Lors d'une conférence organisée à la SAFEX dans le cadre du Salon Tasshiil 2025, Bank ABC a présenté une gamme de financements conformes à la chariaâ, couvrant notamment l'acquisition de véhicules et les travaux d'aménagement de logement. La rencontre a été animée par l'économiste Pr Mohamed Boujalal, qui s'est longuement exprimé sur l'évolution et les enjeux de la finance islamique en Algérie. Une industrie désormais structurée Selon le Pr Boujalal, la finance islamique s'est solidement implantée en Algérie grâce à une volonté politique claire. Elle est passée d'un marché de niche à un segment pleinement intégré, doté d'un cadre juridique renforcé depuis 2020. Cette structuration, a-t-il rappelé, est appelée à se consolider davantage avec les mesures prévues dans le Projet de loi de Finances 2026, notamment son article 89. L'économiste a également souligné que la finance islamique a généré près de 900 milliards de dinars, regrettant toutefois qu'un tiers de ce montant n'ait pas été transformé en financements : « Sur les 900 milliards de dépôts, seulement 600 milliards ont été injectés dans l'économie », a-t-il précisé, évoquant un déficit d'intermédiation au sein des banques publiques qui n'ont pas su absorber l'intégralité des fonds collectés. Une évolution nourrie par l'expérience du terrain Pr Boujalal est revenu sur le rôle précurseur joué par El Baraka (1991) et El Salam Bank (2008), qui ont assuré le développement de la finance islamique avant même l'existence d'un véritable cadre légal. Grâce à ces expériences cumulées, a-t-il expliqué, l'Etat a pu lancer à partir de 2020 une version organisée et réglementée de cette industrie, conformément aux engagements du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Un secteur bancaire encore limité Le conférencier a dressé un état des lieux du système bancaire national : l'Algérie compte aujourd'hui 21 banques, dont 7 publiques, tandis que les autres appartiennent principalement à des groupes étrangers. Il a regretté l'absence de banques privées financées à 100 % par des capitaux algériens, appelant les investisseurs nationaux à s'engager davantage dans la création d'établissements capables de soutenir l'économie réelle. Il a également exprimé son étonnement face à la réticence de certaines institutions qui tardent encore à ouvrir des guichets dédiés à la finance islamique : « Je ne comprends pas cette hésitation, alors que le modèle est performant et plébiscité à travers le monde », a-t-il insisté. Bank ABC : une ambition affirmée Partenaire majeur de la conférence, Bank ABC s'affiche comme un acteur en pleine expansion, avec 24 agences implantées à travers le pays. Sa fenêtre "El Burak" dédiée à la finance islamique propose une palette de produits diversifiés, parmi lesquels des financements pour l'achat de véhicules, des produits destinés à l'aménagement ou la rénovation de logements et un crédit allant jusqu'à 400 millions de centimes, sur une durée de 10 ans, sans hypothèque. La banque ambitionne ainsi de devenir un acteur incontournable dans l'offre de produits financiers conformes à la charia en Algérie.