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Quelles leçons tirer du fort taux d'abstention aux dernières législatives ?
Publié dans La Nouvelle République le 22 - 09 - 2019

Secouées périodiquement par des crises internes, frappées de discrédit pour la majorité d'entre elles, objet de la défiance nourrie à leur égard et à l'endroit du militantisme partisan, les formations politiques tant du pouvoir que celles de l'opposition sont-elles aujourd'hui aptes à faire un travail de mobilisation et d'encadrement efficients ? La question se pose de leur capacité à éviter un affrontement direct entre citoyens et forces de sécurité, et donc de contribuer significativement à la socialisation politique et à l'œuvre de redressement national.
5- Comment faire pour que l'Algérie soit un pays émergent ayant une place dynamique au sein de la mondialisation, en analysant objectivement les impacts négatifs et positifs des impacts de l'Accord d'association avec l'Europe et son éventuelle adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Europe et l'Afrique étant son espace social naturel, par la lutte contre la corruption qui se socialise devenant un danger pour la sécurité nationale ?
6- Procédera-t-il aux réformes du secteur des hydrocarbures, source de rente et objet de toutes les convoitises
7- Comment intégrer la sphère informelle, loin des mesures autoritaires et déconnectées des réalités expliquant l'échec récent relatif de l'emprunt obligataire, contrôlant 40% de la masse monétaire en circulation et 65% des segments des produits de première nécessité ?
8- Réalisera-t-il les réformes du système éducatif, centre d'élaboration et de diffusion de la culture et de l'idéologie de la résistance au changement et à la modernisation du pays misant sur le nombre au détriment de la qualité donnant un système socio éducatif naufragé
9- Quelles réformes du système financier qui est un préalable essentiel à la relance de l'investissement privé national et étranger, les banques publiques et privées étant au cœur d'importants enjeux de pouvoir entre les partisans de l'ouverture et ceux de préservation des intérêts de la rente, étant considérée, à juste titre, comme l'indice le plus probant de la volonté politique de l'Etat algérien d'ouvrir ou non l'économie nationale à la libre entreprise ?
10- Quelle réforme du secteur de l'agriculture par une nouvelle politique foncière et une nouvelle politique de gestion de l'eau ?
11- Facteur de cohésion sociale quelle sera la nouvelle gestion des stratégies sociales et la mise en place de nouveaux mécanismes de régulations sociales devant revoir la gestion des caisses de retraite et de la sécurité sociale ?
3- Réformes, bonne gouvernance et développement
3.1- Il suffit de faire une enquête au niveau de toutes les wilayas du pays en ce mois de septembre 2019, ce n'est pas de la sinistrose, mais l'amère réalité, pour constater la très grave crise morale que traverse le pays, du divorce croissant entre l'Etat et les citoyens. Sans la résolution de la crise politique, il ne faut pas être utopique, pas de développement pour l'Algérie du fait de la faiblesse tant de l'investissement national qu'international créateur de valeur ajoutée, la dépense publique avec la chute des recettes de Sonatrach ayant montré ses limites. L'élection présidentielle devra être transparente, devra reposant sur trois axes : une commission de surveillance des élections totalement transparente indépendante de l'exécutif et des actuels élus centraux et locaux, la révision du fichier et du code électoral afin que les pratiques du passé (fraude massive) ne se renouvelle pas.
Il s'agit impérativement d'aller rapidement vers une élection présidentielle dans des délais raisonnables mais avec comme condition qu'elle soit transparente, loin des pratiques occultes du passé qui a vu la majorité de la population bouder les urnes. Cela implique forcément comme cela a été retenu en conseil des ministres du 9/09/2019 la révision du fichier et code électoral, la création d'une instance indépendante de supervision des élections où ni l'exécutif (gouvernement- surtout le ministère de l'intérieur et les Walis), ni les députés/sénateurs et représentants des APC actuels dénoncés par Al Hirak, ne seront parties prenantes, appartenant aux candidats et à la société civile de désigner ses représentants. L'on devra être attentif tant à sa composante nationale qu'à travers ses réseaux des 48 wilayas, des personnalités morales et neutres.
L'administration centrale et locale n'ayant jamais été neutre du fait de ses pratiques occultes datant depuis l'indépendance politique et pas seulement durant la période actuelle, l'actuel gouvernement composé en majorité d'anciens hauts fonctionnaires impliqués directement dans la gestion du passé et donc responsable de la situation actuelle, dont s'est fait l'écho la presse qui seraient impliqués pour certains de malversations ou de trafic dans les élections passées (voir accusation du RND ministère intérieur pour avoir favorisé le FLN pour la wilaya de Tlemcen) non démentis par les intéressés est rejeté massivement par la population, qui l'assimile à tort ou à raison du fait de sa composante à la fraude.
Un nouveau gouvernement de techniciens «neutre», est nécessaire, compromis entre le pouvoir, l'opposition et Al Hirak, tant pour crédibiliser l'action de la justice que pour favoriser la réussite du dialogue. Le président de l'Etat actuel par intérim continuant à assurer le fonctionnement de l'Etat sans s'immiscer dans les élections afin d'éviter la déstabilisation de l'institution suprême du pays. Seul un président légitime peut amender la constitution et mener les profondes réformes tant politiques qu'économiques pour arrimer l'Algérie au nouveau monde, en faire un pays émergent et elle en a les potentialités, élu sur la base d'un programme transparent, incluant les revendications légitimes d'Al Hirak. Dans ce contexte socio-économique difficile, s'impose un langage de vérité, que dans les prochaines années l'on ne pourra plus couvrir la paix sociale par une redistribution passive de la rente des hydrocarbures, que l'Algérie va traverser une importante turbulence économique avec des incidences sociales et politiques du fait du retard pour des raisons populistes dans la mise en œuvre des véritables réformes structurelles.
3.2- Car comment un responsable peut-il avoir une autorité morale auprès de ses collaborateurs ou des citoyens lorsqu'il verse lui-même dans la délinquance, risquant de contaminer la société. Dans ce contexte, je propose les trois mesures urgentes suivantes:
Primo : tous les responsables politiques, président de la République, directeur de cabinet, secrétaire général et conseillers à la présidence de la république, le Premier ministre et ses proches collaborateurs, les ministres et les directeurs généraux de ces ministères, les walis, chefs de daïra, les députés, les sénateurs, les élus locaux et les directeurs généraux des entreprises publiques, ainsi que les dirigeants de tous les partis politiques et associations nationales doivent publier leur patrimoine ainsi que celui de leurs femmes et enfants tant au niveau national qu'à l'étranger. Cette déclaration doit être publique et insérée dans la presse nationale.
Secundo : bien que la présomption d'innocence doit être la règle, toute personne ayant des implications directes ou indirectes avec les affaires de corruption, afin de ne pas utiliser sa fonction pour influencer la justice, doit démissionner, ne pouvant pas pour une période à déterminer avoir une fonction supérieure, créer un parti politique ou se présenter à un mandat électif.
Tertio : afin d éviter la confusion entre les intérêts de l'argent et le service public, toute personne gérant des affaires directement ou indirectement doit démissionner d'une fonction publique ou élective quel que soit le niveau. Car comme l'a souligné le grand sociologue Ibn Khaldoun, il y a de cela plusieurs siècles «lorsque le pouvoir est atteint d'immoralité, c'est la décadence de toute la société».
Les scandales financiers généralisés touchant la majorité des secteurs de l'activité nationale menacent les fondements de l'Etat algérien. Avec la situation géostratégique au niveau de la région, la menace est encore plus grande. Les dernières élections législatives et locales ont déjà montré un taux de non-participation très élevé. D'où l'urgence d' un renouveau de la gouvernance centrale et locale, par plus de moralité dans la gestion de la Cité, un Etat de Droit ne pouvant y avoir d'Etat de droit que si l'Etat n'est pas droit, c'est-à-dire immoral, s'impose pour des raisons de sécurité nationale. L'après hydrocarbures est à ce prix avec cet épuisement inéluctable des réserves du pétrole et du gaz conventionnel horizon 2030 et d'un bas prix pendant de longues années.
Or la population algérienne qui est de 43 millions d'habitants au 1er janvier 2019 sera d'environ 50 millions en 2030 avec une demande d'emplois additionnelle qui varierait entre 300.000 à 400.000 personnes par an, nombre d'ailleurs sous estimé puisque le calcul de l'ONS applique un taux largement inférieur pour les taux d'activité à la population féminine, représentant pourtant la moitié de la population active et dont la scolarisation est en forte hausse, qui s'ajouteront au stock de chômage.
En résumé, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître le décalage qui existe entre les potentialités que recèle l'Algérie, et elles sont énormes, et le niveau de développement proprement dérisoire que le pays a atteint après plusieurs décennies d'indépendance malgré des dépenses monétaires colossales, uniquement entre 2000/2018 plus de 1000 milliards de dollars, et pour la période 1963/2019, devant pour toute comparaison, calculer la valeur à prix constants tenant compte de l'évolution de la cotation du dinar durant cette période (4 dinars un dollar en 1974, 118 dinars un dollar en 2019).
Tout modèle socio-économique est porté par des forces politiques, sociales et économiques pour sa mise en œuvre Les réformes nécessaires nécessiteront des stratégies d'adaptation tenant compte de la projection de notre environnement, bien commun, où le dialogue des cultures fondée sur la tolérance sera déterminant, pour éviter le sous-développement, la misère et des conflits préjudiciables à l'avenir de l'humanité.
Il s ‘agira impérativement d'éviter de différer les réformes de structures, de prendre en compte ce désir de changement des deux tiers de la population, de combattre la corruption qui devient une menace pour la sécurité nationale, facteur de démobilisation des citoyens et également lutter contre toute forme de xénophobie et d'intolérance.
Méditons Voltaire : monsieur je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai de toutes mes forces pour que vous puissiez le dire».
Du fait des importants bouleversements géostratégiques mondiaux qui s'annoncent entre 2020/2030, l'Algérie qui traverse une phase cruciale de son histoire a besoin qu'un regard critique et juste soit posé sur sa situation sur ce qui a déjà été accompli et sur ce qu'il s'agit d'accomplir encore au profit exclusif d'une patrie qui a besoin de se retrouver et de réunir tous ses enfants autour d'une même ambition et d'une même espérance
(Suite et fin)
Professeur des universités, Dr Abderrahmane Mebtoul ancien haut magistrat


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