La veille de la finale de la CAN-2025, la préparation de l'événement avait été marquée par une vive polémique autour des conditions d'accueil et de sécurité de l'équipe du Sénégal, tenant du titre. Le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, a publiquement dénoncé ce qu'il qualifie de «défaillance sécuritaire majeure» après l'arrivée de sa délégation à la gare de Rabat, où les joueurs se sont retrouvés au milieu d'une foule dense sans encadrement adéquat. Selon lui, cette situation était «anormale» et potentiellement dangereuse dans le cadre d'une compétition internationale de cette envergure. Il a insisté sur le fait que les impératifs du football ne doivent pas conduire à négliger la sécurité et l'image du continent africain. Au-delà de cet incident, le technicien sénégalais a établi une comparaison avec le CHAN-2023 organisé par l'Algérie, qu'il a salué pour son niveau d'organisation exemplaire, laissant entendre que la CAN 2025 n'atteindra pas les mêmes standards. Ces critiques ont été relayées et amplifiées par la Fédération sénégalaise de football (FSF), qui a exprimé de vives inquiétudes » dans un communiqué officiel. L'instance a pointé plusieurs manquements, notamment l'absence d'un dispositif sécuritaire approprié lors de l'arrivée à Rabat, exposant joueurs et encadrement à une promiscuité jugée incompatible avec le standing d'une finale continentale. Elle a appelé la CAF et le Comité d'organisation local à prendre des « mesures coercitives immédiates » pour corriger ces failles. La FSF a également soulevé des problèmes liés à l'hébergement, indiquant avoir adressé une protestation formelle à la CAF afin d'obtenir des conditions conformes aux exigences du haut niveau. Sur le plan sportif, elle a contesté le choix du Complexe sportif de Rabat comme lieu d'entraînement, estimant qu'il s'agissait du camp de base de l'équipe adverse et que cela posait un problème d'équité. À ce jour, elle affirme ne pas avoir reçu de notification officielle concernant un site alternatif. Enfin, la question de la billetterie a cristallisé le mécontentement de la fédération sénégalaise. Celle-ci a regretté que la dotation officielle se limite à deux billets VVIP et dénoncé l'impossibilité d'acheter des billets VIP et VVIP supplémentaires, contrairement à ce qui s'était fait lors des demi-finales. Bien que la FSF ait pu acquérir des billets pour ses supporters dans les quotas fixés par la CAF, elle estime ces allocations insuffisantes face à la forte demande du public sénégalais, dénoncent des restrictions qui pénalisent ses fans. Au total, ces différents griefs traduisent une tension croissante entre le Sénégal et les organisateurs de la CAN 2025, mettant en lumière des enjeux dépassant le cadre sportif et interrogeant la capacité de l'Afrique à garantir des standards organisationnels et sécuritaires à la hauteur de ses plus grandes compétitions.