Le comité central du Front de libération nationale (FLN) a plébiscité Amar Saâdani au poste de secrétaire général du parti pour un second mandat. Cette «victoire» et le succès obtenu le parti lui-même n'auraient jamais pu se réaliser sans le cautionnement du président de la République. En effet, comme nous l'avons déjà donné avant le début du congrès (voir notre édition du jeudi 28 mai 2015) les membres du CC du FLN ont plébiscité Amar Saâdani à main levée et à l'unanimité. Saâdani avait été élu en août 2014 secrétaire général du FLN en remplacement d'Abdelaziz Belkhadem qui s'est vu retirer la confiance du CC en décembre 2013. La réélection d' Amar Saâdani n'est pas du tout une surprise. Cautionné par les décideurs du parti et par les hauts responsables à la tête du pouvoir, nul n'a pensé un seul instant que Saâdani ne serait pas reconduit à la tête du FLN. Il est de même pour la ruée des milliers de militants et de hauts responsables de l'Etat vers le congrès du vieux parti. Pour rappel seulement, l'ex-parti unique a failli mettre la clé sous le paillasson dans les années 1990 après avoir été totalement lâché par le pouvoir. Les membres du comité central de ce parti ne voulaient plus l'être, alors que les cadres et les militants de la base ont déserté les mouhafadhas et les kasmas du pays. La «démission» du premier parti du pays a laissé le champ libre à un nouveau mouvement (FIS), qui normalement n'avait pas de raison de figurer dans le champ politique. Cet état de fait a permis à ceux qui ont instrumentalisé l'islam à des fins politiques de remporter une «victoire » historique et inimaginable. Lors des élections, ce mouvement a réussi à obtenir 953 communes sur 1 539 et 32 wilayas sur 48, obtenant 54% des suffrages exprimés. La débâcle du FLN continua lors du premier tour des élections législatives le 26 décembre 1991. Le bourrage des urnes laissées à la portée des «barbus» a permis aux islamistes du FIS d'obtenir 188 sièges sur 231, soit près de 82% des suffrages exprimés. Le FLN n'a pu décrocher que 15 sièges au cours de ces élections. C'est le même scénario qui s'est produit un certain 21 février 1997 avec la création du Rassemblement national démocratique (RND). A cette époque, le nouveau-né en politique est devenu le premier parti du pays grâce à l'appui du président de la République de l'époque, Liamine Zeroual. Le RND a réussi à remporter une éclatante victoire aux élections législatives en obtenant 156 sièges sur les 380 que compte le Parlement. Comme l'actuel «FLN», le second parti du pouvoir a été convoité par les dizaines de hauts responsables de l'Etat. En somme, le FLN est revenu avec force sur la scène politique avec l'élection d'Abdelaziz Bouteflika le 27 avril 1999.