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"La décennie 2020 sera celle de l'automobile"
RAFIK FERRAG, DESIGNER AUTOMOBILE, À "LIBERTE-AUTO"
Publié dans Liberté le 16 - 07 - 2020

Dans cet entretien, notre designer évoque sa passion pour l'automobile, la création, l'innovation, la concurrence et le monde futur de "l'objet" voiture, mais aussi de son violon d'Ingres, la peinture.
Liberté-Auto : Comment êtes-vous venu dans le monde du design automobile ?
Rafik Ferrag : D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été passionné par le dessin et l'automobile. Je me remémore souvent mes après-midi d'été passés avec mon père, ouvrier spécialisé chez Peugeot.
Malheureusement, la société nous impose un conformisme d'épanouissement professionnel s'appuyant sur un cursus scolaire dit "classique", reléguant le sport, le dessin ou la musique au second plan. Je me suis donc orienté, à contrecœur, vers des études d'ingénieur en informatique. Un jour, mon père, conscient de ma situation et après avoir visionné un reportage sur le succès du designer automobile Luc Donkerwolke, m'a poussé à poursuivre ma passion et à m'installer à Paris. C'est donc grâce à mon père, mais aussi indirectement à Luc Donkerwolke, que je suis aujourd'hui designer. Je les en remercie...
Après Citroën, vous êtes allé au Japon pour Honda. Racontez-nous cette aventure...
Mes cinq années au Japon ont été très enrichissantes sur tous les plans. Je quittais la France pour un nouveau monde : je n'avais auparavant visité que l'Algérie. Je me suis retrouvé au sein d'une civilisation aux codes sociétaux très différents. Le respect de la hiérarchie est très important ainsi que la notion du "nous", l'individualisme laissant place au groupe. Ce challenge m'a permis de découvrir les coutumes et de m'initier à la langue nipponne. Au sein d'Advance Design Studio Honda, j'ai eu l'opportunité de m'exposer aux procédures de l'industrie automobile dans son ensemble : de l'avance de phase jusqu'à la production. Notre studio a remporté de nombreuses compétitions publiques et internationales, certaines débouchant sur des projets concept-car ou production.
L'expérience nippone a été plutôt concluante, avant d'atterrir en Chine, où le métier de designer automobile suscite une concurrence féroce. Comment avez-vous négocié le virage chinois ?
La Chine a initié un plan d'envergure nationale de réduction de l'empreinte carbone via une transition axée sur les énergies renouvelables telles que le solaire ou le nucléaire. Ce virage technologique inclut une modernisation du réseau routier conduisant à une demande croissante en véhicule électrique. C'est dans ce contexte qu'en 2017 je deviens Lead Exterior Designer chez XPeng Motors, une jeune entreprise chinoise innovatrice dans la mobilité électrique. Je suis alors en charge de dessiner le flagship de la marque : la berline coupée P7. Ce modèle, révélé au public lors du salon de Shanghai 2019, a commencé sa commercialisation en juin 2020. L'industrie automobile chinoise se développe sur un modèle intégrant le design, l'intelligence artificielle, l'autonomie énergétique, le confort et des tarifs abordables. Travailler dans cet environnement dynamique qui laisse place à la prise de risque est une véritable chance.
Il y a quand même une grande concurrence entre constructeurs. Comment vous en sortez-vous ?
Il est vrai que le monde du design automobile est très fermé où les opportunités sont rares. Au sein du studio de design, la compétition est omniprésente, et on se doit de rester créatif tout au long de sa carrière. Pour ce faire, je laisse place à la spontanéité dans ma vie quotidienne, ce qui n'est pas évident.
Dans une industrie comme l'automobile, le design joue aujourd'hui un rôle stratégique, alliant technologie de pointe et esthétique. Pourquoi, à votre avis ?
Depuis la Ford T et la fin de la taylorisation, le design a toujours été l'un des critères-clés de différentiation dans l'industrie automobile. Il est synonyme d'une époque, d'un souvenir, d'une expérience. Le design est l'identification de "l'objet" véhicule. Il se crée une symphonie très particulière entre les lignes, la silhouette et l'image projetée avec laquelle l'utilisateur entre en résonance. Cette symbiose induit une relation unique.
L'industrie automobile s'achemine vers l'électrification. Dans ce contexte, le design sera-t-il révolutionné avec des aspects futuristes ou gardera-t-il les mêmes paradigmes ?
En effet, l'électrification ainsi que l'intelligence artificielle ont changé la donne, poussant les constructeurs historiques à s'adapter, libérant ainsi une brèche pour de nouveaux challengers. Pour le moment, l'architecture générale n'a cependant pas encore connu sa révolution. L'arrivée imminente de l'automous drive level 5 (100% autonome) nous amènera sans nul doute à revoir toute la conception d'un véhicule dans son intégralité. D'ici dix ans, le paradigme actuel du conducteur responsable va disparaître au profit de la voiture intelligente. Ce changement mènera inévitablement à une entière refonte des normes d'aujourd'hui. La voiture sera bien plus qu'un simple moyen de locomotion, comme elle le fut durant le siècle passé. Tout comme la téléphonie au début du millénaire, la décennie 2020 sera celle de l'automobile.
Vous êtes aussi artiste peintre. Peut-on en savoir un peu plus sur cette facette de votre vie ? La peinture, un violon d'Ingres pour vous ?
Le dessin, la peinture, la sculpture ont toujours été mes passions. Ces moments d'évasion, pour laisser libre recours à mon imagination, me permettent de transcender les limites du réel. Ces créations artistiques me détachent des contraintes industrielles et techniques de mon métier. Je prépare d'ailleurs en ce moment une série de tableaux pour une exposition dans une galerie d'art à Tokyo en octobre 2020. On peut me suivre sur mon compte Instagram.

Entretien realisé par : YAHIA ARKAT


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