La sécurité et la conformité des produits au sommet des engagements du secteur du Commerce intérieur    Des bureaux de vote sous tension    Le ministre de l'Hydraulique appelle à l'exploitation des eaux souterraines    63 agents de la DCP mobilisés pour la permanence de l'Aïd el Fitr    Russie : « Les Etats-Unis et l'entité sioniste ont engagé un cycle de violence sans précédent au Moyen-Orient »    Municipales 2026 à Marseille : un second tour avec quatre listes    L'UE a imposé des sanctions aux journalistes Bocquet et Phillips    Ligue 2 : L'ASMO relance ses chances de montée après six victoires consécutives    Issa Sy encore au cœur d'une polémique en Ligue des champions de la CAF    Tennis de table : l'Algérie présente au tournoi international de Tunis    Un sport qui rassemble les générations    Bordj Bou Arréridj La neige crée une ambiance féerique et ludique    Sûreté de wilaya de Mostaganem Une batterie de mesures pour sécuriser l'Aïd    Une sixième édition marquée par la créativité    Al-Razi, pionnier de la médecine scientifique    L'Empire de l'argent s'offre les filles du peuple    « Le texte de la loi organique des partis politiques vise à asseoir des bases juridiques et organisationnelles solides »    Enterrement du soldat Oussama Sandouk tombé au champs d'honneur dans sa ville natale de Hmadna    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Vote islamophobe suisse et débat préfectoral sur l'identité en France: Les «surenchères identitaires»
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 09 - 12 - 2009

Alors que le débat sur l'identité nationale, initié par le ministère de l'Immigration, suscite l'indignation dans les milieux intellectuels - une pétition lancée par le site Mediapart «nous ne débattrons pas» a recueilli 30.000 signatures - le président français est descendu dans l'arène en publiant, hier, un article dans le journal Le Monde.
Le débat est insidieusement orienté contre les immigrés et les étrangers, le site ouvert par le ministère de l'Immigration contient des post racistes et xénophobes qui ont choqué. Un maire du parti de Nicolas Sarkozy, participant à un débat dans une préfecture - c'est là que sont organisés les débats - s'est lancé dans une attaque ouvertement raciste: «On va se faire bouffer, il y en a 10 millions qu'on paie à rien foutre». Le vote xénophobe des Suisses est venu donner du jus à ce débat orienté - et plein de calculs électoralistes à l'approche des régionales - où les Français sont appelés à définir leur identité contre les immigrants, les «intrus» qui seraient en train de miner la France. La dirigeante du Parti socialiste, Martine Aubry, a mis en cause directement le président français. «Je ne pardonnerai jamais à Nicolas Sarkozy d'avoir lié l'identité nationale à l'immigration... c'est une honte pour ce qu'est la France...». L'ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, n'est pas en reste et critique un débat «piégé», «absurde» et «autoritaire». Le débat, explique M. De Villepin, «ne peut pas être isolé du contexte dans lequel il est lancé et de la personne qui l'a lancé, le ministre de l'Identité nationale et de l'Immigration... Cela suffit à mon sens à fausser le débat, à encoder l'idée que la question de l'identité nationale serait liée à la question de l'immigration» et cela «conduit donc à un débat piégé d'avance».
Face à cette avalanche de critiques, le président Nicolas Sarkozy tente, en apparence, de recadrer le débat et de prendre de la hauteur en intitulant l'article «Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent». Mais sur le fond, il continue de cultiver l'amalgame populiste contre les étrangers. Le président français joue faussement le «bon peuple» contre des élites qui sont censées ne rien comprendre. Il se fait le défenseur du peuple suisse et ceux qui ont critiqué sa votation contre les minarets feraient preuve d'une «méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple» et nourrissent le «populisme». Que pense au fond M. Sarkozy du vote suisse ? Réponse: «Ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience. Nul, pas plus en Suisse qu'ailleurs, ne songe à remettre en cause ces libertés fondamentales». C'est bien une esquive peu convaincante, une approbation sur le fond. Ce qui s'est exprimé dans le vote suisse, c'est un rejet de l'autre, de la xénophobie. Même en Suisse, on l'admet.
Le second élément est que c'était un référendum destiné à inscrire, dans la Constitution suisse, une inégalité entre des citoyens, les uns seraient légitimes, les autres ne seraient, au mieux, que tolérés. Que le débat français sur l'identité nationale, organisé en préfecture, par le ministre de l'Immigration, soit de la même nature que la votation suisse est indéniable. Cela est tellement évident que M. Sarkozy se sent obligé d'affirmer que les «peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés». Les Européens seraient-ils, par «nature», immunisés contre le fascisme et la haine ? Au regard de l'histoire, encore relativement récente, l'affirmation est totalement fausse. Aucune société n'est immunisée totalement contre la résurgence de la «bête immonde», à plus forte raison quand ses politiciens jouent la haine et substituent la haine du juif - devenue problématique après la Seconde Guerre mondiale - par la haine du musulman.
Un petit minaret dénaturerait-il un cadre de vie ? Apparemment, le président français le pense. Il demande aux croyants - il s'adresse en apparence aussi aux chrétiens et aux juifs, mais le message est bien exclusivement destiné aux musulmans - de se «garder de toute ostentation ou de toute provocation». Et si les musulmans peuvent prétendre à être des «citoyens comme les autres», ils doivent savoir que dans un pays où «la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde (...) tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France». Qu'en tireront les Français musulmans ? Derrière un éloge de pure forme du métissage, on continue néanmoins de voir en eux une source de problème et de risque.
Qu'ils doivent se faire oublier et ne pas être trop visibles. Le problème est qu'ils sont le plus souvent rendus visibles, malgré eux, par les instrumentalisations politiciennes. En Suisse comme en France.
Sarkozy est constamment dans une démarche électoraliste populiste. Il veut s'approprier les territoires de l'extrême droite et il ne peut que surenchérir. Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche (PG), a vu dans la Tribune de Nicolas Sarkozy, «un acte d'escalade dans les surenchères identitaires franchouillardes. En justifiant la lamentable votation des Suisses, dont l'existence même est la négation de la liberté de conscience, le chef de l'Etat confirme le contenu de sa prétendue laïcité positive. En insinuant que des minarets peuvent être une menace pour l'identité nationale de la France, il prend la relève de ceux qui avant guerre déjà prétendaient la même chose à propos des synagogues». Pour Mélenchon, le président français manque à son devoir d'être le «garant de la vie commune des Français par un respect scrupuleux et sans faille de la laïcité de l'institution qu'il incarne».
Dans la pétition lancée par Mediapart, on souligne que le débat initié «n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile. Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manoeuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers». La tribune de Sarkozy ne change rien à ce constat. L'amalgame est persistant.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.