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«L'Algérien a le droit d'être le centre du monde»
El-Moustach . Graphiste et agitateur artistique
Publié dans El Watan le 23 - 01 - 2016

De polytechnique à l'art de rue, ton parcours n'est pas des plus classiques… Quel est le cursus pour devenir
El-Moustach ?
Après mes études, je travaillais dans le développement web et je me suis orienté vers la communication visuelle. C'est là que j'ai commencé à explorer cette dimension d'algérianité : la dardja, les habits…
En parallèle, je produisais des calligraphies avec le parler de la rue. Je voulais stocker toutes les expressions que produit le génie populaire. En partageant sur la Toile, j'ai eu de bons échos.
Par la suite, j'ai fait une formation en management et j'ai compris qu'il me manquait cette dimension conquérante : sortir de ma coquille. Pour cela, il fallait positiver, mettre en veille le côté râleur et défaitiste.
Et là, j'ai surfé sur plusieurs événements. En 2011, à l'époque des rassemblements pacifiques, on a organisé des concerts improvisés en plein air tout en passant des messages politiques. J'ai commencé à me sentir «entrepreneur». J'ai compris qu'il fallait penser collectif. Quand on va à la rencontre des autres, on trouve des ressources insoupçonnées.
Le problème est qu'on a un déficit de leaders, non pas de «chefs», mais de gens qui impulsent une dynamique. Prenez ce café (Ndlr. Café le Madaure, QG pour El-Moustach, où s'est déroulé l'entretien), chacun des clients à des propositions sur tout, chacun sait tout… Mais c'est l'inertie. Comment faire bouger tout ça ? Là est la question.
Avec le poète Abdelmadjid Arab et le musicien El 3ou, vous formez une sorte de collectif. Comment s'est fait la rencontre ?
Ammi Madjid, je l'ai rencontré en 2008 une première fois, puis on a commencé à travailler ensemble à partir de 2012. Avant de découvrir sa poésie, j'utilisais le parler algérien, mais dans un côté péjoratif, vulgaire.
Avec Ammi Madjid, ce sont les perles de notre langue. Même quand il traite de sujets difficiles, la langue est toujours belle et imagée. J'ai décidé de promouvoir son travail en communiquant sur Internet. Mais l'impact n'était pas aussi grand que ce que j'attendais. De son côté, Omar avait son groupe de musique (Skimi). Comme beaucoup de musiciens de notre génération, il était influencé par Amazigh Kateb. Il faisait aussi des remix de musique algérienne sous le pseudo El 3ou.
Via Internet, sa production a trouvé son réseau et El 3ou a dépassé Omar. Il était invité à plusieurs événements, mais il manquait de matériel. Il ne voulait pas y aller avec son ordinateur déglingué. J'ai pensé à le connecter avec Ammi Madjid et on a posté des lectures accompagnées de musique. C'était un succès. De mon côté, je me suis remis au Pop art mais en changeant de démarche. Je voulais sortir de l'image du «jeune algérien déprimé».
De plus, l'esthétique n'était pas assez algérienne. Mes images auraient pu être celles de graphistes égyptiens ou autres. Et puis, j'ai découvert le travail de Walid Bouchouchi.
Echeikh dyali (mon maître). Il a su se réapproprier toute l'imagerie populaire algérienne. C'était exactement ce que je cherchais à faire. J'ai donc essayé de suivre le chemin, tout en participant à des initiatives, en apportant une énergie positive, mais aussi de la critique sociale et politique.
Quelle influence veux-tu avoir sur le public ?
Mon but est d'attirer les jeunes vers notre culture. Ce n'est pas en lançant des mots d'ordre qu'on est arrivé à les convaincre de se coiffer comme les joueurs de foot, mais en imposant des modèles. A nous de proposer d'autres modèles. Je crois que quand l'image vient du local, le public s'y reconnaît plus facilement. Mais il faut moderniser l'imagerie et y impulser des valeurs positives. Les USA montrent l'Américain comme un superman.
Pourquoi l'Algérien serait forcément un type agressif et qui se sent toujours «mahgour» (opprimé) ? On a le droit de nous considérer comme le centre du monde et d'être fiers de ce que nous sommes. Mais une fierté fondée sur le travail, pas uniquement sur la glorification du passé. Un moment, j'étais dans un collectif de graffeurs ici à Boumerdès.
Beaucoup étaient rappeurs ou influencés par la culture hip hop. De gentils garçons bourrés de talent, mais dès qu'ils dessinaient c'étaient des têtes de mort, de la violence... Ils se sentaient incompris par les voisins qui effaçaient leurs productions...
On s'est remis en question : comment arriver à faire des graffitis qui soient acceptés par le peuple ? Alors on a commencé à passer des messages en rapport avec l'environnement, la propreté en utilisant des icônes de la culture algérienne, à l'image de Athman Ariouat. Les voisins les ont adoptés. Ils sont toujours à l'entrée de la cité.
A force de vouloir faire plaisir, est-ce que tu ne risques pas de t'enfermer dans une sorte de populisme ?
Pour moi, le pop art c'est le pain qu'on achète tous les jours, c'est un bonbon qu'on mange rapidement et dont il ne faut pas abuser. Ce n'est pas Léonard de Vinci. Mais on essaie aussi de faire passer des messages que les gens s'approprient. Voilà mon créneau. Artistiquement, je suis passé par une crise identitaire. Avec mon engouement pour notre culture, je m'orientais vers un salafisme artistique. Je ne supportais plus de voir des influences étrangères dans mon travail.
C'est une impasse. Alors je me suis rasséréné et j'ai accepté de m'imprégner de tout ce qui se fait dans le monde. Je suis comme une éponge. J'imite les artistes étrangers, mais j'imite aussi Walid Bouchouchi, qui fait un travail de fond, et j'en suis fier. Denis Martinez est aussi mon modèle et je tiens à lui rendre hommage. J'essaie d'intégrer tout ça dans une action sociale positive.
Ched fel asl, c'est quoi ?
Avec le collectif de graffeurs, on a reproduit notre matière visuelle dans une sorte de fusion : tifinagh, zellige, étoile à huit branches… On a peint ça sur les murs de la ville. On signait «Ched fel asl» (accroche-toi aux origines), c'était le message qui était mis en avant. Les gens ont apprécié cette initiative. Bien plus, une fois un policier qui nous avait aperçus en train d'exécuter un graffiti nous a salués en levant le pouce pour nous féliciter. Après tout, lui aussi fait partie du peuple.
Même quand les murs ont été repeints, les dessins sont restés intacts. L'essentiel est de proposer des orientations, de mobiliser les talents et que les initiatives soient reprises en masse.
Et, dernièrement, tu as animé ta première exposition individuelle…
Oui, l'expo Koun (Ndlr : Sois) à Constantine. C'était une série d'icônes de notre culture avec des valeurs qui leur sont associées. La valeur première est la liberté. Quand je pense à la lutte de Libération nationale ou à l'Amazigh (homme libre), c'est toujours la liberté qui revient.
Je travaille aussi sur un mix entre les signes berbères et les motifs géométriques de l'art islamique. J'ai aussi exposé des extraits d'une série de portraits de révolutionnaires qui sont passés chez nous (Che Guevara, Mandela…) habillés à l'algérienne. L'expo s'est très bien passée avec une lecture de Ammi Madjid accompagné de musiciens.
J'ai découvert des jeunes qui activent à Constantine. On m'a aussi proposé d'acheter mes tableaux, mais je ne me vois pas les vendre cher. Soit je les donne gratuitement, soit je vends des posters à 100 DA maximum afin que les jeunes les accrochent dans leur chambre.


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