La direction de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya de Béjaïa a mis le cap sur le développement de l'aquaculture depuis le lancement du Plan national de développement des activités de la pêche et de l'aquaculture entre 2003 et 2007 et le projet «Aquapêche 2020», conçu dans le cadre de l'action du gouvernement pour 2014-2019. Malgré la multiplication des initiatives et les appels aux hommes d'affaires à s'impliquer dans ce créneau, l'engouement est resté timide. A cet effet, une journée «portes ouvertes» sur la pêche et l'aquaculture a été organisée par la direction locale en collaboration avec la chambre de la pêche et de l'aquaculture, l'entreprise de gestion des ports et abris de pêche avec la participation de nombreuses associations. Afin de donner de la visibilité à la manifestation qui a enregistré une affluence appréciable du public et des professionnels de la pêche, l'exposition a été installée au cœur de la ville de Béjaïa, dans le parking mitoyen avec la wilaya. Rencontré sur les lieux, le directeur de la pêche de la wilaya, Nadir Adouane, a expliqué que «le but principal de ce rendez-vous est d'inciter les investisseurs à saisir les opportunités qu'offre ce secteur à Béjaïa en matière d'investissement dans le domaine de l'aquaculture et dans les autres métiers de la pêche». Mais l'investissement dans ce secteur ne consiste pas uniquement à exploiter le segment de l'élevage ou de l'acquisition des bateaux. Â ce propos, M. Adouane suggère : «Les gens peuvent investir dans la confection des filets de pêche, la fabrication d'aliments, la construction des cages flottantes pour les besoins de l'aquaculture, l'élevage d'alevins…etc». Car, regrette-t-il, «en dehors de la construction des bateaux, tout est importé». Au chapitre des projets en cours de réalisation dans le domaine de l'aquaculture, «nous avons un projet d'élevage des moules (mytiliculture) et un autre qui va être lancé incessamment et qui consiste en l'élevage du loup de mer et de la daurade à cap Sigli, sur la côte ouest de Béjaïa», a déclaré le directeur, avant d'ajouter «qu'une vingtaine de dossiers d'investissement dans aquaculture, la réparation et la construction navale, la construction des chambres froides, entre autres, sont en cours d'étude». Â cet effet, la direction de la pêche compte booster et diversifier les activités et les métiers de la pêche et informe que le secteur, dispose d'une zone d'activité de 20 h dont l'étude d'aménagement est en cours. L'aquaculture, une technique qui consiste en l'élevage de poissons en mer devait s'imposer comme une alternative pour répondre au besoin de la population en matière de produit de la mer et la préservation de la richesse halieutique contre la surexploitation qui provoque chaque année la diminution des ressources. Ce segment demeure vierge et ce n'est pas le potentiel ni la volonté des pouvoirs publics qui manquent. Car l'idée de développer l'aquaculture sur les sites du littoral de Béjaïa a rencontré, dès son lancement, une résistance de la part de certaines associations écologistes et a suscité la crainte des pêcheurs de voir leur zone de pêche se rétrécir comme une peau de chagrin. Or, l'aquaculture, assure la direction de la pêche «n'est pas là pour concurrencer les pêcheurs ni pour détruire l'environnement puisque cet investissement est soumis à un cahier des charges qui protègent le pêcheur en prenant en compte l'habitat des animaux marins».