Une nouvelle mesure destinée à soutenir l'activité halieutique en Algérie entrera prochainement en vigueur. Elle permettra aux professionnels de la pêche d'importer des moteurs d'occasion de moins de cinq ans, destinés aux navires de pêche côtière, a annoncé le Directeur général de la Pêche et de l'aquaculture au ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Miloud Triaa. Dans une déclaration à l'Agence officielle, le responsable a indiqué que cette disposition vise à faciliter la remise en service de nombreux bateaux actuellement à l'arrêt, tout en contribuant au renforcement de la flotte de pêche nationale. «Cette mesure permettra de renforcer la flotte marine et de remettre en service les navires immobilisés», a-t-il affirmé, précisant que le texte réglementaire correspondant sera publié prochainement au Journal officiel. Cette nouvelle facilité s'inscrit dans une série de mesures introduites par la Loi de Finances 2026 afin de dynamiser l'investis-sement dans le secteur de la pêche et de l'aquaculture. Parmi les principales dispositions figurent notamment l'autorisation d'importation de navires de pêche de moins de quinze ans, destinée à encourager le développement de la pêche hauturière, ainsi que l'exemption des droits de douane et l'application d'un taux réduit de TVA à l'importation de matières premières utilisées dans la fabrication d'aliments destinés à l'élevage aquacole. S'agissant de la pêche en haute mer, le même responsable a indiqué que plusieurs opérateurs envisagent l'acquisition de navires spécialisés afin d'exploiter les ressources halieutiques dans les eaux de pays partenaires de l'Algérie, notamment la Mauritanie. Dans ce cadre, un protocole d'accord de pêche entre les deux pays devrait être finalisé prochainement. Selon M. Triaa, plusieurs cycles de concertation ont déjà permis de réduire les droits d'accès de 30 %, avant la conclusion, en septembre dernier, d'un accord prévoyant une réduction supplémentaire de 50 %. Cette évolution devrait renforcer l'attractivité des investissements et encourager les opérateurs algériens à développer leurs activités de pêche dans l'océan Atlantique. L'objectif fixé par les autorités est d'atteindre un volume de 20.000 tonnes de ressources halieutiques issues de la pêche en haute mer, principalement dans les eaux mauritaniennes. Au niveau national, la stratégie du secteur vise également à accroître la production halieutique globale de plus de 50.000 tonnes, en s'appuyant à la fois sur le développement de la pêche hauturière et sur l'essor de l'aquaculture. Cette dernière représente actuellement environ 7 % de la production halieutique nationale, avec près de 7.000 tonnes produites en 2025. Par ailleurs, les autorités accordent un intérêt croissant à la valorisation de certaines ressources à forte valeur marchande, notamment le thon rouge. Le secteur entend développer les activités d'engraissement afin d'augmenter la valeur ajoutée des exportations.