Cette période n'est pas celle qui arrange les joueurs. Pour les techniciens de la balle ronde, elle est même inédite, puisqu'elle ne sera pas propice pour les joueurs, qui ont besoin de récupérer physiquement. «Que faire?», s'interroge une classe qui a du mal à accepter cette tranche imposée par la CAF. Les Fennecs seront dans le Groupe «E» des éliminatoires. Elle négocie sa qualification avec la Guinée Equatoriale, le Togo et le Liberia. Des stades en chantier Une situation classée historique, jamais une CAN, n'a eu lieu dans des conditions qui honore, non pas la CAF, mais aussi et surtout le football africain. C'est une compétition qui se ballade de date en date, de mois en mois et surtout de négociations en négociations. Cette fois, c'est encore la FIFA qui bouscule le calendrier. Comme il est impossible de l'organiser juste après la Coupe du Monde des clubs, la CAF pieds et mains liés, se retrouve une nouvelle fois impuissante. Le décalage de la phase finale s'imposait de lui-même, puisque l'avancer aux mois de janvier et février 2025 aurait été compliqué, le Maroc ayant entrepris divers travaux, en particulier dans la plupart des stades censés accueillir les vingt-quatre sélections. La FIFA impose son calendrier Le 21 juin 2024, à l'issue de son Comité exécutif, qu'a présidé Patrice Motspe, Veron Mosengo-Ombale, Secrétaire général de la CAF, avait préparé les esprits lors d'une interview accordée à la BBC. La CAF a décidé que la phase finale de la CAN aura lieu entre le 21 décembre 2025 et le 18 janvier 2026. Chez les voisins, selon un confrère de la région, la nouvelle a été accueillie avec flegme. La CAN peut attendre La CAF au service de la FIFA, elle ne peut la contredire et notamment ceux qui disputent la Ligue des champions et la Ligue Europa. L'UEFA a modifié le format de ses compétitions, et deux journées de la phase de ligue sont programmées entre le 20 et le 31 janvier 2026. « On en demande beaucoup aux footballeurs, souligne le Belge Paul Put, sélectionneur de l'Ouganda, dont plusieurs joueurs évoluent en Europe. Jouer une CAN à cette période de l'année les privera de trêve hivernale. Selon Jeune Afrique, Olivier Dall'Oglio, l'entraîneur de l'AS Saint-Etienne (Ligue 1), explique, qu'il a « l'habitude de laisser souffler une quinzaine de jours les internationaux qui reviennent de la CAN ». « Il faut qu'ils puissent se remettre de la compétition, des voyages et du changement de continent », ajoute-t-il. Mais la santé des joueurs est-elle encore une préoccupation pour les dirigeants du football – FIFA et confédérations confondues ? Les Fennecs répondent Côté Nabil Neghiz, le sélectionneur adjoint des Verts «La réponse est évidemment non». Les syndicats de joueurs ont beau s'alarmer, leurs doléances sont écoutées poliment avant d'être passées à la broyeuse. Les techniciens partagent la même inquiétude. « L'idéal, ce serait une CAN en juin et juillet. Après la fin des championnats, les joueurs peuvent se reposer quelques jours avant de préparer la phase finale. Avec une CAN qui débutera le 21 décembre, ils vont enchaîner sur une grosse compétition, sans coupure et sans véritable préparation…Les compétitions internationales sont très éprouvantes physiquement et mentalement pour les joueurs. Les joueurs égyptiens d'Al-Ahly pourraient disputer en l'espace d'un an la Coupe du monde des clubs, la CAN et la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet). «Le même raisonnement s'applique aux internationaux de l'Espérance sportive de Tunis. À titre individuel, des joueurs pourraient être appelés à jouer la Coupe du monde des clubs, comme les Lions de l'Atlas – qualifiés d'office –, et probablement la Coupe du monde 2026, en plus du championnat de Ligue 1, de la Coupe de France et d'une coupe d'Europe. Tout cela également en l'espace d'un an», rapporte le journal Jeune Afrique. Faut savoir que la quasi-totalité des acteurs du football africain réclament un alignement de la CAF sur la majorité des autres compétitions continentales, comme l'Euro et la Copa America (en Amérique du Sud), et que la CAN se déroule en juin-juillet, comme la CAF l'avait décidé en 2017, fait rappeler J.A, sauf que cela ne s'est produit qu'une seule fois, en 2019, en Egypte. Il faudra donc – en théorie – attendre l'édition 2027, qui doit se dérouler au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, pour que ce soit enfin le cas... En résumé Les 48 pays qualifiés pour ce deuxième tour des éliminatoires ont été répartis en 12 groupes de quatre équipes (Groupe A à L). Les deux premiers de chaque groupe de chacun des 11 groupes où l'équipe hôte n'évolue pas sont qualifiés pour la phase finale. Un seul pays se qualifie pour le tournoi final dans le groupe du pays hôte, qualifié d'office. Les deux premières journées de la phase de poules se joueront entre le 2 et le 10 septembre prochain. Les 3e et 4e journées ont lieu du 7 au 15 octobre, alors que les deux dernières journées sont programmées du 11 au 19 novembre 2024.