Une équipe de prospecteurs de la direction de la culture de la wilaya de Jijel s'est déplacée, lundi dernier, à Tanefdour, une localité rurale du nord de la ville d'El Milia pour y superviser un site archéologique déjà connu et répertorié. Il s'agit d'une ville romaine non classée et livrée à l'abandon et au pillage. Des travaux de construction d'une mosquée dans cette localité, entamés au mois de juin dernier, ont mis à jour les traces d'une nécropole, des ossements, des tuiles et de la poterie. «Ce site est nouveau, il est le deuxième à être découvert dans cette ville antique», affirme Sofiane Abdeltif, professeur d'histoire à l'université d'Oran. Natif de la ville d'El Milia, ce professeur fait également de la recherche dans l'histoire locale. «Il est intéressant d'œuvrer pour le classement de ce site, la ville romaine de Tanefdour est connue dans l'histoire de la vallée de Amsagha (l'oued El Kébir)», soutient-il. Cette sortie de prospection a pour but le dépôt d'un dossier au ministère de la Culture pour le classement du site, croit-on savoir auprès d'une source informée. «Si le site répond au critère de classement, le dossier, qui sera transmis au ministère, sera pris en charge ; dans le cas contraire, il sera classé dans l'inventaire supplémentaire en attendant son classement», indique-t-on. Des murettes et des pierres taillées, ainsi que des pièces de monnaie ont été découvertes par le passé sur le site de cette ville archéologique, qui jusqu'à ce jour ne bénéficie d'aucun égard ni protection. «M.L. Féraud, interprète de l'armée française vient d'envoyer au musée d'Alger deux médailles moyennes en bronze trouvées par lui à El Milia, vallée de l'Oued El Kébir, localité qu'il décrit dans ce volume en page 209», est il noté dans le volume 3 de la revue africaine de l'année 1858. Cette Medina est décrite en ces termes dans le volume en question : «El Medina, sur la rive gauche de l'Oued El Kébir, (Rhumel), à trois kilomètres environ en aval du village de Boutema (Beni Aidoun) – nombre considérables de pierres de taille et d'ouvrages en maçonnerie couvrant une vaste étendue, d'où on peut inférer que là existait jadis un grand établissement, une ville peut être». Espérons que les responsables concernés finiront par prendre conscience de la richesse archéologique de cette ville non fouillée, qui pourrait renfermer un trésor d'objets et de pièces anciennes.