Le président du Haut conseil de la langue arabe (HCLA), Salah Belaïd, a lancé dimanche à l'Université Mohamed-Khider de Biskra la première édition du « Mois de la langue arabe », un événement qui se clôturera le 18 décembre par la remise du Prix du président de la République pour la littérature et la langue arabe. L'annonce a été faite lors de l'ouverture d'un séminaire national consacré à « La langue arabe en Algérie pendant la période d'occupation française (1830-1962) », un thème chargé de mémoire et de symbolique pour les participants. Dans son allocution d'ouverture, M. Belaïd a souligné l'importance de cette manifestation culturelle qui, selon lui, mettra en lumière la vitalité de la langue arabe et son rôle dans l'affirmation identitaire. Il a précisé que les activités programmées tout au long du mois convergeront vers « l'annonce du lauréat du Prix du Président de la République pour la littérature et la langue arabe », un moment fort destiné à valoriser la création intellectuelle en langue arabe. Il a également annoncé qu'une convention sera signée entre le HCLA et l'Université Mohamed-Khider, dans le but de renforcer la coopération scientifique et soutenir les initiatives dédiées à la promotion de la langue. La cérémonie inaugurale s'est tenue en présence de nombreuses personnalités du monde académique et religieux, parmi lesquelles cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, recteur de Djamaâ El Djazaïr, Fahd Salem Al-Rashed, représentant de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences, et Abdelhalim Kaba, président de l'Association des oulémas musulmans algériens. Des experts, des enseignants et des chercheurs universitaires ont également pris part à cette rencontre axée sur l'histoire linguistique de l'Algérie. Dans son intervention, cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini est revenu sur la longue période coloniale en affirmant que la langue arabe « est passée d'une langue assiégée à un symbole de résistance et un signe de dignité tout au long des années d'occupation ». Il a insisté sur le rôle déterminant des zaouïas, rappelant qu'elles furent « les premiers bastions où la langue arabe et la religion se sont abritées pendant cette période difficile, en veillant à l'enseignement du Coran et des sciences religieuses face aux campagnes de diffusion de l'ignorance et des superstitions ». Il a poursuivi en soulignant que l'Association des Oulémas musulmans algériens « a continué, avec les zaouïas, à diffuser un message où l'esprit religieux musulman s'est fondu avec l'esprit nationaliste, faisant de la langue arabe une arme de résistance intellectuelle et un outil pour unifier la nation et libérer les consciences », avant d'ajouter que « l'unité de la parole et du message s'est concrétisée dans la lutte pour la défense de l'Algérie ». Le président de l'AOMA, cheikh Abdelhalim Kaba, a pour sa part évoqué la politique linguistique menée par la puissance coloniale. Il a rappelé que la France « entendait, par ses crimes, effacer l'identité nationale dans toutes ses composantes, combattre l'éducation, confisquer les biens waqf et privilégier la langue française ». Selon lui, cette stratégie d'effacement culturel « a poussé toutes les couches de la société, attachées à leur identité, à se dresser, à résister et à unir leurs forces pour que la langue arabe demeure une partie vivante de la nation ». De son côté, la directrice du laboratoire d'intelligence artificielle de l'université de Biskra, Pr Naïma Saadia, a expliqué que dès 1830, les autorités coloniales avaient tenté « d'imposer leur domination en utilisant tous les moyens pour éliminer la langue arabe des administrations et en combattant tous ceux qui œuvraient à sa promotion », dans une volonté d'effacer l'identité nationale. Elle a néanmoins souligné que ces efforts « ont finalement échoué ». Ce séminaire de deux jours a réuni universitaires, institutionnels et autorités locales, dont le wali de Biskra, Lakhdar Seddas.