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Les OPA transnationales passées de mode ?
La globalisation retrouve des frontières
Publié dans El Watan le 20 - 03 - 2006

Il ne se passe plus une semaine sans que l'on apprenne qu'un gouvernement occidental complote pour faire échouer le rachat d'une entreprise du pays par un concurrent étranger. Naissance gênée d'un protectionnisme « patrimonial ». Vraie pause dans la globalisation ou simple crispation passagère ?
La globalisation est-elle au seuil d'une pause dans son essor ? La question est évoquée après les difficultés « grandissantes » que rencontrent les opérations de fusion-acquisition depuis une année. En effet, la liste s'est, ces derniers mois, encore allongée des secteurs d'activité où les conquêtes d'entreprises par la bourse sont « mal vues » par les autorités du pays de l'Opéable (expression utilisée pour nommer les entreprises cibles potentielles d'une offre publique d'achat OPA). La gestion des ports ? Les Américains n'ont pas aimé qu'une firme des Emirats arabes unis s'en empare chez eux. Les Emiratis ont renoncé à leur trophée d'affaire. L'électricité ? Les Premiers ministres français et espagnol sont d'accord pour déclarer la filière d'importance stratégique pour la sécurité énergétique de chacun de leur pays. Pas question que l'italien Enel s'empare à la hussarde des firmes « nationales » de production d'électricité « même si cela profite à l'Europe ». Les banques ? L'ancien gouverneur de la Banque centrale italienne a saboté la reprise de la seconde grande banque d'affaires du pays par, entre autres, le néerlandais ABN parce que les entreprises italiennes auraient souffert de l'éloignement du centre de décision d'un de leur principal financier. Même le vieil acier « très XIIXe siècle » a fait froncer les sourcils. Les Français et les Espagnols - encore eux - mais aussi les Luxembourgeois n'aiment pas la culture d'entreprise indienne de la famille Mittal qui prétend racheter « pas amicalement » Arcelor, le champion européen pure souche. Il existe toujours une bonne raison de bloquer un investissement direct étranger (IDE) s'il a pour finalité un transfert d'actifs « nationaux » vers des nouveaux propriétaires « internationaux ». Et cela dépend de moins en moins de la place « névralgique » de l'entreprise ciblée - Danone a été protégée par le gouvernement français d'une approche de PepsiCo - mais de paramètres politiques liés aux appréhensions montantes des opinions face au rachat de leurs entreprises par des entreprises assimilées à un autre pays.
Les flux de capitaux ont repris leur marche
Il faut rétablir tout de suite ici une impression trompeuse. La montée latente d'un protectionnisme nouveau n'a pas d'effet comptable immédiat. Les flux d'investissement provenant de l'étranger en vue d'une fusion-acquisition sont en progrès constant dans le monde depuis 2003, année de reprise après le krach internet : 141 milliards de dollars en 2003, 199 milliards de dollars en 2004, sans doute plus de 230 en 2005. La tendance se poursuivra en 2006. Mais les flux resteront encore loin du pic des fusions-acquisitions de l'année 2000 (866 milliards de dollars). Les déconvenues des OPA transnationales de ces derniers mois rendent compte comme jamais auparavant de la montée d'un nouveau climat psychologique face à la houle de la globalisation qui veut que les frontières n'ont pas de sens devant les flux de capitaux. Le mode fusion-acquisition n'est pas du tout insignifiant dans l'animation de la mondialisation. Plus de 70% des IDE captés par l'Europe de l'est après la chute du mur de Berlin l'ont été suite à des cessions d'actifs nationaux au profit de firmes étrangères. En 2000, au plus fort de la fièvre des nouvelles technologies liées au web, le total des IDE dans le monde était de 1400 milliards de dollars, dans lesquels les fusions-acquisitions pèsent 866 milliards. En Algérie, si l'on excluait les opérateurs de téléphonie mobile, les plus importants investissements directs étrangers auront servi à reprendre tout ou partie des entreprises nationales. Les opérations de transfert de propriété au profit d'acquéreurs étrangers ont encore de beaux jours devant elles dans les pays émergents. Le protectionnisme « patrimonial » qui pointe son nez est il donc d'essence occidentale ? Pas tout à fait : le Kremlin a « renationalisé » son secteur gazo-pétrolier afin d'éviter qu'il ne tombe entre les mains de fonds de pension étrangers, Pékin met une limite aux acquisitions étrangères sur son sol, sans parler de l'Amérique latine sur laquelle souffle un vent de désenchantement de la globalisation effrénée. Même au sein du G8 les différences sont nettes. L'Europe latine bétonne plus facilement que la Grande-Bretagne. Le gouvernement français en est arrivé à préparer un projet de loi pour protéger les « champions nationaux » contre les OPA hostiles. Les arguments font pâles figures. Ce n'est pas l'identité - « étrangère ? » - du repreneur qui ferait problème, exemple l'italien Enel, un européen, s'est allié à des français pour acheter Suez, mais le mode opératoire - offre d'achat inamicale - qui ne déboucherait que rarement sur les résultats escomptés (prix d'acquisition élevé, pas de synergies d'activités, télescopage des modèles de management...). Un doute tout de même. Les OPA hostiles entre « nationaux » ont rarement fait beaucoup de vagues. Elles ont même souvent été encouragées par les pouvoirs publics car elles représentent toujours une protection « vertueuse » contre un rachat par un étranger. Les politiques sous haute pression Les effets les plus spectaculaires de la globalisation rencontrent donc de vraies résistances aujourd'hui dans les opinions des pays de vieilles souches industrielles. Il est en train d'en naître un protectionnisme « patrimonial » qui vise à maintenir sous pavillon national des grandes entreprises que par ailleurs tout - capitalisation, management, fiscalité, chiffres d'affaires, marché, approvisionnement - rattache à l'international. Les personnels politiques européens exposés au suffrage universel ne peuvent plus faire la sourde oreille, là où la technocratie transnationale de Bruxelles peut continuer à défendre le « temple libéral » sur un mode de plus en plus décalé, comme l'a montré le sort fâcheux de la Constitution européenne. Pour Pierre-Cyrille Hautcoeur, professeur à Paris 1, s'exprimant dans le supplément économique du « Monde » : « Depuis trente ans France et Europe poursuivent un processus de libéralisation dont on ne voit pas la fin. Il n'est pas étonnant que certains demandent une pause et des protections (...) Il faut essayer de trouver un point d'équilibre entre des protections qui éviteront que les coûts de la globalisation soient trop élevés pour les gens qui en sont victimes et, en même temps, ne pas instaurer des protections excessives comme entre les deux guerres ». Un point d'équilibre ? Sa recherche devrait déjà prendre la forme d'un coup de frein aux délocalisations à chaque fois qu'elles pourront être empêchées. Or souvent elles commencent par le passage d'une entreprise nationale sous bannière étrangère. « Au-delà, poursuit Hautcoeur, il y a aussi des raisons qui plaident pour que certaines activités demeurent sur le sol national. Il est important d'avoir un tissu économique complet ».


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