Mustapha Benaoui, ancien cadre au ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche et expert du secteur est revenu, hier lundi, sur la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de plafonner le prix du mouton importé pour l'Aid El-Adha 2026 à 50.000 DA qui vise avant tout, a-t-il dit, à préserver le pouvoir d'achat des citoyens, en particulier les classes moyennes.« Cette mesure intervient dans un contexte marqué par une flambée des prix sur les marchés à bestiaux », a-t-il indiqué. Soulignant à la fois sa dimension sociale et son importance dans la stratégie de reconstitution du cheptel ovin national. S'exprimant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale à l'émission ''L'invité du jour '', Mustapha Benaoui a fait savoir que cette politique s'inscrit dans la volonté des autorités de garantir l'accès au sacrifice rituel pour un maximum de citoyens, tout en évitant les dérives spéculatives. « Actuellement les prix sont autour de 150.000 à 200.000 dinars, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde », a-t-il dit. Estimant que la fixation d'un prix maximum constitue donc une réponse sociale à une situation difficile pour de nombreux ménages à l'approche de l'Aïd El-Adha. Pour cet ancien cadre au ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, l'importation de moutons est aujourd'hui une opération indispensable pour l'équilibre du marché national. « Nous sommes actuellement dans une logique de repeuplement et de reconstruction du cheptel ovin national », a-t-il poursuivi, faisant remarquer que le cheptel ovin a considérablement diminué au fil des décennies, notamment en raison de facteurs climatiques et environnementaux. « Au cours des années 1980, l'Algérie comptait entre 25 à 30 millions de têtes ovines. Mais les longues périodes de sécheresse et la dégradation du couvert végétal dans les régions steppiques ont fortement affecté l'activité d'élevage », a-t-il rappelé. Faisant observer que la steppe, qui constitue le principal territoire de l'élevage ovin, a subi un processus de désertification qui a réduit les capacités de production. Pour l'invité de la Chaîne III de la Radio nationale, la pression sur le marché est également liée à une forte demande saisonnière. « Entre le mois de Ramadhan, l'Aïd El-Adha, le retour des pèlerins et les célébrations estivales, la consommation de viande ovine connaît une hausse importante », a-t-il ajouté. Estimant que les besoins pourraient atteindre près de six millions de têtes d'ici la fin de l'été. Or, sur un cheptel national d'environ 18 millions de têtes, près des deux tiers sont constitués de brebis, ce qui réduit le nombre d'animaux destinés à l'abattage, a-t-il dit encore. Si l'on tient compte de cet échéancier, a encore indiqué Mustapha Benaoui, nous risquons de sacrifier une grande partie de l'effectif mâle disponible. Faisant remarquer, dans ce contexte, que l'importation apparaît comme une solution transitoire pour préserver le cheptel national tout en répondant aux besoins de consommation. Non sans souligner la nécessite d'intensifier les contrôles pour éviter la fraude, la contrebande et la spéculation. « Il était indispensable d'améliorer la planification et d'intensifier les contrôles afin d'éviter la fraude, la contrebande et la spéculation », a-t-il dit, suggérant d'intégrer davantage les éleveurs dans le dispositif de distribution. « Les éleveurs disposent d'un capital d'expérience important. Ils maîtrisent les moyens de transport, l'alimentation et la conduite du cheptel ».