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Les leishmanioses, ce mal qui ronge
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Publié dans El Watan le 03 - 03 - 2011

Les maladies vectorielles sont les maladies qui font intervenir tout être vivant pour transmettre la maladie de l'animal infecté à l'être humain, ou de celui-ci à son congénère.
Cet intermédiaire prendra, alors, le nom de vecteur. Parmi elles, la brucellose, la grippe aviaire ou porcine, la rage, et enfin le sujet qui nous préoccupe : les leishmanioses.
Groupées sous trois formes, les leishmanioses sont classées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) parmi les 7 maladies tropicales dont souffre l'humanité, à l'instar du paludisme, la bilharziose, la cécité des rivières, la maladie du sommeil, la lèpre et la fièvre jaune. Notre pays est concerné par deux formes de leishmanioses : la viscérale (kala azar) et la cutanée appelée «bouton d'Orient» ou «clou de Biskra». Typiquement environnementales, ces deux formes étaient cantonnées chacune dans son fief. La première se rencontrait dans les régions montagneuses et boisées, pour la simple et bonne raison que seuls les canidés (chacal, renard) étaient hôtes du parasite. Quant à la deuxième, comme son nom l'indique, elle était cantonnée dans la région des Ziban.
L'hôte du parasite est le «goundi», un rongeur local proche de la gerboise commune de la steppe. Le phlébotome, nom désignant le moucheron, qui transmet le parasite de l'hôte intermédiaire, canidé ou rongeur, à l'homme. Le cycle évolutif du parasite donne l'exclusivité de la transmission de la maladie à ce seul insecte ; ceci, pour attirer l'attention des collectivités locales sur les gesticulations de certains bureaux d'hygiène, souvent tentés de mener des actions à l'emporte-pièce. Des solutions de facilité, onéreuses ou non, et sans danger de surcroît, telles que la désinsectisation chimique par fumigation, sont proposées sans résultats probants.
L'identification de «l'ennemi» du lieu et de l'opportunité pour aboutir à sa destruction est indispensable. N'a-t-on souvent pas vu des opérations de désinsectisation se faire en plein jour, alors que le moustique de mœurs nocturnes est à l'abri dans son gîte ? Tous les entomologistes s'accordent à recommander la lutte contre les larves de moustique avant l'envol de celui-ci. La logique militaire voudrait que la destruction d'une escadrille d'avions soit plus productive au sol. Sadek Lebal, technicien sanitaire à la retraite, entomologiste chevronné en exercice à Biskra, du milieu des années 60 à la fin des années 90, est un véritable gisement en la matière. Il opérait de manière sensée ; il objectivait d'abord le moustique en le piégeant nuitamment. Les pièges consistaient en rubans adhésifs placés ça et là. La stratégie sanitaire dans ce cas est à assimiler à une véritable stratégie militaire, dont le premier souci est de savoir à quel adversaire on a affaire. A partir de cette information, la tactique à élaborer tiendra compte des zones réputées infestées. Après visualisation et identification de l'espèce, il préconisait le moyen de lutte le mieux adapté.
Actuellement, le Dr Hammou, reconverti dans le secteur privé faute d'horizon dans le secteur public, l'un des rares entomologistes si ce n'est l'unique sur le territoire national, n'est pas, à notre sens, judicieusement «exploité». C'est d'ailleurs avec un réel plaisir que nous avons appris sa participation aux ateliers de la Conférence nationale sur la santé tenue récemment. Ce n'est que justice rendue à ce jeune cadre médical qui a délibérément opté pour une spécialité peu lucrative comme chacun le sait. La lutte anti-larvaire a connu son apogée entre 1985 et 1990 à Biskra et à Sidi Okba. Les moyens mis en place par la commune de Biskra et la Direction de la santé se limitaient à un fourgon utilitaire, du produit insecticide et deux agents communaux encadrés par un agent de santé.
Le travail de l'équipe consistait à désinfecter les bassins d'eau des palmiers. Le bilan de cette modeste équipe s'établissait à 4000 «trous de palmier» par semaine en moyenne. La pratique d'immersion du pied du palmier très pratiquée à Sidi Okba, T'houda, Sériana, et Garta est un usage qui est en relation directe avec les 5 ou 6 lâchers annuels d'eau du barrage de D'Rouh. Un ingénieux système de goutte-à-goutte fut placé en amont des palmeraies à la sortie de l'eau du barrage. Il consistait en un fut métallique de 50 litres, usuellement utilisé, anciennement, pour l'huile de table, contenant un insecticide dûment homologué et une tubulure dotée d'un clapet. L'eau était désinfectée en rapport avec le débit et la durée de son écoulement.
Cette opération a, de l'avis même des agriculteurs, fait augmenter la production laitière des vaches et chèvres domestiques. Stressés par le moustique, ces animaux étaient mis en situation de constante agitation. Aussi, toute action censée arrêter un processus morbide engendré par un cycle biologique doit agir sur le maillon le plus faible de la chaîne. Rompre la chaîne de transmission revient à éradiquer définitivement la maladie. Dans le cas qui nous préoccupe, il ne s'agit pas forcément de détruire le moustique, dont la vie est éphémère, mais de mettre hors de portée tout ce qui peut constituer un gîte pour lui. On se pose alors la question : comment est-il advenu qu'un rongeur (la gerboise) des Hauts-Plateaux soit contaminé par un parasite qui, d'habitude, était l'hôte de son cousin (le goundi) des Ziban ? Il suffit d'une petite flaque d'eau sur une bâche ou d'un résidu dans une citerne pour que la larve survive et se développe.
La mobilité motorisée de la transhumance est, probablement, pour une grande part dans l'extériorisation de cette morbidité de son contexte local. Les premiers cas de leishmaniose cutanée étaient déjà signalés en 1982 à Birine au nord-est de la wilaya de Djelfa. Cette localité est, topographiquement, la plaque tournante entre les wilayas de M'sila, Médéa et Tiaret. Et à ce titre, elle a, de tout temps, été le point de passage des «achabas» ou transhumants venant du Sud-Est et se dirigeant vers le Nord-Ouest à la recherche de pâturages pour leur cheptel dans le Sersou, ou même dans le littoral. Si à cette époque la transmission était plus lente, du fait des déplacements pédestres, elle ne l'est plus maintenant, le transport du cheptel s'est motorisé. Mais encore, que s'est-il passé dans cet environnement steppique où l'eau était rare ? Rappelons-nous que la loi sur l'Accession à la propriété foncière agricole (APFA) était promulguée en 1983. La mise en valeur des terres connaissait un engouement, que l'on peut vérifier actuellement sur le terrain. Les nombreux forages et plans d'eau (retenues collinaires et bassins de stockage) fleurissaient sur les champs agricoles mis en valeur. Est-ce à dire que le bonheur des uns, fait le…
Il y a lieu, dès lors, de braquer notre regard sur ces potentialités hydriques en les soumettant à une veille sanitaire, à l'effet de les rendre sans danger pour la faune et la flore. La lutte biologique trouvera, dans ce cadre, sa pleine expression, par l'ensemencement des plans d'eau par la gambusie. Ce petit poisson larvivore est le prédateur naturel de la larve de moustique. La lutte contre la gerboise est, à notre sens, inopérante, sans nul effet et risque de mettre à mal un environnement déjà chahuté par une mécanisation agricole agressive. A ce propos, il s'avère nécessaire parfois de recourir à des travaux publics pour éradiquer un problème de santé. Une expérience menée en Asie mineure par des experts soviétiques a été exposée par ces mêmes experts en 1986 à Biskra. Cet immense pays connaissait, lui aussi, la leishmaniose dans ses immenses contrées steppiques de la Toundra. Ils mirent tous les moyens technologiques au service de l'opération d'éradication, de l'avion au bulldozer.
Les prises de vue aériennes permirent de circonscrire les zones infestées par les rongeurs en établissant une cartographie de visualisation des terriers. Les zones périurbaines où se trouvaient les gîtes furent profondément scarifiées par des engins de travaux publics. Cette «mise à nu» obligea le rongeur à quitter les lieux, s'éloignant ainsi des groupements humains et privant du coup le moucheron vecteur de puiser ses repas sanguins sur son corps infecté par le parasite. La chaîne de transmission étant rompue, les risques de contamination de l'homme par le moustique sont rendus nuls ; la piqûre de l'insecte, en dehors du désagrément, étant sans effet en l'absence du rongeur infecté.
Continuer à comptabiliser les cas et s'échiner à administrer un traitement lourd, financièrement et aléatoire, ne pourra relever que de notre inaptitude à trouver des réponses justes à de réels problèmes. En dehors de cette procédure, il n'est pas envisageable l'éradication définitive. La réalisation et l'équipement de structures sanitaires, utiles et nécessaires d'ailleurs, ne peuvent consacrer à eux seuls l'acte de santé. L'intersectorialité, évoquée dans tous les forums ne doit pas être une déclaration d'intention ou un vœu pieu, elle doit être le moteur d'actions conjointes. Les secteurs porteurs et structurants doivent intégrer dans leurs différents plans d'action la donnée sanitaire, à l'effet d'éviter aux populations les retombées négatives d'opérations, dont la noble intention n'est pas à mettre en doute.


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