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Oran : Les méduses envahissent nos plages !
Publié dans El Watan le 05 - 08 - 2008

Les méduses envahissent nos plages depuis plusieurs années consécutives, plus particulièrement durant la saison estivale. Nombre d'estivants séjournant au niveau des stations balnéaires qui jalonnent la corniche oranaise ont dû se faire ausculter pour de petites éruptions cutanées, suite à un contact avec les méduses.
Cet état de fait a été notamment signalé quelques jours avant l'entame de la saison estivale. « La température de l'eau, qui est encore quelque peu froide en cette période, a favorisé l'apparition de cette espèce marine », a indiqué le dermatologue Messaoud Nacer. Selon des recoupements d'informations concordantes, certains pays du Bassin méditerranéen ont carrément décidé de fermer des plages sur recommandation des autorités sanitaires, à l'image de la France. D'autres ont eu recours à l'installation de filets anti-méduses comme mesure préventive. Il existe quelque 900 espèces de méduses de par le monde, dont 180 en Méditerranée. « L'espèce qui sévit sur nos côtes est connue sous le nom de pelagia noctiluca. Elle est de loin la plus venimeuse de la Méditerranée », a tenu à préciser notre interlocuteur. Cette dévoreuse de plancton, qui résiste aux changements climatiques, existe depuis 600 millions d'années.
Ce sont des milliards d'œufs qui sont pondus à la fois. Même si quelques millions seulement survivent dans les eaux, ils s'étendent sur plusieurs kilomètres carrés. La force de la méduse réside dans ses tentacules redoutables et quasiment invisibles, qui peuvent atteindre 4 mètres de long. Celles-ci sont truffées de cellules urticantes qui injectent du venin. Les océanographes expliquent cette invasion par le réchauffement climatique provoquant ainsi l'augmentation de la température de l'eau de mer d'au moins un degré Celsius. Non seulement cette montée de mercure dope la libido des cnidaires, comme on les nomme dans le jargon scientifique, mais elle les débarrasse de leur prédateur, en l'occurrence la tortue, qui est capable d'avaler jusqu'à cinquante méduses par jour. « Le réchauffement climatique a pour conséquence l'acidification des océans. Comme il pleut moins, les quantités d'eau douce déversées dans les mers diminuent, ce qui augmente la salinité », a expliqué, lors d'une réunion de spécialistes en la matière à Paris, Laurent Soulier, directeur de l'Institut des milieux aquatiques, à Bayonne (France). Or ce sel, qui acidifie l'eau, empêche les jeunes tortues de se fabriquer une carapace.
D'autres paramètres d'équilibre marin sont aussi incriminés, comme la surpêche qui est à l'origine de la présence d'importantes quantités de nourriture pour cette espèce (méduse), comme c'est le cas sur nos côtes où certains pêcheurs n'hésitent pas à utiliser des explosifs. Quelques semaines auparavant, ces espèces marines ont même menacé des centrales nucléaires. Attirées par l'eau tiède émanant des circuits de refroidissement, les méduses s'y sont agglutinées jusqu'à obstruer les filtres. Ce qui a déjà provoqué, en Suède et au Japon, de sérieux incidents. Pour revenir aux risques encourus par nos baigneurs suite à un contact avec la méduse, le dermatologue Messaoud Nacer a expliqué : « Les piqûres de méduses ne sont pas graves. » Il a cependant fait remarquer que « le fait de se rincer à l'eau de mer et surtout de ne pas frotter la zone piquée écarte tout risque d'aggravation. Il ne faut pas appliquer de produits irritants comme par exemple le parfum ou l'alcool et enlever le reste des tentacules avec une pince ». Notre interlocuteur a conclu cet entretien en soulignant que « certains laboratoires s'attellent à produire un médicament contre les piqûres de méduses voire à confectionner des combinaisons protectrices. Nous pouvons nous estimer heureux, car dans les eaux territoriales de l'Australie, on rencontre un autre type de méduses communément appelées "les tueuses", qui rivalisent avec le requin en dangerosité ». En conclusion, l'invasion des plages par ces méduses ne peut être synonyme d'une quelconque maladie de la peau, comme veut le faire croire la rumeur, qui est véhiculée dans la capitale de l'ouest. Néanmoin, les parents devraient mettre en garde leurs enfants contre les effets néfastes mais sans gravité générés par le contact de ces espèces marines.


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