Près de 2 000 commerçants de la wilaya de Constantine impactés par l'arrêt des activités suite aux mesures de confinement prises, il y a presque trois mois par le gouvernement pour endiguer la propagation du Covid-19, ont bénéficié d'une allocation estimée à 10 000 DA depuis le lancement de l'opération le 3 mai écoulé. C'est ce qu'a révélé, hier, le directeur du commerce de la wilaya de Constantine par intérim, Azouz Goumeïda, qui a également souligné que l'étude des dossiers des commerçants, qui ont été contraints à baisser rideau, se fera en même temps que l'opération d'indemnisation par une commission spécialisée. Le directeur du commerce a expliqué que l'opération du paiement de cette indemnité se fera à travers des ordres de paiement par le biais du Trésor public ou les recettes communales, précisant que la liste des bénéficiaires reste ouverte, et ce, "afin de toucher tous les commerçants qui remplissent les conditions établies par les instances habilitées, à l'instar des chauffeurs de taxi, des cafetiers et des artisans". Par ailleurs, les chauffeurs de taxi et les artisans ont fermement dénoncé le retard opéré dans le versement de cette allocation. Ils ont également dénoncé la situation difficile à laquelle ils sont confrontés depuis le 22 mars dernier, date de la mise en œuvre des mesures de confinement sanitaire. Belaïd, un chauffeur de taxi assurant la desserte Constantine-nouvelle ville Ali-Mendjeli, joint hier par téléphone, n'a pas manqué d'exprimer son inquiétude quant à cette situation. "Les chauffeurs de taxi ont été lourdement impactés par l'arrêt du travail ; nous sommes touchés de plein fouet par ces mesures, car nous n'avons pas d'autres revenus. Nous sommes livrés à nous-mêmes sans la moindre ressource ni aide de l'Etat. Depuis le lancement de l'opération d'indemnisation, peu de taxieurs ont bénéficié de cette allocation, abstraction faite du montant dérisoire de la somme qui nous a été attribuée et qui ne nous permet pas de subvenir aux besoins de nos familles", dira-t-il. En outre, et dans le même contexte, une anarchie sans pareille règne à la Chambre des arts et des métiers (CAM), sise au quartier de La Casbah de Constantine. Le siège de cette dernière est quotidiennement pris d'assaut par des centaines de candidats à l'allocation de 10 000 DA, notamment des artisans célibataires qui ont été exclus. Ces derniers s'estiment aussi pénalisés que les autres catégories d'artisans après la cessation de leur activité pour cause de confinement sanitaire. "Nous exigeons des explications sur les raisons de notre exclusion et de savoir pourquoi nous n'avons pas le droit à cette indemnisation alors que nous avons subi des pertes importantes. À l'instar de tous les artisans, nous avons des familles à nourrir aussi. S'ils ne sont pas capables de nous prendre en charge, qu'ils nous laissent travailler !" martèle Lamine, un potier. Ines Boukhalfa