Clementina Cantoni, 32 ans, se trouvait en Afghanistan pour participer à un projet d'aide humanitaire, au profit d'une association de veuves afghanes (Hawa), quand elle a été enlevée. Selon le représentant d'Amnesty International en Italie, Paolo Pobbiati, « cet enlèvement s'insère dans le cadre de l'intensification préoccupante de la violence contre les femmes en Afghanistan ». Les services de renseignements italiens ont écarté, hier, la piste des groupes islamistes armés, retenant celle de la délinquance. Selon eux, les ravisseurs de Cantoni appartiendraient aux milieux de la criminalité qui sévissent à Kaboul. A en croire des informations publiées hier, le groupe des délinquants compte échanger l'otage contre son chef Mohamed Tela, récemment arrêté et qui se trouve dans une prison de Kaboul, ainsi qu'un autre de leurs compagnons, Omara Khan. Les autorités locales de Milan, ville où réside Clementina, ont exprimé leur solidarité aux parents, qui ont demandé que les médias les laissent tranquilles et ont rendu hommage « aux qualités morales et professionnelles de Clementina Cantoni », qui avait participé aux projets du Conseil européen pour les réfugiés, dans plusieurs pays en conflit. L'ambassadeur d'Italie à Kaboul, Ettore Francesco Sequi, a affirmé, lundi soir, par téléphone à partir de l'Afghanistan, que le gouvernement italien fera tout ce qui est possible pour libérer la jeune Italienne. L'Italie maintient un important contingent en Afghanistan, et les civils italiens qui s'y trouvent dans le cadre de la coopération économique, sont plus de 140. Le diplomate italien a expliqué que le rapatriement de ces derniers n'était pas encore à l'ordre du jour.