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«Nos unités ont réalisé un chiffre d'affaires de 100 milliards de dinars en 2017»
Général-major Rachid Chouaki. Directeur des fabrications militaires
Publié dans El Watan le 21 - 12 - 2017

«Le camion produit à Rouiba peut circuler partout dans le monde, ce qui n'était pas le cas avant, et le véhicule 4x4 fabriqué à Tiaret est similaire à celui qui circule aux Etats-Unis, en Russie, en Europe ou encore en Autriche, le pays de sa production.» La déclaration est celle du général-major Rachid Chouaki, directeur des fabrications militaires au niveau du ministère de la Défense nationale.
Dans l'entretien qu'il nous a accordé, il revient sur les différentes unités industrielles, notamment celles de l'automobile, de l'électronique ou du textile, appartenant à l'armée et qui ont permis un chiffre d'affaires croissant de 100 milliards de dinars en 2017…
Entre 2009 et 2014, l'institution militaire s'est lancée dans des activités économiques à travers la création de complexes industriels dans divers secteurs, notamment l'automobile, le textile, l'électronique, etc. De quoi s'agit-il au juste ?
Durant le plan quinquennal 2009-2014, le ministère de la Défense nationale a élargi de manière substantielle le périmètre de sa base industrielle et de technologies de défense. Il s'agissait en fait de s'inscrire dans la stratégie de la relance économique décidée par le président de la République.
Ce développement a concerné plusieurs branches industrielles, à savoir : la mécanique et notamment les véhicules, l'industrie manufacturière (textile et habillement), l'électronique, les systèmes électroniques, la robotique, l'énergétique et les explosifs.
Le développement a été conçu et planifié selon le concept de l'implémentation de technologies au sein du tissu industriel national sur des sites fermés ou en voie d'extinction. L'appel aux IDE dans le cadre de partenariat public-privé (étranger) pour des productions duales de marque en Algérie visait l'accès au marché extérieur, après satisfaction de la demande locale en termes de qualité, de fiabilité et d'efficience par rapport à ceux prévalant chez les détenteurs de la propriété intellectuelle.
Quels sont les montants de ces investissements et surtout leurs revenus après trois années d'exercice ?
En termes de budget, l'expansion de la base industrielle et de technologies de défense durant le quinquennal (2009-2014) n'a mis à contribution que faiblement le budget de l'Etat. On peut dire qu'il y a eu un emprunt à taux bonifié de 30 milliards de dinars auprès du FNI (Fonds national d'investissement) pour la mise à niveau des infrastructures.
Une autre enveloppe de 150 milliards de dinars destinée aux investissements spécifiques a été obtenue grâce au capital et aux emprunts bancaires. En matière de revenus, et à partir de 2017, il y a une courbe croissante pour un chiffre d'affaires annuel de 100 milliards de dinars…
Ces Epic (Etablissement publics à caractère industriel et commercial) sont-ils autonomes financièrement et rémunèrent-ils leurs personnels, ou bénéficient-ils de dotations du ministère de la Défense ?
Les Epic relevant du secteur économique de l'ANP émargent aux dispositions du décret 08-102 portant statut type des Epic. A ce titre, à l'instar des EPE et à l'inverse des EPA, l'EPIC prend entièrement en charge le financement de son exploitation sur ses fonds propres. Ces établissements sont régis par les règles de commercialité les plus étendues, s'acquittent de toute la fiscalité et des charges sociales réglementaires.
Dans le monde, de nombreuses armées se sont déchargées de ces activités et préfèrent sous-traiter ces services. Pourquoi l'armée algérienne a-t-elle opté pour le choix d'une industrie militaire ?
De notre point de vue, la révolution industrielle en matière de technologies de défense a émergé durant les années 90' et engendré le démantèlement des complexes militaro-industriels au profit des sociétés et compagnies, voire des multinationales à plusieurs dimensions, produits et technologies civils et militaires tournés vers les dernières générations. A ce titre, l'ère du complexe militaro-industriel rigide non rentable, supporté par l'Etat et non compétitif, est révolue.
La base industrielle et de technologie de défense est générée par des usines flexibles, modernes, avec les technologies les plus avancées spécialisées dans les domaines offrant des produits avancés pour l'armée et d'exportation. La frontière entre les technologies à application militaire et civile est rapidement dépassée. Le corollaire de cette nouvelle approche visant la rentabilité, la création de richesse et le progrès est qu'il s'agit d'une activité intégrée entièrement dans le tissu industriel national.
Dans le domaine de l'automobile, vous avez opté pour un grand constructeur allemand, Mercedes en l'occurrence, mais beaucoup d'observateurs s'interrogent sur la présence des Emiratis dans le montage financier. Pouvons-nous avoir une explication ?
En matière d'industrie automobile, la DFM (Direction des fabrications militaires) a procédé au montage de plusieurs partenariats : la production de véhicules 4x4 utilitaires sur le site de Aïn Bouchekif à Tiaret, qui était anciennement réservée au projet Fiat. Oui, effectivement, la firme Daimler-MB y est installée pour la production de véhicules de marque Mercedes.
A Rouiba, Mercedes Benz est également établie pour la modernisation de l'opérateur historique de fabrication de véhicules, et une large gamme de camions et de bus du label Mercedes-MB. A Aïn Smara, la compagnie Rheinmetall est notre partenaire technologique pour la production des véhicules spéciaux, et enfin à Khenchela la firme émiratie NIMR-International est notre partenaire pour la production de véhicules blindés légers 4x4.
Ceci est une grande percée dans l'industrie des véhicules et nous sommes fiers de répondre aux attentes du haut commandement en tant que précurseur de l'industrie des véhicules. L'accompagnement par de puissants organismes financiers émiratis marque l'amitié qui existe entre les deux pays, la crédibilité de notre pays et la concrétisation de la stratégie de partenariat dans l'industrie par de puissants programmes IDE participant à ces méga-projets.
Beaucoup vous reprochent, au même titre qu'aux concessionnaires automobiles privés, de faire dans l'importation déguisée. Peut-on parler de production lorsque le taux d'intégration est très bas ?
L'industrie automobile implantée par la DFM se différencie déjà à la base de l'industrie de montage. L'usine de moteurs de marque Mercedes implantée à Oued Hmimime, par exemple, livrera les moteurs de tous les camions de marque Mercedes-MB fabriqués à Rouiba. De même, les moteurs MTU fabriqués à Oued Hmimime vont être montés sur les véhicules fabriqués à Aïn Smara et à Khenchela. Il suffit de faire un tour à Aïn Smara et à Khenchela pour constater qu'on est loin du montage SKD-CKD, mais plutôt de fabrication.
Vous fabriquez une large gamme de véhicules tout-terrain et utilitaires destinés uniquement à l'armée, ou comptez-vous répondre à une demande plus élargie ?
En matière de véhicules et camions, les technologies installées ainsi que les concessions des licences obtenues permettent d'obtenir des applications civiles et militaires. Actuellement, l'effort est axé sur la montée en cadence en termes de qualité et quantité pour la satisfaction des demandes militaires. A Tiaret et à Rouiba, les entreprises commencent à pénétrer le marché civil au niveau de grands donneurs d'ordre (énergie, transport, etc.). Ces partenariats ont été dimensionnés pour prendre en charge une part importante du marché algérien.
De nombreux spécialistes évoquent la saturation du secteur de l'automobile avec l'arrivée de nombreux constructeurs. Ne craignez-vous pas une chute de la demande ?
Tous les partenariats mis en place et les accords de licence conclus ne portent pas sur des technologies de produits figés, bien au contraire, notre partenaire, le détenteur de la marque, livre et livrera les éléments de propriété intellectuelle à même de maintenir les produits en service en Algérie identiques à ceux prévalant dans ses usines de par le monde. C'est la garantie de la pérennité du partenariat qui répondra à chaque nouvelle demande émanant du marché local et à l'export en termes de modernité et d'avant-garde.
Vous avez également investi le secteur du textile par le rachat de nombreuses unités publiques qui étaient à l'abandon. Comment pouvez-vous réanimer une activité qui connaît un déclin partout dans le monde ?
L'ANP, la DGSN, la Protection civile et tous les corps constitués, à l'instar des autres pays, constituent des grands donneurs d'ordre en matière de HCCA (habillement, couchage campement et ameublement), et l'Algérie dispose d'un puissant support de production textile qui a mal traversé la décennie 90' et qui se trouvait surtout confronté au redoutable ennemi : le marché informel.
La DFM a repris sept opérateurs économiques relevant du secteur textile produisant les supports de base destinés à l'ANP et aux corps constitués et qui étaient frappés par la crise et dirigés droit vers la fermeture.
A ce titre, les pouvoirs publics ont consenti un programme de remise à niveau de ces opérateurs à compter de 2012, financé par un emprunt auprès du FNI avec un taux bonifié. Ces opérateurs ont été transformés en une seule entreprise dénommée EATIT (Entreprise algérienne des tissus industriels et techniques) qui fournit actuellement tous les supports pour l'EPIC-EHC (Etablissement d'habillement et de couchages), qui est l'opérateur historique d'uniformes et de tenues militaires ainsi qu'à d'autres ateliers de la DGSN.
La rentabilité économique est vite constatée pour un secteur qui était voué à une disparition. Aujourd'hui, grâce à ces entreprises, le soldat algérien s'habille totalement algérien.
La reprise d'activités industrielles à l'arrêt, comme celles de l'Enie à Sidi Bel Abbès, ou de la SNVI à Rouiba, et tant d'autres ailleurs, a-t-elle permis à l'armée de s'autosuffire et, de ce fait, réduire sa facture d'importation ?
La DFM a investi des segments de technologie pour créer l'émulation suffisante et le point de non-retour, en visant l'autosuffisance par domaine d'activité. Nous pensons essentiellement à enclencher ce processus, le consolider et procéder à son évaluation périodique.
Faudra-t-il s'attendre à ce que ces unités industrielles passent à l'étape de l'exportation ?
Les conditions d'exportation par des nouvelles unités en partenariat sont réunies pour des productions selon le label de marques connues mondialement.
A titre d'exemple, Rouiba est inscrit actuellement comme fabricant de Mercedes Benz à travers le monde, c'est-à-dire que le camion produit à Rouiba peut circuler partout dans le monde, ce qui n'était pas le cas avant, et le véhicule 4x4 produit à Tiaret est similaire à celui qui circule aux Etats-Unis, en Russie, en Europe ou encore en Autriche, le pays de sa production.
En matière de prix, avec l'intégration des composants qui viendra phase par phase, nous viserons les compétitivités des usines mères. Le partenariat est un pari qu'il faut gagner, et c'est tout le pays qui avance avec ce partenariat.


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