Le dossier des 128 villas situées dans les quartiers de l'Abattoir et de Bouzourane de la ville de Batna est, finalement, déféré au tribunal de Batna, pour trancher le conflit qui oppose, depuis plus d'une décennie, l'Office du patrimoine de la gestion immobilière aux acquéreurs pour le non-recouvrement de leurs créances de la promotion immobilière. L'affaire semble très complexe à résoudre parce que, derrière, se masqueraient de grandes personnalités influentes et des personnes ayant exercé des fonctions importantes, laissent raconter certaines langues bien informées sur le dossier. Les preneurs des villas, cédées ou accordées par des facilités de paiement pour un délai de cinq ans, ne se sont pas acquittés de leurs dettes du financement de la construction de ces immeubles précités et sont redevables à l'Opgi d'un montant financier qui se chiffrerait à 44 milliards de centimes. L'affaire commence à entretenir et à alimenter des discussions mitigées et beaucoup de personnalités concernées par le dossier risquent d'y laisser des plumes. Lors de sa dernière visite à Batna, Mohamed Nadir Hamimid, ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme, a fait observer au directeur de l'Opgi de Batna que “le taux de recouvrement est insuffisant” en le sommant en ces termes : “Ecoutez le message, les créances de cette promotion immobilière doivent rentrer, sinon...” Il ajoute : “Certes, c'est un passé dont vous avez hérité, mais les créances devront rentrer même s'il faut aller en justice.” Le message est, on ne peut plus, clair. Ayant reçu ces garanties, le directeur de l'Opgi, à qui nous avons rendu visite pour nous informer de la situation, nous a appris que les créances ne sont pas encore réglées et que l'affaire est soumise à l'autorité judiciaire. Le directeur ne manque pas de nous apprendre que certaines personnes à qui l'Opgi doit de l'argent sont à l'étranger ou ont changé carrément de lieu, voire de wilaya, de résidence. Mais aucune information n'a filtré sur le sort réservé à ces villas. Tout ce qui nous a été signalé, c'est que certains bénéficiaires ont même apporté des transformations à leurs villas sans qu'ils s'acquittent de leurs dettes envers l'Opgi de Batna. Le directeur de cet office explique encore : “Avant d'engager cette procédure judiciaire, nous avons épuisé plusieurs voies : l'annonce dans les quotidiens nationaux, les lettres avec accusés de réception, l'huissier de justice... Comme nous n'avons pas pu résoudre le problème à l'amiable, nous étions obligés, en dernier recours, de les ester en justice.” Enfin, il nous indiquera que son office “attendra la décision du tribunal pour entrer en possession de ses droits”. B. Belkacem