Après une série de films documentaires biographiques, relatant le parcours de personnalités nationales, Abdelbaki Sellai vient de lancer le tournage de son nouveau film intitulé Kef Essama (La grotte du ciel). Le documentaire d'une durée de 52 minutes fera la lumière sur l'histoire de douze moudjahidine attaqués au napalm et aux armes chimiques en 1958, à l'intérieur d'une grotte de la montagne de Mcid Aicha, dans le nord de la wilaya de Mila. Selon le producteur, les corps des douze moudjahidine sont enfermés jusqu'à présent dans la grotte, car après leur mort les autorités coloniales ont bouché l'entrée de la grotte au béton. Sellaï, qui a exploité des documents de l'Institut national des archives (INA) et fait parler des témoins de la région, affirme que depuis personne ne sait plus rien d'eux, alors que la grotte demeure toujours fermée. Selon les témoignages recueillis, «après l'échec d'une opération militaire ponctuelle lancée contre les douze moudjahidine, l'armée française lança un ratissage d'envergure sur le massif de Mcid Aicha en faisant intervenir d'importants moyens aériens et terrestres, qui ont fait largement usage de napalm et de gaz prohibés. Les douze hommes sont tombés en martyrs au terme d'une farouche résistance de plusieurs jours». Bénéficiant du soutien financier de la wilaya de Mila et de la direction des moudjahidine, le documentaire évoquera également les massacres collectifs de civils commis par les forces françaises dans la région et les charniers créés dans la montagne de Bounaâdja, au nord-est de Mila. L'avant-première du film est prévue pour le 1er novembre prochain, nous confie Sellaï. Bio express Né en septembre 1969 dans la petite ville de Grarem Gouga, wilaya de Mila, Abdelbaki Sellaï est titulaire d'une licence en économie de l'université Mentouri de Constantine et d'un magistère dans la même spécialité de l'université soudanaise d'Oum Dermane. Après des années de collaboration avec la presse écrite nationale, Sellaï rejoint en 2005 la chaîne qatarie Al Jazeera sport, avant de passer en 2007 à Al Jazeera Documentaire, où il restera jusqu'en 2009. En 2010, il réalise son premier film documentaire sur le parcours du célèbre joueur international Rabah Madjer en collaboration avec le journaliste algérien installé à Doha, Yazid Aït Djoudi. Rentré en Algérie, Sellaï se consacre à la production de films documentaires relatant le parcours de personnalités nationales ou la genèse d'institutions religieuses. Il porta ainsi à l'écran des films biographiques sur Abdelhamid Ben Badis (2011), Abdelhafid Boussouf (2012), Slimane Bentobbal (2013), ainsi qu'un film sur l'Association des oulémas (2014) et un autre sur la zaouïa El Hamlaouia (2016).