale». Ces faits deviennent dangereux et déstabilisants lorsqu´ils sont imputés aux uns, anodins et sans effet dès qu´ils sont le fait des autres. Ainsi, 100 Palestiniens tués par l´armée d´occupation israélienne c´est, au pire, une statistique quand la mort d´un Israélien remue le monde et fait la Une de la presse bien-pensante. Une question de proportion, imposée par ceux qui se sont investis juge et partie donnant le top aux événements, les grossissant démesurément ou les réduisant à la portion de faits divers lorsqu´ils ne sont pas purement et simplement occultés. Le tollé qui a suivi le bombardement d´une île de la Corée du Sud par la Corée du Nord entre de plain-pied dans cette démesure qui impose au monde une lecture biaisée et univoque des évènements. Sans doute que l´acte de Pyongyang est sérieux mais pas au point de susciter cette levée de boucliers pas du tout sincère. Israël et son arsenal nucléaire (qui échappe au contrôlé de l´Agence onusienne de l´Energie atomique - Aiea) menacent plus la paix dans le monde que ne le fait la Corée du Nord ou l´Iran. Mais là ne semble pas l´important quand il s´agissait d´empêcher ces deux pays d´accéder au savoir-faire nucléaire. C´est dans cette optique que les deux colosses du monde, la Russie et les Etats-Unis, y sont allés de leurs cris d´orfraie après l´action nord-coréenne. Au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov selon lequel les «tirs d´obus coréens (créent) un danger colossal», fait écho le président américain Barack Obama qui renchérit sur une menace «sérieuse et continue» déclarant: «Nous voulons nous assurer que toutes les parties dans la région reconnaissent que ceci constitue une menace sérieuse et continue dont il faut s´occuper». Ni l´un, ni l´autre (alors candidat président US), n´ont été aussi directs, ni aussi fermes lorsque Israël massacrait à huis clos (du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009) les Palestiniens de Ghaza (bilan, plus de 1500 morts Palestiniens). Ainsi, l´unanimité est totale, sans fausses notes dès lors qu´il s´agit de montrer d´où vient le vent. L´important en fait est de savoir vendre la vie des gens. Il y a ceux qui sont cotés à la bourse des valeurs, comme les Israéliens, et ceux se trouvant tout au bas de l´échelle humaine, à l´instar des Palestiniens et des Sahraouis, chair à canon, ne suscitant pas autrement l´indignation ciblée de la «communauté internationale» (cf, l´opération «Plomb durci» d´Israël contre Ghaza en 2008 et la destruction du camp sahraoui de Gdeim Izik le 8 novembre par l´armée marocaine). Nous n´avons rien inventé, c´est bien ladite «communauté internationale» qui donne le top à ce qui est important - généralement en rapport avec ses intérêts immédiats - et ce qui, à ses yeux, n´en présente aucun, même générés par des causes identiques. Dans cette étrange «bourse des valeurs», on ne peut pas ne pas relever cette propension de la communauté dite «internationale» à minimiser ses crimes de guerre et contre l´humanité, ou ceux commis par ceux-là mêmes qui se positionnent du bon côté du veto et de l´arme nucléaire (cf; la sanglante invasion de l´Irak en 2003 sous des prétextes fallacieux aujourd´hui démontés), et d´écraser de son poids tous ceux qui ne pensent pas comme elle ou prétendent avoir leurs propres normes de sécurité et critères d´analyse des faits et des événements. Ainsi, on sort l´artillerie lourde dans le cas de la Corée du Nord, de l´Iran, coupables de vouloir acquérir leur indépendance sécuritaire, du fait de leurs recherches dans le nucléaire, on ferme l´oeil sur la menace nucléaire israélienne, comme sur les exactions que commettent quotidiennement les forces d´occupation israéliennes et marocaines en Palestine et au Sahara occidental. Et c´est celui-là le véritable danger pour le monde. CQFD