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« La responsabilité du GIA est clairement engagée dans l'affaire des moines »
Rina Sherman. Auteur du livre le Huitième mort de Tibhirine
Publié dans El Watan le 11 - 07 - 2009

Témoignage d'une auteure Rina Sherman est une ethnologue et cinéaste sud-africaine. Elle était la compagne du journaliste Didier Contant, mort en 2004 dans des conditions tragiques. Il enquêtait notamment sur l'affaire des sept moines de Tibhirine et avait établi que c'est le GIA qui les avait enlevés et assassinés, ce qui lui attira les foudres des « qui-tue-quistes » parisiens au point de le pousser au suicide. Pour honorer sa mémoire, Rina Sherman a écrit un livre poignant : le Huitième mort de Tibhirine (dont la version algérienne est sortie aux éditions Lazhari Labter) et réalisé un film : Paris de mes exils. Dans cet entretien, elle réagit aux derniers développements de l'affaire des moines.
Vous avez certainement suivi les derniers rebondissements de l'affaire des moines de Tibéhirine. Quel commentaire vous inspirent les « révélations » du général Buchwalter, où il met en cause la responsabilité de l'armée algérienne dans l'assassinat des moines trappistes ?
Le général Buchwalter a-t-il eu une pensée pour les familles des moines tout au long de treize années durant lesquelles il a gardé son secret ? A-t-il pensé, ne serait-ce qu'un instant, combien son « secret d'Etat » aurait pu aider ces familles à comprendre ce qui s'est passé et à surmonter la douleur qui était la leur ? A-t-il réfléchi sur l'effet qu'un tel « scoop » pourrait avoir aujourd'hui sur ces familles ? A ma connaissance, et selon une proche des moines, un membre d'une seule famille avait accepté de se constituer partie civile en 2003 avec maître Baudoin et le père Veuilleux. Le ouï-dire, quelle valeur a-t-il aux yeux de la justice française ? Car les propos du général Buchwalter sont avant tout des ouï-dire d'un officier algérien sans nom qui répète ce que son frère lui a dit. Le général, l'officier et le frère de ce dernier, ça fait un beau trio ! Un hélicoptère, survolant un terrain accidenté, tire sur un bivouac, puis atterrit sur un terrain infesté d'éléments du GIA pour vérifier sur qui ils ont tiré. Comme par hasard, seules les têtes sont présentables car pas criblées de balles comme les corps. Donc, on ne montre que les têtes… Cela fait penser à la version que faisait circuler le groupe de pression « Qui tue qui ? » au moment de la mort de Didier Contant ; une version de Abdelkader Tigha selon laquelle un haut dirigeant du GIA serait arrivé à la caserne de Blida, au vu de tous, avec deux 4x4 banalisés pleins de moines ! D'ailleurs, quelques jours avant son départ pour l'Algérie à Noël 2003, Didier Contant avait contesté cette version auprès de Me Baudoin dans un entretien téléphonique avec ce dernier. L'avocat avait fini par concéder que cette version des choses manquait de crédibilité. Jusqu'à maintenant, le groupe de pression « Qui tue qui ? » tentait par tous les moyens de nous faire croire que les moines de Tibéhirine avaient été tués par les services secrets algériens. Maintenant au moins ils nous rassurent – au prix de se tirer une balle dans le pied – qu'il n'en est rien. Il s'agit d'un accident de guerre. Voyons ! Ce qui est proprement choquant dans cette énième version, que le groupe de pression « qui tue qui ? » nous sert, est l'emballement de la presse française : quelque 300 articles en l'espace de trois jours pour affirmer sur la base d'un ouï-dire que les moines ont été tués suite à une bavure de l'armée algérienne. Ils ont la mémoire courte, ces journalistes. Que font-ils des versions précédentes des faits servies par le « Qui-tue-qui ? ». S'ils appellent cela de l'information, ce qui constitue leur métier, alors disons-le clairement : il s'agit de désinformation. Cela rappelle également le comportement de plusieurs journalistes au moment de la mort de Didier Contant : aucun d'entre eux n'a vérifié les « informations » que leur donnait Jean-Baptiste Rivoire au sujet de la personne de Didier Contant.
Dans votre livre le Huitième mort de Tibhirine, vous vous attachez à défendre la mémoire de votre compagnon, le journaliste Didier Contant, qui avait longuement enquêté sur l'affaire des moines et avait établi que c'est bel et bien le GIA qui les avait enlevés et assassinés, ce qui lui valut une campagne de calomnies de la part du camp du « Qui-tue-qui ? » en France. Les accusations du général Buchwalter remettent-elles en cause, selon vous, le travail de Didier ?
Les propos du général Buchwalter n'affectent en rien le travail de Didier Contant. Avec les éléments dont nous disposons aujourd'hui, il me semble que la version de l'ancien dirigeant repenti du GIA est la plus fiable, c'est-à-dire que des membres du GIA ont enlevé les sept moines du monastère de Tibéhirine à Médéa. Rappelez-vous que Didier avait longuement interviewé le jardinier qui était présent au moment des faits et avait confirmé avoir reconnu des membres du GIA. Rappelez-vous également qu'il y avait neuf moines présents à Tibéhirine au moment de l'enlèvement de sept des moines ; les deux autres ont également confirmé qu'il s'agissait du GIA.La responsabilité du GIA est clairement engagée et, qui plus est, revendiquée dans cette affaire. Les islamo-gauchistes français devraient cesser de jouer dans leur camp. D'ailleurs, pourquoi les démocrates algériens trouvent-ils si peu de soutien auprès de la gauche française et des forces démocratiques des pays occidentaux ? Y a-t-il au sein des forces progressistes des relents de néo-colonialisme, de racisme et de nostalgie pour une Algérie perdue ?
Lors de vos investigations pour connaître la vérité sur les dessous de l'affaire de Tibéhirine, avez-vous eu vent de cette hypothèse selon laquelle un hélicoptère de l'armée algérienne aurait bombardé un bivouac où les moines étaient retenus en otages ?
Tout comme les versions précédentes du groupe de pression « Qui tue qui ? », jamais des personnes que j'ai pu interroger ou des documents que j'ai pu consulter n'ont fait état d'un tel événement, sauf, bien entendu, des documents et autres « ouï-dire » du groupe de pression « Qui tue qui ? ».
Vous estimez que le camp du « Qui-tue-qui ? » est un puissant lobby dans les milieux médiatiques français. On se plaît à dire que les propos du général français relancent à nouveau le « qui-tue-qui ? » et ses thèses que vous avez régulièrement combattues. N'avez-vous pas crainte que ces nouvelles révélations ne viennent conforter ce lobby ?
Le « Qui-tue-qui ? » reste un groupe de pression bien organisé, surtout ses relais dans la presse. Cependant, ces gens ont perdu du terrain ces dernières années, surtout avec leurs déclarations sensationnalistes à répétition, lesquelles s'effritent au bout de quelques jours. Il s'agit d'un journalisme de communication et de petite opinion, et guère d'un journalisme d'analyse et d'information.
En février dernier, le journaliste de Canal +, Jean-Baptiste Rivoire, que vous accusez d'avoir orchestré, avec d'autres, la campagne de calomnies contre votre défunt compagnon au point de le pousser au suicide, a été inquiété par la justice suite à une plainte de votre part. Où en est le « bras de fer » qui vous oppose à Rivoire ?
En février 2009, Jean-Baptiste Rivoire a été renvoyé devant le tribunal correctionnel sous le chef de violences volontaires préméditées contre la personne de Didier Contant. Je crois qu'avec cela tout est dit.


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