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Un vote tendu à Alger
Couacs logistiques, candidats refoulés, presse indésirable...
Publié dans El Watan le 25 - 11 - 2017

Bab El Oued, 11h. L'avenue Colonel Lotfi est très animée en ce jeudi électoral, tout comme le marché attenant à la place des Trois Horloges et le marché aux puces, près de la mosquée Ennasr.
La place qui jouxte la rue Omar Ibn El Khatab (ex-Consolation), grouille de monde sous un soleil lumineux, entre joueurs de dominos et mômes qui profitent à fond de cette journée de pause scolaire. Justement, nous voici devant un établissement réquisitionné pour l'évènement du jour : l'école primaire Malek Benrabia. Le chef de centre s'affaire dans tous les sens. Il est un peu tendu, agacé par l'ordinateur qui est en panne.
Nous lui demandons quelques chiffres rituels sur le nombre d'inscrits et les premiers sondages du jour. «Je n'ai pas le nombre d'inscrits. On ne nous les a pas communiqués. L'organisation, durant cette élection, n'est pas bien maîtrisée», dit-il, avant de faire remarquer : «Pour le moment, l'affluence est faible». Nous nous résignons à prendre la température au niveau des bureaux de vote abrités par ce centre.
A vue d'œil, l'affluence est effectivement au compte-gouttes. Bureau n°34 : sur 289 inscrits, 20 votants ont été enregistrés jusqu'à 10h30. Au bureau n°36, réservé aux femmes, 18 électrices se sont déplacées sur 381 inscrites. Dans un autre bureau, le 97, il a été enregistré 11 votants sur le même créneau. «Ça démarre toujours lentement», explique un membre du personnel d'encadrement.
« Vote logement » à Bab El Oued
L'index imbibé d'encre, vêtu d'un survêtement sur un maillot de l'équipe d'Argentine, Krimo, 56 ans, est l'un des rares votants de cette matinée électorale dans cette école. Krimo habite juste à côté, rue Basta Ali. «Je vous dis la vérité, j'ai voté blanc. Je l'ai fait juste pour le logement. J'ai déposé un dossier de demande de logement social et j'attends», confie Abdelkrim. Et de s'écrier : «Ce sont tous des menteurs et des hypocrites ! Ils nous ont toujours abreuvés de fausses promesses et ce n'est pas cette fois-ci que ça va changer.» Abdelkrim est loin d'être un cas isolé.
Ce compromis entre l'acte de voter et le refus d'accorder sa voix à des candidats qui ne la mériteraient pas, est même très courant à Alger. Nous l'avions relevé avec force aux dernières législatives où d'aucuns nous avouaient ne voter que pour le «tampon» (lire notre reportage : «Alger, entre ‘Mansotiche' et vote logement», El Watan du 6 mai 2017). Comme Anès Tina et sa vidéo choc, Krimo ne cache pas sa colère : «ça fait 60 ans qu'on attend ! On est dix à la maison : 5 garçons et 5 filles. Le plus jeune d'entre nous a 53 ans et on n'a toujours rien vu.
J'ai deux enfants, dont une fille en âge de se marier, qui dort avec moi». Abdelkrim vient de prendre sa retraite. Il était employé à l'hôpital Maillot. «Ma retraite, je la bouffe en une journée. Je suis obligé de naviguer à droite et à gauche pour boucler mes fins de mois». Selon lui, nombreux sont ceux qui ont bénéficié de logements sociaux, et qui sont loin d'être prioritaires. «Il y a des types qui ont plusieurs appartements et ils bénéficient encore d'un logement.
Il y en a qui revendent leur logement social et reviennent habiter sur les terrasses des immeubles. Moi, je n'ose pas construire sur le s'tah. Eddoula ghayba (l'Etat est absent). Il n'y a aucune équité». Krimo nous présente Bouzid, un autre demandeur de logement qui attend désespérément un toit depuis des lustres. Contrairement à Krimo, Bouzid semble avoir trouvé un candidat qui mérite pleinement sa confiance.
«J'ai déposé un dossier de logement depuis 12 ans et je n'ai rien vu. Moi, j'ai deux enfants, on ne voulait pas faire plus d'enfants faute d'espace. J'habite dans un ‘ghar' (trou). Un appartement minuscule. Pour te changer, tu es obligé de t'abriter derrière une serviette de bain. Aib ! Nous, on n'est pas le genre à couper des routes ou s'immoler, alors, on a été mis sur la touche. On nous a promis errahla (le relogement) après le vote, on ne perd pas espoir».
Ammi Messaoud, le cheminot miraculé
Raïs Hamidou (ex-Pointe Pescade), à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Bab El Oued. Le beau temps a fait sortir, là aussi, toute la ville. Des jeunes (majoritairement abstentionnistes) prennent allègrement un bain de soleil sur les balcons de la plage Franco et son port de plaisance. Centre de vote Baba Arroudj, dont le portrait orne le préau. 5 listes APC et 15 APW sont en lice à Rais Hamidou. L'affluence est timide. Le chef de centre se montre quelque peu méfiant.
Il exige une autorisation à Samy, notre collègue photographe, alors que nous sommes munis d'un badge en bonne et due forme délivré par les «autorités compétentes», en plus de notre carte de presse. S'agissant des tendances chiffrées, il nous dit simplement : «Je n'ai pas les chiffres». Nous finissons par nous incruster dans les bureaux de vote.
Au bureau n°2, sur 350 inscrits, il a été enregistré 72 votants APC et 62 APW au sondage de 13h. Au bureau n°03, sur 283 inscrits, il y a eu 67 votants APC et 63 APW. Au bureau 24, sur 270 électeurs, le décompte fait état de 64 votants (APC et APW). La moyenne de la participation tourne ainsi autour de 21% dans ces trois bureaux. Casque de cycliste vissé sur la tête et se mouvant sur une chaise roulante, Ammi Messaoud, 79 ans, a tenu à faire le déplacement pour voter.
Ammi Messaoud est un véritable personnage public à La Pointe, et s'il s'était présenté, pour sûr qu'il aurait raflé tous les suffrages. Handicapé à 100%, il est amputé des deux jambes jusqu'au bassin. Ancien cheminot avec 14 ans de service, il a failli être découpé par un train. «Ça s'est passé en 1981, à la gare d'Hussein Dey. Un de mes fils est né ce jour-là», se souvient le vieux cheminot avec émotion.
Il va sans dire que Ammi Messaoud est un véritable miraculé. Doublement miraculé même, lui qui est un ancien maquisard. «J'étais dans les maquis de Texenna, sur les hauteurs de Jijel», affirme-t-il, avant d'entonner un vieux chant révolutionnaire. Malgré tous ses sacrifices et son immense popularité, Ammi Messaoud est resté un homme humble et terriblement démuni, diminué : «J'ai dix enfants. J'habite dans une maison menaçant ruine, qui donne sur la mer.
On s'attend au pire à tout instant. On se dit : soit elle va s'écouler et nous jeter à la mer, soit Dieu aura pitié de nous et on sera tirés d'ici. Je touche une minable pension d'invalide, et n'était ma pension d'ancien moudjahid, je n'aurais pas pu nourrir ma famille. Mes enfants n'ont qu'un kiosque que j'ai pu me débrouiller au titre de ‘tachghil echabab'».
Toutes les voix de Raïs Hamidou votent ammi Messaoud. Elles sont unanimes à dire que s'il y a un citoyen qui mérite un logement et une prise en charge autrement plus digne, c'est bien ce cheminot à la barbe blanche et au front haut qui continue à sourire malgré les aléas de la vie.
Tensions avec la presse
Retour à Bab El Oued. Nous voici cette fois au centre de vote Mohamed Boudiaf, à la lisière du Groupe Taine. A peine ayant franchi le seuil de la petite porte de cette école primaire, des policiers en faction nous coupent dans notre élan. «Vous avez une autorisation, un ordre de mission ?» s'enquièrent-ils. Bientôt, plusieurs uniformes nous encerclent, auxquels se mêlent même des officiers de la Protection civile dont ce n'est pourtant pas la fonction. «Taâlimate ! Ce sont les instructions !» soutiennent les policiers. De qui émanent ces prétendues instructions ? De Said Bouteflika ? Du général El Hamel, le chef de la police ? De Bedoui, le ministre de l'Intérieur ? De Gaïd Salah, le chef de l'armée ? De Tartag ? De Zoukh ? De Haddad ?...
Nous n'en saurons rien. Mystère et boule de gomme. Nous avons beau exhiber notre badge spécial élections, préciser que l'information est un droit constitutionnel, que le peuple a le droit de savoir ce qui se passe dans les bureaux de vote, que c'est bien parce que des reporters prennent du son et des images qu'ils ont des choses à regarder à la télé, au JT de 20h (même si ce n'est pas éditorialement le même traitement). Nos arguments n'y font rien. Le ton monte. Après de longs palabres, un officier s'isole pour appeler sa hiérarchie. Les autres tiennent en respect Samy, notre ami photographe. Leur peur de tout ce qui est caméra, appareil photo, tourne décidément à l'obsession.
Elle a même quelque chose d'archaïque. D'irrationnel. Nous nous faisons une hypothèse : du moment que c'est mort dans les bureaux, et qu'il y a plus de personnes badgées que de votants dans les cours des écoles, ils doivent penser que cela donne une «mauvaise image du scrutin», comme aux dernières législatives et leur taux de participation famélique.
A moins qu'ils ne tripatouillent déjà les urnes dans le secret de ces bureaux lugubres…Tous les scénarios sont permis maintenant que les autorités imposent le black-out et confondent vote à bulletin secret et vote secret, à huis clos, sans témoins ! Pendant que l'officier censeur prend les instructions de sa hiérarchie, nous tentons une autre incursion, dans un autre centre de vote situé juste quelques mètres derrière, à l'école Lotfi plus précisément. Même scénario. Même nervosité. Le chef de centre nous reçoit de mauvaise grâce, dans un minuscule bureau insalubre, sans notre collègue, sommé qu'il est de rester à l'extérieur sous la surveillance d'un agent de police.
«Ramenez une autorisation !»
«Ramenez une autorisation ou un ordre de mission du ministère de l'Intérieur ou de l'APC, sinon, je ne vous laisse pas entrer», dit-il à Samy, sur un ton peu amène. Un jeune encadreur redouble de férocité en promettant d'interdire l'accès à la presse manu militari. Il lance à son chef : «C'est bon, ma yedekhlouche essahafa !» Le chef de centre n'a ni chiffres ni sondage. Il ne connaît pas le nombre d'inscrits, et n'a même pas le sondage de la mi-journée. Il se plaint de l'attitude des candidats. «Un candidat a voulu forcer le passage au prétexte qu'il n'a pas de représentants. J'ai failli le faire embarquer par la police», menace-t-il.
Il demande à l'un de ses assistants de nous recueillir les chiffres des quatre bureaux dont il a la responsabilité. «Ils ne savent pas comment calculer le nombre de votants», argue un de ses assesseurs, bredouille. Après une demi-heure d'attente, le chef de centre se décide enfin à nous gratifier d'un chiffre improbable. «J'ai 1484 inscrits». C'est la seule information que nous réussirons à lui soutirer.
«Pour le sondage, ça ne sera pas avant 17h», tranche-t-il. On est obligé d'en conclure que ce centre de vote Akid Lotfi n'a pas été en mesure de faire le moindre décompte, à aucune heure de la journée. A moins que ce ne soit de la rétention d'information pure et simple… Un peu plus haut, sur le boulevard Said Touati, nous nous glissons dans un autre centre de vote, l'un des plus importants de Bab El Oued : il s'agit du centre aménagé au lycée Said Touati. Cette fois-ci, le chef de centre nous réserve un accueil des plus courtois, aux antipodes de celui que nous venions de subir.
Notre interlocuteur joue à fond la carte de la transparence, avec une élégance à saluer. Sur 6200 inscrits répartis sur 15 bureaux mixtes, il a été enregistré jusqu'à 14h20, 760 votes APC et 708 APW. Jusqu'aux alentours de 14h, «le taux de participation est d'environ 12%», indique notre hôte. Par sexe, les votes APC sont de 475 hommes pour 285 femmes, et les votes APW : 443 hommes pour 268 femmes. «On a eu quelques soucis avec certains candidats postés à l'extérieur, et qui soufflent les numéros de liste aux électeurs. Pourtant, la campagne est terminée. Au demeurant, ça ne sert à rien. La personne qui vient voter a déjà sa petite idée derrière la tête», observe notre interlocuteur.
« La Casbah résiste »
Nous quittons Bab El Oued pour la Casbah. Halte dans une pâtisserie de la rue Bencheneb. «Je n'ai pas voté mais la journée est encore longue, n'est-ce pas ?», sourit le gentil pâtissier en nous servant deux meringues croustillantes. Notre ami a encore le temps jusqu'à 19h, en effet. «Oh ! je compte bien voter», insiste-t-il. «Je donne ma voix au monsieur que vous voyez sur cette affiche. C'est un ami d'enfance, nous avons grandi ensemble. Je ne connais pas son parti mais c'est un type bien», assure-t-il. Référence au candidat Kadi Toufik (liste 12), ingénieur en électronique et cadre municipal. Dans les venelles de la vieille médina, discussion avec un épicier, rue Mohamed Goumri. «Moi, je ne vote pas. Les prédécesseurs n'ont rien fait. Regardez l'état de la Casbah !». Il est 17h passées. Nous remontons par Soustara jusqu'à Bab Jedid. Incursion au centre de vote Mohamed Bouras.
Le CEM compte 16 bureaux de vote. Dès l'entrée, un officier de police nous accoste : «Bach t'voti ?» «Oui», disons-nous, avant de grimper vers l'étage supérieur de la magnifique école. Un jeune encadreur nous demande : «Ils vont ramener à manger ? On jeûne depuis 7 h du matin. On n'a même pas eu droit à une bouteille d'eau», grogne-t-il. Nous prenons le pouls dans deux bureaux de vote. 8 listes APC et 15 APW sont en lice à la commune de la Casbah. Au bureau 48, à 16h20, il était comptabilisé 18 votants APC/APW sur 195 inscrits (soit 9,23%). Au bureau 46 : 52 votants à 16h20 sur 202 inscrits.
«Cette fois, il y a un léger mieux par rapport aux dernières législatives», relève Dahmane, cadre du bureau de vote. Dahmane se présente comme un «Oulid el Casbah» pur jus. Il espère de tout cœur que la prochaine équipe municipale s'occupera un peu mieux de la perle d'Alger. «Moi j'habite au 10, rue Salah Bey Mahieddine. Ma famille est à la Casbah depuis des générations. Notre douira est sur le point de s'effondrer. Jusqu'à présent, personne n'est venu nous voir. J'ai une dalle qui repose sur une simple échelle. Pour l'instant, on ne nous a rien dit. On ne nous a parlé ni de ‘tarmim' (restauration) ni de ‘tarhil' (recasement)». Pour lui, le fait que la Casbah tienne encore debout est la preuve imparable qu'elle est «El mahroussa», «la bien-gardée». «La Casbah résiste comme elle a toujours résisté. Elle a tenu face à tous les séismes», martèle-t-il.
Il est 18h. Un dernier décompte pour la route, cette fois, à l'école Debbih Cherif, dans la Haute-Casbah. Un sondage effectué en fin de journée fait état de 496 votants (APC et APW) sur 1848 inscrits, soit 26,83%, indique le chef de centre.
Nous continuons notre balade à pied jusqu'à la rue Larbi Ben M'hidi. La voix de cheb Toufik fuse d'une permanence électorale tapissée d'affiches à l'effigie de Hakim Bettache, le maire sortant d'Alger-Centre, réélu à une majorité écrasante. A quelques mètres de là, en face du Milk Bar, un type en casquette chambre un de ses potes : «Ya jeune ! Rak zaâfane ?»…


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