Celui-ci contient essentiellement des improvisations sur les thèmes parfois connus, parfois un peu moins, du célèbre groupe de rock The Doors. L'atmosphère psychédélique qui se dégage des titres vieux d'une bonne cinquantaine d'années et qui ont forgé la légende du groupe américain, tels que Riders on the Storm, Light my fire, People are Strange ou The Crystal Ship et Petition the lord with prayer seront revisités avec les couleurs du jazz moderne d'un saxophoniste érudit qui a déjà tenté de mettre en musique l'esprit des œuvres du philosophe allemand Nietzsche, ou du poète français du XIXe siècle Charles Baudelaire. La formation de jazz se produira à Oran ce mardi. Une rencontre avec les élèves de l'Institut régional de musique est prévue dans son agenda. L'autre rendez-vous, le samedi 20 février pour Oran et plus tard pour les autres villes (Tlemcen, Constantine et Annaba), concerne Le Larron, un chanteur français de la nouvelle génération dont les textes parfois subtils, parfois crus collent souvent à la réalité sociopolitique comme dans Faut pas… manifester. Mais Le Larron promet plutôt un «rêve général» pour ceux qui se «manifesteront» à son spectacle. Son style indéfinissable est comme dans sa chanson intitulée Les origines où il promet «(…) des aïeuls pour tous les goûts». Il animera également à Oran un atelier d'écriture de chansons au profit des artistes en herbe qui veulent plonger dans cet univers. Dans un autre registre, les polyphonies corses seront à l'honneur à partir du 3 mars, mais cette fois ce sera avec des voix de femmes, chose inhabituelle dans l'île de Beauté d'où est originaire cette tradition populaire. Une belle intrusion dans ce mode de chant tantôt sacré, tantôt profane ou contemporain et qui est resté pendant longtemps réservé aux hommes. Le groupe Rifa I Passi dirigé par Nadine Rosselo se produira au centre diocésain Pierre Claverie et sera talonné, le 5 mars au Méridien, par une autre voix de femme, celle de Karimouche, artiste atypique qui va interpréter des morceaux de son dernier album intitulé Action. Action, comme pour entamer le tournage d'une séquence d'un film. Le titre caricature l'omniprésence dans la vie quotidienne de la vidéosurveillance, un appel pour jouer dans ce film global avec, en toile de fond, Facebook pour le synopsis et Twitter pour les dialogues. Mais Karimouche dont les «mots sont loin d'être démodés» sait bien se mettre en scène et ses apparitions sont de véritables shows. Ambiance assurée, d'où le choix de l'auditorium pour ce spectacle. Rendez-vous incontournables pour la coopération Certaines manifestations initiées par l'Institut français tendent à devenir incontournables, et c'est le cas notable du Festival interculturel du conte qui en est à sa 10e édition et qui devra s'étaler cette année du 14 au 22 mars avec la participation de 30 conteurs originaires d'une dizaine de pays différents. Devant s'adresser aux enfants mais aussi aux adultes, des animateurs occuperont pour l'occasion plusieurs espaces publics de la ville, dont le tramway. La nuit du conte proprement dite qui concentrera le gros de l'événement est prévue le 17 mars avec la participation de Robin Recours, humoriste qui sera accompagné par quelques musiciens. Les poètes seront également de la partie le 12 mars, le temps d'une soirée avec le «quartet» franco-maroco-algérien composé de Sabine Peglion, Abdallah Zrika, Touria Hadraoui, ainsi que Habiba Djahnine. Cette dernière est connue pour ses documentaires, mais son œuvre poétique vaut également le détour. Pour rester dans l'univers des mots, «Chafouin», «Lumerotte», «Dracher», «Vigousse» sont des entités inhabituelles dans une langue française partagée dans différentes régions du monde. Ce sont quelques-uns des 10 mots proposés cette année pour les apprenants qui souhaitent participer à ce concours de créativité langagière prévu entre le 15 et le 19 mars. Pour Béatrice Bertrand, directrice de l'Institut français d'Oran qui a présenté le programme, hormis le souci des échanges, «la coopération dans le domaine de la culture entre les artistes français et algériens est au centre des préoccupations» de l'établissement qu'elle représente. C'est notamment le cas pour les Journées de la photographie qui ont eu lieu la semaine dernière et qui en sont à leur 4e édition. Cette année, en plus des ateliers et des expositions, un débat a été organisé autour du film Le sel de la terre réalisé par le cinéaste Wim Wenders autour de la vie et de l'œuvre du photographe humaniste brésilien Sebastiao Salgado. Promis pour une carrière prestigieuse dans le domaine de l'économie, celui-ci a, dès le début des années 1970, préféré opter pour la photographie, un art qui lui vaudra bien des distinctions même si, au passage, il devra essuyer quelques critiques pour avoir osé «esthétiser» la détresse humaine (famines extrêmes, réfugiés de guerres atroces, exploitation, etc.). Prévu pour le 27 février, l'événement la «BD en fête» en est également à sa quatrième édition. Là aussi des bédéistes français et algériens devront échanger leurs expériences respectives, au grand bonheur des amateurs du 9e art, notamment la jeune génération. Dans tous les cas de figure, qu'il s'agisse de musique, de théâtre ou d'autres manifestation culturelles et intellectuelles, la directrice indique que les espaces de l'IFO restent ouverts aux porteurs de projets. A contrario, certains établissements de la ville sont occasionnellement cédés pour recevoir les artistes venus de France. C'est le cas du groupe de jeunes rockers Radio Elvis qui ont eu la chance de se produire sur la scène du TRO en janvier dernier.