C'est grâce aux efforts des chirurgiens du CHU, que la fillette a pu être sauvée. Un sourire radieux submerge le joli visage de Wiam, la petite miraculée de 10 ans, qui, deux mois auparavant, avait été littéralement déchiquetée par une meute de chiens errants à proximité de son domicile, une habitation précaire au lieudit El Aïfour. Aujourd'hui, elle se trouve au CHU Benbadis, service de chirurgie plastique et réparatrice, où elle a subi, jusque-là, cinq greffes successives du cuir chevelu avec une semaine d'intervalle entre chaque opération. Des lambeaux de tissu cutané sont prélevés de la cuisse avant d'être transplantés sur la tête pour réparer le scalp. Les tissus se régénèrent spontanément, rassure le Pr. Zahia Hazmoun, chirurgien plasticien et médecin-chef du même service. Cette dernière, avant d'amorcer la série de greffes, avait d'abord opéré une necréctomie large sous anesthésie. Celle-ci consiste au nettoyage profond des innombrables lésions provoquées par les morsures canines qui touchaient la quasi-totalité du corps. «Je peux dire que son état était préoccupant, et le pronostic plutôt mauvais. On pensait qu'on allait la perdre car la fièvre ne voulait pas la quitter, mais aujourd'hui, grâce à Dieu, elle est sauvée; elle se remet à marcher, et c'est une fierté pour nous d'avoir mis notre modeste savoir-faire en application», nous dira avec une pointe d'émotion le Pr. Hazmoun. Elle nous fera savoir que la petite Wiam a bien supporté sa dernière greffe, et que son cuir chevelu est restitué à 100%; elle devrait bientôt quitter l'hôpital. Plus tard, quand elle atteindra l'âge de 16 ans, elle bénéficiera d'une opération esthétique capillaire: une prothèse d'expansion sera implantée sur un côté de la tête, et le gonflement progressif de l'appareil au niveau du cheveu permettra de couvrir les parties dégarnies. Actuellement c'est un acte qui se fait au niveau du même service, et il n'y a plus lieu de partir à l'étranger, a précisé notre interlocutrice. Wiam, quant à elle, se remet tout doucement du drame atroce qu'elle a vécu le 1er décembre 2010. Son année scolaire est ajournée, mais cela ne l'empêche pas de s'adonner à quelques activités telles la lecture, le dessin, ou le coloriage. Tous les soins lui ont été prodigués, y compris une alimentation saine, et c'est grâce à tout le staff médical, surtout la direction du CHU. «Je me sens bien, je ne fais plus de cauchemars, mais mon frère dit qu'il y a toujours des chiens près de chez nous», relève, un peu inquiète, Wiam. Ceci est encore un appel à la municipalité.