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«La question de l'énergie renouvelable s'inscrit dans un écosystème d'affaires qu'il faut améliorer»
Publié dans El Watan le 23 - 05 - 2016

Vous venez de publier dans une grande revue scientifique américaine un article très remarqué portant sur la problématique des énergies renouvelables en Algérie. Il a, à l'évidence, suscité un vif intérêt aussi bien auprès de la communauté scientifique que des professionnels des énergies renouvelables. Quelle en est, selon vous, la raison ?
Cet article, publié avec Amine Akbi du Centre de développement des énergies renouvelables, pose la question de savoir si effectivement l'exploration et l'exploitation d'énergies fossiles sont plus profitables que la production d'énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, biogaz, hybridité…).
Nos résultats sont sans appel. Les énergies renouvelables seraient une source de revenus et d'économies incomparables pour notre pays, si bien que nos calculs actuels sont tout simplement faussés. Ceci d'autant plus que le prix moyen du gaz domestique en vigueur en Algérie est fortement minoré. En dépit de l'augmentation de 30% introduite en 2016, le prix (de 16.82 DA à 45.99 DA la thermie) reste en effet très bas. Il est, il est bon de le savoir, de 5,5 fois inférieur à celui des USA, 9 fois plus bas que celui de la France et 24,5 fois celui de la Suède.
Le coût d'opportunité s'inscrit dans un rapport de 1/10 en moyenne, ce qui veut dire que si l'Algérie vendait son gaz sur les marchés internationaux plutôt que de le consommer sur place à des prix minorés, il lui rapporterait 10 fois plus. Il est par conséquent légitime de se poser la question de savoir si les énergies renouvelables ne seraient pas préférables pour produire de l'électricité domestique.
Question qui relègue l'exploitation de gaz de schiste à un second plan, soit en raison de son coût prohibitif, soit en raison de ses externalités négatives en termes de pollution environnementales, outre qu'il relève, tout comme le gaz conventionnel, de la seule logique d'économie de rente fondée sur des ressources non renouvelables.

Comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion ?
Aujourd'hui, le supposé coût prohibitif des énergies renouvelables est l'un des principaux obstacles à son développement dans les pays non producteurs d'énergie fossile. Mais nous pensons que ce n'est absolument pas le cas de l'Algérie qui pourtant continue de produire plus de 96% de l'électricité au moyen des turbines à gaz pour couvrir la demande nationale croissante, alors qu'elle dispose d'un important potentiel d'énergies renouvelables. Je m'explique : l'évaluation classique du coût de production d'électricité, en utilisant la formule du Coût Moyen Actualisé de l'électricité définie par l'OCDE et la structure des coûts de production d'électricité à partir de centrales à gaz doivent être désormais comparées au coût de la production d'électricité photovoltaïque, éolienne ou biomasse.
C'est ce que nous venons de faire dans la revue scientifique américaine Renewable and Sustainable Energy Reviews en proposant une nouvelle formule de calcul. Nos résultats démontrent clairement que l'installation de centrales photovoltaïques en Algérie présente un net avantage en termes d'économies de carburant et d'émission de CO2. Ce qui milite en faveur de l'hybridité énergétique.

Dans ce cas, pourquoi s'obstiner à exploiter prioritairement des énergies fossiles alors que l'on sait que nos calculs économiques sont faussés ?
D'abord, parce que ce choix du non-renouvelable est entraîné par les importants réservoirs de gaz naturel en Algérie, en plus du faible coût de l'électricité générée par ce combustible fossile. Le gouvernement affiche aujourd'hui un objectif ambitieux de développement des énergies renouvelables à hauteur de 22 000 mégawatts en 2030. Mais il lui reste encore à gérer des blocages importants.
Premièrement, comment faire admettre par les parties prenantes Sonatrach et Sonelgaz qu'il faut investir dans les énergies renouvelables, sachant que la promotion de ces énergies se fera principalement par le secteur privé national et international et, par conséquent, en dehors de ces structures étatiques ?
Deuxièmement, ces projets, en l'état actuel de la maîtrise des technologies en Algérie, ne seront pas forcément rentables à court terme, tandis que les banques algériennes ne maîtrisent absolument pas le «project financing», leur expérience des partenariats public/privé ou des financements de grands projets étant minime, d'autant que dans le domaine des énergies, le prix de rachat fixe en dinars algériens sans clause de rajustement dans un contexte de forte volatilité du taux de change, de non convertibilité totale et d'absence d'outils de couverture, présente à l'évidence un risque majeur de non rentabilité des investissements. Par ailleurs, il n'existe pour l'instant aucune ressource longue dans le pays.
De même, il n'y a encore que deux off-takers (Sonatrach et Sonelgaz) et aucune garantie ou assurance-crédit des investissements contre les off-taker risks. Sans compter l'éternel problème lié au 49/51…Bref, toutes ces contraintes pour les investisseurs laissent peu de chances à l'émergence d'un développement des énergies renouvelables à hauteur de 22 000 mégawatts en 2030. La question de l'énergie renouvelable s'inscrit aussi dans un écosystème d'affaires qu'il faut nettement améliorer.

L'Algérie est-elle un cas particulier ?
Notre analyse vaut pour tous les pays de l'OPEP et, davantage encore, pour les grands producteurs. Tant pour notre alliée la Russie dont l'extraction de pétrole et de gaz naturel continuait d'atteindre un record à hauteur de 534 millions de tonnes en 2015, que pour l'Arabie Saoudite qui a continué d'augmenter sa production de 5 à 7% en 2015. Cependant, si la Russie est aujourd'hui contrainte de valoriser de lourds investissements récents, l'Arabie Saoudite est plus souple, et pourrait donc davantage substituer à sa production actuelle l'exploitation d'énergies renouvelables.
Ce qui aurait un impact positif sur le cours du pétrole, et indirectement sur les économies des pays de l'OPEP aujourd'hui en difficulté. C'est une option que le roi Salman Ibn Abdelaziz envisage sérieusement.

Vous allez participer au Forum Union européenne – Algérie sur l'amont gazier et les énergies renouvelables. Qu'en attendez-vous précisément ?
Nous en attendons précisément que soit mis en avant l'intérêt pour l'Algérie de substituer à la production d'électricité à base de gaz local (vendu à vil prix) l'exploitation d'énergies renouvelables qui nous permettrait de réaliser de substantielles économies et de lourds revenus en remettant sur le marché international notre gaz à son prix réel.
Notre situation financière globale n'en serait que plus saine en attendant de nous libérer complètement de notre dépendance à la rente des énergies fossiles par la diversification économique. L'objectif de sécurité énergétique nationale imposé à Sonatrach ne doit pas nous extraire de toute lucidité quant aux énergies renouvelables.
Par ailleurs, il n'est pas interdit de penser que la politique des prix subventionnés de l'énergie (qui nous éloigne de la réalité des prix du gaz mais qui préserve le pouvoir d'achat des plus pauvres) pourrait très bien être maintenue s'agissant des énergies renouvelables, et même davantage en raison de l'efficience de ses coûts réels.


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