Bonne nouvelle : le salaire minimum vient de passer à 15 000 DA, même si c'est toujours moins que le Maroc (150 euros, soit 18 000 DA) ou juste un peu moins que la Tunisie (130 euros, soit 15 600 DA). Mais maintenant que c'est fait et sans tomber dans l'égalitarisme primaire, on peut se poser la question à propos du salaire maximal. Quel est-il ? Combien touche un importateur de médicaments, un commissionnaire en pétrole, un acheteur d'armes pour le compte du ministère de la Défense, le comptable personnel ou le chauffeur du PDG de Sonatrach ? Combien peut-on gagner au maximum en Algérie ? Pour un citoyen ordinaire peu à l'aise avec les chiffres, on peut gagner 1 milliard de dollars sur un simple coup de téléphone. Pour Ahmed Ouyahia, bien placé pour le savoir, on peut gagner des milliards de dollars juste en faisant parler les gens, ce qui explique qu'il veut que Djezzy paye d'abord ses impôts avant de continuer à s'enrichir. Pour un économiste bien au courant de l'ampleur du marché informel, on peut gagner 3 milliards de dollars par an, soit la commission sur la facture d'importation globale du pays. En dessous de table, bien sûr, puisque paradoxalement, la seule personne qui ne sait pas qui gagne le plus d'argent est le directeur des impôts parce que les gros bénéfices ne sont pas déclarés. Mais réellement, qui a le plus haut salaire en Algérie ? Un homme d'affaires, mais lequel ? Mehri, Kouninef, Rebrab ? La brigade financière du DRS le sait-elle ? On ne sait pas. On se rappelle juste que Khalifa avait failli devenir le plus riche et c'est certainement l'erreur qu'il a dû commettre, dans un pays où il faut gagner de l'argent sans le déclarer et afficher des signes extérieurs de richesse sans jamais avouer l'origine de sa fortune. Aujourd'hui, l'ex-milliardaire en est réduit à se payer l'avocat le plus cher de Londres. Ce qui n'est déjà pas mal.