Deux mois après la finale controversée de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, l'affaire des supporters sénégalais détenus au Maroc continue de résonner bien au-delà du terrain sportif. La décision rendue en appel à Rabat, confirmant intégralement les peines prononcées en première instance, marque un tournant judiciaire tout en ravivant les interrogations sur la gestion globale de cet épisode par les instances du football africain. Des peines confirmées, un espoir sérieusement réduit. Le verdict, tombé tard lundi, entérine l'ensemble des condamnations : neuf supporters écopent d'un an de prison avec une amende de 5 000 dirhams, six autres de six mois et 2 000 dirhams, et trois de trois mois assortis de 1 000 dirhams. Ces derniers devraient être libérés prochainement, tandis que les autres poursuivront leur détention. Poursuivis pour hooliganisme, dégradations, invasion de pelouse et jets de projectiles, les accusés continuent de contester les faits, évoquant un mouvement de foule et une réaction à des tensions dans les tribunes. Une procédure judiciaire arrivée à son terme Avec ce jugement en appel, les voies de recours ordinaires sont désormais closes. Les autorités judiciaires marocaines considèrent les peines comme proportionnées aux faits retenus. Deux options subsistent néanmoins : un pourvoi en cassation, limité aux questions de procédure, ou une éventuelle mesure de grâce, exceptionnelle et incertaine. En l'état, toute perspective de rapatriement a été écartée, prolongeant une situation difficile pour les détenus et leurs familles. Au-delà du verdict, des failles structurelles pointées Cette affaire dépasse désormais le strict cadre judiciaire. Elle met en lumière des défaillances dans l'organisation de la finale de la CAN 2025 : gestion de la sécurité, coordination entre organisateurs et autorités locales, et dispositifs de prévention jugés insuffisants. Plusieurs observateurs pointent indirectement la responsabilité de la Confédération africaine de football, régulièrement critiquée pour la préparation logistique et sécuritaire de ses grandes compétitions. L'absence d'anticipation face aux risques liés à une forte affluence est notamment évoquée. La diplomatie comme dernier levier Dans ce contexte, l'issue du dossier pourrait désormais se jouer sur le terrain diplomatique. Le Sénégal aurait déjà engagé des démarches en vue d'obtenir un geste des autorités marocaines, potentiellement sous la forme d'une grâce. Une telle décision resterait toutefois discrétionnaire et dépendante de considérations politiques. En attendant, le sort des supporters sénégalais demeure suspendu, symbole d'une crise qui interroge durablement la gouvernance du football africain et sa capacité à prévenir et gérer les débordements majeurs.