Dépénalisation de certaines infractions, réduction des amendes et sanctions standardisées    Takdjout salut les importants acquis socio-économiques    Des coopératives pour la mécanisation de l'agriculture    De la maîtrise des ressources à l'émergence économique    Réunion d'urgence de l'OCI ce jeudi    Les Douanes confirment l'arrêt de la collecte des taxes annulées par la Cour suprême    De nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran    Tournoi international de Strandja : Les pugilistes algériens fixés sur leurs adversaires    Un week-end de haute intensité entre suspense, ambition et lutte pour le sommet    Championnats d'Afrique d'escrime : l'Algérie termine avec 10 médailles    Deux blessés dans un dérapage et renversement d'un véhicule près de Achaacha    Saisie de 1.469 comprimés de psychotropes, sept arrestations dans deux opérations distinctes    Une bande de cambrioleurs neutralisée à Aïn Nouissy    Un individu arrêté et 10.200 pièces de monnaie antiques récupérées    El Mahroussa célébrée à travers l'art de l'ornement et du bois    Le président de la République salue la teneur du projet    L'ANIRA insiste sur le respect des lois en vigueur régissant ces actions    Décès de l'ancien ministre du Tourisme et de l'Artisanat, le moudjahid Hadj Abdelwahab Bakli    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Vulnérables, leur état de santé s'aggrave en prison
La mort de Mohamed Tamalt et le débat sur les détenus malades
Publié dans El Watan le 26 - 12 - 2016

La mort, en prison, du journaliste Mohamed Tamalt, ouvre le débat sur la problématique de l'incarcération de personnes malades, vulnérables, qui risquent de succomber à tout moment. Les avocats dénoncent les «dysfonctionnements» d'un système judiciaire «répressif».
La polémique autour des circonstances de la mort du journaliste Mohamed Tamalt, à l'hôpital Lamine Debaghine de Bab El Oued, après un coma de plusieurs semaines en raison des complications engendrées par sa grève de la faim, détourne l'attention de l'opinion publique de ce qui est important et gravissime, à savoir la détention de grands malades. S'il y a une enquête à faire, c'est surtout sur les conditions de son arrestation, de son placement sous mandat de dépôt, de sa condamnation à une peine de prison ferme et sur son maintien en prison malgré la dégradation de son état de santé dès les premiers jours de son incarcération.
Mohamed Tamalt était diabétique et la grève de la faim qu'il avait entamée pour contester sa condamnation n'était pas sans risque. Les magistrats devaient savoir qu'une telle situation pouvait facilement provoquer de lourdes complications, voire la mort. Pourquoi n'ont-ils pas utilisé les peines alternatives à la détention prévues par la loi ? C'est une question fondamentale parce qu'elle remet sur le tapis la problématique de la détention, mais aussi de l'humanisation du système judiciaire.
En fait, nombreux sont les détenus malades à avoir la mort comme une épée de Damoclès sur la tête. Certains l'ont payé de leur vie, à l'image de Omar Dechmi, patron de la défunte CA Bank, poursuivi pour dilapidation de deniers et mort en pleine audience, alors que le juge l'interrogeait, après une détention qui aura duré des années. D'autres se sont retrouvés avec des complications gravissimes provoquées par leur détention. C'est le cas du général à la retraite Hocine Benhadid, qui a quitté la prison avec une aggravation de son état de santé ayant nécessité une lourde intervention chirurgicale.
Benhadid a pu bénéficier d'une liberté provisoire après une longue campagne médiatique de ses avocats, mais cela n'a pas été le cas pour le général Hassen, ex-patron du Service de lutte antiterroriste du défunt DRS (Département du renseignement et de sécurité), dont le dossier et contrairement aux usages est pendant à la Cour suprême depuis près d'un an. Condamné en septembre 2015 par le tribunal militaire d'Oran à une peine maximale de 5 ans, sa détention à la prison militaire de Blida a aggravé son état de santé. Il est devenu non seulement hypertendu, mais aussi insulinodépendant, sa vie ne tient qu'à la panoplie de médicaments qu'il ingurgite.
Ces cas ne sont pas isolés. L'administration pénitentiaire se trouve souvent face au dilemme de la prise en charge médicale qu'elle est obligée de trouver auprès des infrastructures publiques, dans bien des cas saturées ou incapables de prendre en charge certaines maladies. Pourtant, des alternatives à la détention existent bel et bien dans la loi. Et la liberté conditionnelle en est une. De tout temps, avocats et militants des droits de l'homme ont plaidé pour que la prison ne soit pas la règle mais l'exception.
Dans les conclusions de la commission de réforme de la justice, dans les années 2000, de nombreuses recommandations insistaient sur le volet de l'humanisation judiciaire à travers la refonte de système de détention et la dépénalisation de certains délits, notamment de presse et de gestion, pour éviter justement à l'administration pénitentiaire de gérer des situations tragiques et éviter ainsi de susciter le doute sur le traitement des détenus, comme c'est le cas, aujourd'hui, avec l'affaire du journaliste Mohamed Tamalt. Ce qui démontre, d'après Me Khaled Bourayou, à quel point le système judiciaire est en retard : «Notre système judiciaire est inhumain.
Il privilégie la sanction au détriment de la santé. On persiste à maintenir en détention des malades. Le général Hocine Benhadid est sorti de prison avec une maladie assez grave et une atteinte de la colonne vertébrale qui a nécessité une lourde intervention chirurgicale. Pourquoi persiste-t-on à maintenir en prison des détenus malades ?
Nous avons eu des décès malheureux, comme cela a été le cas, en 2007, du colonel Naceri, qui était atteint d'un cancer. Son avocat n'avait cessé de réclamer sa mise en liberté pour qu'il puisse mourir chez lui, auprès de sa femme et de ses enfants, mais ce dernier vœu lui a été refusé.
L'ancien cadre de la Badr a également trouvé la mort en prison, alors qu'il était malade. Le général Hassen est hypertendu, cardiaque et maintenant insulinodépendant, et malgré cela on lui a refusé la liberté.» L'avocat revient sur le cas du général Benhadid et s'offusque du fait qu'à ce jour il soit encore sous contrôle judiciaire, sans procès, et qu'on lui interdise de partir à l'étranger pour se faire soigner. «La réforme du Président a proposé des alternatives, mais elles sont toutes mises de côté.
A mon avis, il faut tirer la sonnette d'alarme. Le cas de Mohamed Tamalt est révélateur. Comment peut-on passer d'une infraction à un délit privatif de liberté ? Il y a urgence à humaniser la justice. La responsabilité incombe à l'Union des barreaux qui doit lancer le débat et faire en sorte que les mesures alternatives à la prison soient mises en œuvre. Nous avons tendance à oublier que les détenus sont avant tout des personnes qui ont droit à la dignité.»


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.