Une plus grande visibilité de l'art contemporain et l'émergence de nouveaux talents, occupant souvent pour la première fois les cimaises des quelques galeries existantes, constituent l'évènement saillant sur la scène algérienne des arts plastiques de l'année qui s'achève devant le repli des manifestations dédiées au 3e art. Ces nouveaux talents, dont quelques noms sont arrivés à percer à l'étranger, se singularisent par une grande originalité et créativité surtout dans le choix très diversifié des supports d'expression et qui va de la vidéo, à l'art de rue en passant par le RecupArt, le PopArt et les illustrations digitales Fait rare, cinq jeunes artistes Amel Benaoudia, Meriem M, "El Moustach", Hicham Gaoua de son vrai nom, Walid Bouchouchi et l'artiste "The Confused Arab" ont pris part cette année à l'exposition collective "Pop Art From North Africa" (Pop Art d'Afrique du nord) dans une galerie d'art à Londres. L'émergence de jeunes talents, qui s'étaient d'abord fait connaître en diffusant leurs travaux sur Internet avant de participer à l'exposition collective "Delirium" consacrée aux œuvres de "Nesach", "Ser Das", Panchow et autre"Bold", viendra confirmer cette tendance pour le PopArt et les illustrations sur ordinateur qui se dessine. La quasi inexistence d'expositions dans des musées comme le MaMa (musée arts modernes d'Alger) et l'annulation du Festival international des arts contemporains "affaiblissent encore plus" la visibilité de ces œuvres et l'organisation d'un marché de l'art, estiment observateurs professionnels qui de plus relèvent le manque d'espace de travail pour les créateurs, jugé "problématique" et 'handicapant" pour les arts visuels et ses praticiens. La formation dans le 3e art et la situation de l'Ecole supérieure des Beaux-arts, paralysée par les problèmes financiers et pédagogiques récurrents depuis plusieurs années viendront s'ajouter aux difficultés des expositions et de circulation des œuvres d'art. Seul bémol pour adoucir ce tableau général: l'effort déployé par des galeries pour offrir un espace d'exposition professionnel et continuer à entretenir un réseau de circulation des œuvres d'art, à l'image de "Seen Art", "Sirius", "El Yasmine", "Les ateliers bouffées d'art" qui organisent souvent des ateliers de formation ouverts au public, ou encore "Les ateliers sauvages" avec ses résidences de création.