La JS Kabylie traverse une zone de fortes turbulences. Un environnement pesant, des tensions internes persistantes et une instabilité financière qui finissent par éroder la sérénité du club. À mesure que les semaines passent, la patience s'amenuise et le mal semble s'installer durablement. Selon notre confrère « Compétition », la dernière Conférence de presse de Josef Zinnbauer n'a laissé personne indifférent. Bien au contraire, elle a provoqué un véritable électrochoc. L'entraîneur allemand, visiblement éprouvé mais toujours combatif, a livré un discours d'une rare franchise, rompant avec la langue de bois habituelle. Une conférence singulière, où les questions se faisaient rares tant ses déclarations semblaient anticiper les interrogations. Ses mots ont résonné bien au-delà de la salle, jusqu'aux cimes du Djurdjura. Préservation de l'équilibre mental Zinnbauer a choisi la transparence. Longtemps étouffée, la parole s'est libérée, nourrissant un débat nécessaire autour d'une situation devenue difficilement tenable. Le technicien n'a pas cherché à se défausser ni à diviser son groupe. Au contraire, son objectif affiché reste la préservation de l'équilibre mental de ses joueurs et la continuité sportive, aussi bien en championnat qu'en compétition africaine. Une situation qui empoisonne le quotidien Mais cette fois, le coach a «vidé le sac». Problèmes de vestiaire, relations compliquées entre joueurs et direction, dysfonctionnements structurels : tout est passé au crible. Une prise de parole qui a surpris l'assistance par sa sincérité, mais surtout par la gravité des faits évoqués. Selon lui, il était devenu indispensable de mettre à nu une situation qui empoisonne le quotidien du club et qui ne reflète en rien le statut historique de la JSK. En marge de l'avant-match de Ligue des champions face aux FAR de Rabat, Zinnbauer est allé encore plus loin en pointant clairement les défaillances dans la gestion financière. Salaires impayés, primes d'objectifs de la saison passée non versées, négociations bloquées avec des joueurs ciblés : autant de facteurs qui minent la stabilité du groupe. «Oui, il y a un problème financier entre les joueurs et la direction», a-t-il reconnu sans détour, usant même d'une pointe d'ironie pour illustrer les limites budgétaires du club sur le marché des transferts. Une direction sous pression… Sans jamais mâcher ses mots, Josef Zinnbauer a exprimé tout haut ce que beaucoup murmurent. Pour de nombreux observateurs, cette sortie médiatique traduit un ras-le-bol profond, mais aussi une tentative ultime pour provoquer une prise de conscience chez les décideurs. La question du propriétaire a été évoquée, de manière indirecte. Le manque de moyens clairs, l'absence de visibilité et l'incertitude financière nourrissent les inquiétudes. Sans engagement durable et structuré, la JSK aura du mal à rivaliser avec les clubs les mieux organisés, sur la scène nationale comme continentale. Une lucidité sans illusions Malgré ce contexte pesant, Zinnbauer refuse d'abandonner. Attaché à son équipe, il continue de se battre pour maintenir la JSK sur les rails. Mais il reste lucide : sans stabilité financière ni soutien solide, les miracles n'existent pas. L'entraîneur allemand se retrouve aujourd'hui coincé entre ambition sportive et réalités structurelles, tentant de préserver l'essentiel dans un club qui, selon ses propres mots, ne mérite pas ce qu'il est en train de vivre.