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Festival du film amazigh : Poussières d'étoiles et graines de stars
Publié dans El Watan le 26 - 07 - 2010

Pour un festival ambitieux, il est impératif de s'investir dans la perpétuation en adoptant la saine démarche de l'« éclatement » et de la formation.
Le Festival culturel national annuel du film amazigh (Fcnafa), comme l'illustre nom d'une firme de cinéma, Dream works, (Travail de rêve), en est au stade de prolonger l'utopie vers les branchages d'une forêt drue, les rameaux vivaces d'une jeunesse exubérante d'intelligence : les petits montagnards ! En effet, un groupe de jeunes collégiens de Yattafen des villages d'Aït Saada, d'Aït Daoud et du petit hameau de Tazaghart, risque de figurer dans la liste future des grands noms du cinéma pour cause de contagion en bas âge. Quand les plus grands patronymes de la scène mondiale disent avoir été touchés qui par une image, qui par une furtive rencontre, ou encore par un simple commentaire, que dirait-on de nos semailles et que raconteront-elles ? Nos emblavures semblables aux graines sélectionnées, (a3qa u belyun ou el gamh el belyuni, en arabe dialectal) ont été et demeurent l'objet d'une attention particulière. Un programme riche en rencontres, en enseignements, en couleur et en amitié leur a été réservé et qui ne peut présager que de fabuleuses moissons !
Chaque graine a un nom : Thinhinan, Samy, Ramzi, Mohand Akli, Ghilès, Boubekeur, Zelgoum, Benda, Yodas, Tdya, Madjid… Chaque graine a un destin, un champ à fertiliser pour qu ‘« A3qa u belyum » survive prospère et se régénère dans ce monde de brutes. Cette activité, parmi tant d'autres, n'a pas eu sa part légitime de lumière, malgré son importance et ce n'est que justice d'en faire l'éloge afin que l'effort soutenu ne soit pas altéré par une reconnaissance nonchalante pour les travailleurs de l'ombre. Le plan de charge du Fcnafa mentionne l'activité comme étant primordiale, il s'agit de créer un esprit de suivi et de continuité des activités éducatives du festival. Un échange pédagogique, encadré par des formateurs rompus aux procédés techniques et autres secrets du cinéma, est ainsi instauré pour garantir la continuité et l'efficacité. Des partenaires étrangers, à l'exemple du festival du jeune public, en Auvergne qui a permis le contact avec un autre groupe d'enfants, qui veulent bien partager leur amour du cinéma et leurs rêves. Une première visioconférence entre nos petits montagnards a eu lieu le vendredi 11 juin dernier, au CEM de Yattafen, et c'est M. Iften, digne héritier de Mme El Hadj, à la tête de l'établissement, et Hamza Ould mohand qui en avaient assuré la technique.
Emerveillés, les chérubins ont reconnu Ludovic Chavarot, l'un de leurs formateurs, puis un dialogue s'installa plein d'émotion et d'enseignements. Le vocabulaire utilisé, lors de l'échange, indique de la solide formation des élèves durant leur court mais fructueux stage au Festival du film amazigh tenu à Tizi Ouzou du 15 au 20 mars dernier. Le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand participe à l'opération grâce, notamment, à Philipe Saljak, un pédagogue du cinéma faisant partie des encadreurs, un des travailleurs de l'ombre. Un stage sanctionné par un diplôme remis le 21 mai 2010, lors d'une excursion, belle comme les beaux voyages initiatiques de l'humanité, à la maison de la culture Ali Zamoum de Bouira, lors d'une cérémonie présidée par le wali et les autorités locales et en présence du staff du festival.
Un vendredi, aux aurores, s'ébranle un petit autocar, gracieusement mis à contribution par le président de l'APC de Souk El Had, M. Aït Ali, et entame un chemin serpenté comme le fil accroché aux talons de Thésée. Le chemin est difficile. Des virages, des éboulements, des gravats et des rétrécissements exigent du conducteur une maîtrise parfaite du véhicule presque magique, transportant des poussières d'étoiles. Il y avait dans ce bus une belle sélection du fameux grain d'Abelyun et Egée, personnifiée par les parents, du P/APC et de M. le directeur qui n'a eu pour cette fois et pour toutes les autres fois, inchallah, occasion à se jeter d'aucune falaise. Un pique-nique, agrémenté d'un déjeuner frugal mais néanmoins appétissant, a permis de découvrir des lieux offrant à la vue une symphonie de paysages, heureusement, fixés sur pellicules par la photographe du festival, Hiziya Yatta. Une rencontre avec le chanteur Si Moh, qui tout en admirant la main du juif, était en train de s'inspirer et achevait d'émerveiller les jeunes voyageurs, qui ont découvert que réellement le voyage forme la jeunesse. Arrivés en début d'après-midi à Bouira, les enfants s'enquirent d'abord de leurs encadreurs, MM. Hamza Ould Mohand et Youcef Radji, de leur nouvelle idole Belaïd Tagrawla, de Khadra et de leur ami père et éducateur, le commissaire du festival Si El Hachemi Assad. L'occasion de revoir Dihya le court métrage primé lors de la 10e édition du film amazigh à Tizi Ouzou et de se laisser emporter par un flot d'émotions. A la fin de la projection, les débats ont révélé de véritables cinéphiles dans l'honorable assistance, et c'est toujours un plaisir de savoir que la culture est à sa place dans sa maison. C'est aussi l'occasion à Si El Hachemi Assad d'installer officiellement, et en présence du wali, le premier ciné-club de la maison de la culture de Bouira. Il est à rappeler que cette structure compte, pour le moment, que de trois stagiaires ayant bénéficié de la dernière session des animateurs de ciné-clubs initiée par le Fcnafa en mars 2009. Des rêveurs, d'une espèce rare car agissante, feraient l'impossible pour que la flamme ne s'éteigne jamais, en transmettant l'étincelle d'intelligence, de l'amour du beau, de l'art. Des rêveurs qui savent, il en faut, d'abord se rendre compte de l'immense potentiel inexploité et de l'hémorragie mortelle, puis d'intervenir. Le Fcnafa, fidèle a son adroite stratégie de démocratisation du cinéma, vient d'engager un processus que les historiens futurs qualifieront de « sceau magistral » dans le monde des arts.
Le festival du film amazigh vient d'entrer dans l'âge de raison en adoptant une ribambelle d'enfants. Avoir un enfant ça vous change un homme, car c'est à sa venue que l'heureux bipède entre dans le monde, le vrai monde, celui où on ne vit plus pour soi, mais pour autrui. Un univers généreux, en expansion vers d'autres âges à vivre, d'autres temps à faire vibrer : le futur.
Djamel Laceb Enseignant


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