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Le changement climatique : nécessité d'une stratégie d'adaptation
Publié dans El Watan le 12 - 05 - 2008

Le changement climatique est en cours, et nous en constatons déjà les conséquences qui ne feront que s'amplifier, notamment dans nos régions, soumises déjà à une rude épreuve qui a entamé les équilibres naturels et l'intégrité des composantes essentielles du potentiel de production.
Les sécheresses cycliques que nous enregistrons à des intervalles plus réguliers ne constituent qu'une retombée de ces perturbations qui gênent tout le processus de développement. Durant les temps préhistoriques et historiques, la durée pendant laquelle des conditions croissantes d'aridité se sont développées dans nos contrées, associées à une lente activité anthropique ont entraîné des processus d'adaptation qui se sont traduits par l'existence actuelle de patrimoines génétiques de plantes et d'animaux et par la présence d'une mosaïque de foyers d'évolution, aussi bien pour les activités humaines que pour la transformation du milieu naturel. Les témoins apparents sont les fresques du Tassili, les pollens de cèdre et autres espèces, les forêts fossilisées trouvées au Sahara central aujourd'hui désertique.Les changements climatiques ont ainsi occasionné des mutations sociales. Les systèmes pastoraux actuels trouvent leurs origines dans le Sahara préhistorique où ils sont apparus comme un moyen d'adaptation pour sécuriser les ressources alimentaires dans un climat devenu sec, variable et imprévisible. Cela reflète la lente aridification du climat et une modification de la vie pour mieux lutter contre un changement lent mais perpétuel. Le pastoralisme a permis aux populations de rechercher les eaux et les pâturages devenus rares, augmentant leur capacité d'adaptation pour répondre à un environnement de plus en plus sévère. Cette transhumance vers les zones steppiques et présahariennes plus favorables et les conditions devenant plus sèches, le mouton et la chèvre remplacent le bovin qui migre vers des zones plus humides au sud du Sahara (pays du Sahel).La sédentarisation d'une partie de la population pratiquant l'agriculture dans les points d'eau (oasis) a favorisé la naissance de ce pastoralisme et le partage des modes de vie et d'activité. Les oasis étaient la base d'une économie agricole saharienne basée sur la culture du palmier dattier, les cultures légumières et l'arboriculture fruitière. De nos jours, malgré les incertitudes, les changements climatiques globaux se traduisent dans les zones semi-arides et arides par un accroissement des conditions d'aridité, ce qui aggrave la pression sur les populations et sur les ressources (parcours, sols, eau, production agricole). Par ailleurs, dans de nombreuses régions du monde, le changement climatique s'est déjà traduit par des hausses de température avec des impacts sur certains systèmes physiques et biologiques, comme par exemple le retrait des glaciers, le dégel du pergélisol, le gel tardif et la dislocation précoce de la glace sur les rivières et les lacs. Concernant l'évolution des écosystèmes, on constate une modification du cycle biologique des plantes et la perturbation des habitats de la faune. C'est l'allongement des saisons de croissance aux latitudes moyennes à élevées. Les espèces exotiques moins exigeantes envahissent les espaces. La progression en altitude et vers les pôles de l'habitat d'un certain nombre d'espèces animales et végétales est la précocité de la floraison des arbres, l'apparition des insectes parasites et la progression de leurs attaques, la ponte précoce des oiseaux et la fréquence accrue des inondations et des sécheresses. Les travaux menés à l'échelle internationale, notamment ceux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations unies insistent aujourd'hui sur le fait que même si tout est mis en œuvre pour éviter les dérèglements climatiques (par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, GES), ces dérèglements sont inévitables. En effet, du fait de l'inertie du système climatique, cela demande une nouvelle démarche pour éviter ou atténuer les risques résultant des variations des facteurs du climat. Les mesures doivent être à la fois préventives (suivi, évaluation et alerte dans les stations dépendant des observatoires) et curatives par la lutte active contre la pathologie des écosystèmes, la désertification, la dégradation de l'environnement et la dégradation des conditions de vie des populations. Les prospectives fondées sur le changement climatique font peser des risques importants sur les systèmes de production. Les systèmes naturels sont particulièrement vulnérables du fait de leur capacité d'adaptation lente. Même si le changement climatique peut être bénéfique à certaines espèces, il accentuera néanmoins les risques d'extinction auxquels sont déjà exposées certaines espèces plus vulnérables. Le modèle Magicc (Hulme et al, 2000) centré sur le Maghreb, estime un réchauffement de l'ordre de 1°C entre 2000 et 2020 et une perturbation des régimes pluviométriques avec une tendance à la baisse de 5 à 10%. A plus long terme, la température pourrait augmenter de 3°C d'ici 2050 et dépasser les 5°C en 2100, alors que les précipitations diminueraient de 10 à 30% d'ici 2050 et de 20 à de 50 % en 2100. Des changements dans les moyennes, mêmes faibles, impliquent une augmentation de la fréquence des extrêmes climatiques (Katz et Brown, 1992). Les risques principaux concernent alors une probable augmentation de la fréquence et de l'intensité des sécheresses et de la concentration des épisodes pluvieux sur un faible nombre de jours. Le processus de changement climatique se traduit par un déplacement vers le nord des étages bioclimatiques méditerranéens conduisant à une remontée des zones arides et désertiques (Kadik, 1983). Pour ce qui est de notre pays, dans la zone littorale, les plaines côtières et intérieures, la pollution atteint par endroits des niveaux intolérables, elle accentue les effets du réchauffement du climat. Par ailleurs, l'urbanisation inadaptée et anarchique empiète sur les terres les plus fertiles et les plus faciles à exploiter. Par ailleurs, les sols perdent progressivement leur capacité productive et leur fertilité ; la surface agricole utile s'amenuise ; l'érosion hydrique dans les bassins versants et les zones de montagnes est exacerbée par le dérèglement du climat. Cela résulte aussi de la mauvaise utilisation des terres, la dégradation du manteau végétal (forêts et steppes) et des rigueurs du milieu physique très sensible. A cet effet, il faut insister sur le fait que déjà les ressources hydriques et foncières sont limitées et menacées. Il serait judicieux également d'attirer l'attention sur la stagnation des systèmes culturaux dans les zones agro-climatiques. Malgré les potentialités non négligeables du milieu naturel, la production et les rendements restent faibles, la qualité des produits souvent médiocre et la rentabilité peu satisfaisante. Ainsi, les prospectives fondées sur le changement climatique montrent des risques importants sur les systèmes pastoraux et agricoles et sahariens. Les agrosystèmes de montagne, les systèmes pastoraux de la steppe et les agrosystèmes sahariens (oasiens et ksouriens) sont les plus touchés par cette régression, ce qui accentue leur vulnérabilité. Une augmentation du nombre de personnes exposées à des maladies à transmission vectorielle est probable ou des maladies à transmissions hydriques. La hausse de la mortalité due aux agressions thermiques et pluviométriques extrêmes est réelle. Le risque d'augmentation des fréquences d'inondation et de sécheresse à une intensité de plus en plus forte touche de nombreux établissements humains, particulièrement ceux qui sont les plus sensibles càmme les personnes ayant un revenu bas et vivant dans des habitats précaires. L'augmentation de la demande d'énergie à des fins de climatisation est favorisée par les températures estivales et les froids hivernaux. La vulnérabilité agricole due aux actions du climat se traduit par des contractions et des expansions du rendement aux effets macro-économiques déstabilisants. La stratégie d'adaptation peut limiter les difficultés entravant le développement durable afin de résister grâce à des systèmes culturaux et hydriques adaptés. La mise en valeur en zone saharienne est elle-même soumise à des aléas qui sont a contrario des règles de gestion raisonnables et raisonnées. Les oasis et les ksour font l'objet de déprises par les populations qui quittent ces terroirs pour aller s'agglutiner dans les villes et villages, aggravant le phénomène de l'exode rural et les malaises qu'il provoque. Dans tous les cas, l'eau devient une denrée de plus en plus rare. Son accessibilité, son captage, son stockage, son utilisation et sa gestion sont complexes et les investissements coûteux. En zone aride et semi-aride, on assiste depuis longtemps à l'accentuation du processus de désertification lié au réchauffement climatique malgré les efforts qui sont déployés pour le circonscrire. A la dégradation des ressources pastorales, à la perte de la biodiversité et de la diversité génétique de la faune et de la flore, s'ajoute le flou caractérisant le statut juridique des terres qui ne favorise pas l'amorce d'un aménagement intégré juste et équitable tout en maintenant les potentialités des terres et des zones naturelles. Les ressources génétiques des plantes cultivées et apparentées et des animaux domestiques s'appauvrissent et se perdent parfois avec le savoir-faire des populations qui les ont maintenus depuis des millénaires jusqu'à nos jours. Les modifications des relations prédateur-proie-parasite hôte-plante pollinisation -disperseur influent sur le contrôle des parasites, la lutte intégrée et l'équilibre écologique. Ces variations augmentent les dégâts causés par les ravageurs d'où perte de la production et des revenus financiers allant jusqu'à 40% . La dégradation des terres en zones sèches exerce une influence négative sur le bilan général des données climatiques. La lutte contre la désertification est importante pour assurer un équilibre écologique et socioéconomique. Dans ce contexte, on sait que la communauté internationale, et notamment les pays développés, n'ont pas honoré pleinement leur engagement sur les plans financier, ou de transfert des techniques et de
biotechnologies et des échanges justes et équitables des ressources génétiques prévus notamment par la Convention sur la lutte contre la désertification et la sécheresse et la Convention sur la biodiversité. Cependant, il ne faut pas s'attendre à des miracles de ce côté-là, il importe plutôt de compter sur les propres ressources humaines et naturelles du pays en mobilisant les compétences nationales pour formuler une stratégie de développement durable incluant les risques dus aux impacts du réchauffement climatique. Les mesures d'adaptation doivent être vues désormais comme un complément indispensable aux actions déjà engagées dans le cadre de la mise en œuvre des activités de production ou de conservation des ressources naturelles. Une réduction des rendements actuels et potentiels des cultures dans la plupart des régions agroclimatiques est induite par une augmentation de la température moyenne annuelle de quelques °C et une baisse sensible des précipitations. Avec des réductions moyennes des rendements de 5,7% à près de 14%, les rendements des légumes diminueraient de 10 à 30%. Un déficit croissant est attendu entre les besoins en céréales estimés par les programmes de sécurité alimentaire et les potentiels agricoles si les mesures d'adaptation ne sont pas prises. Ces bouleversements physiques et biologiques dans les cycles des nutriments et de l'offre de biens et services auront des répercussions sur les moyens de subsistance, la stabilisation des sols et leur capacité productive. Ces aspects négatifs seront accentués par les conséquences résultant de la mondialisation. L'ouverture du marché pourrait dans un délai très bref ruiner l'économie agricole du pays et aggraver notre dépendance alimentaire, en plus des problèmes sociaux et économiques que cela pose et poserait (adhésion à l'UE et à l'OMC). A l'échelle planétaire, on désigne sous le vocable de mondialisation, une approche visant la domination économique et d'hégémonie des puissantes nations industrialisées qui détiennent la technologie et qui sont soucieuses de défendre leurs intérêts et leurs privilèges et de maintenir le statut quo. Pour réussir, la planification des projets doit être élaborée sur la base des données de base et en faisant appel à une large concertation impliquant les différents secteurs d'activité et la société civile aux niveaux local, régional et national. Il importe de tenir compte du milieu social déjà touché par ces perturbations afin d'éviter les inégalités devant le risque de limiter les coûts, de tirer parti des avantages et de prendre en charge les problèmes de sécurité et de santé publique La prise de conscience sur les enjeux et les menaces doivent être saisis avec sérieux. Une volonté à tous les niveaux doit se traduire par la conception et la mise en œuvre de programmes d'action coordonnés et solidaires entre tous les secteurs, les institutions nationales ainsi que les acteurs et les opérateurs concernés et impliqués. Concernant les retombées de la recherche et des innovations techniques, l'impact sur le progrès agricole est très faible sinon négligeable, malgré les efforts. L'interface entre les activités de recherche et le développement est encore à concevoir et à mettre en œuvre si l'on veut impulser le progrès en milieu rural, un développement durable. La science et la politique de développement (prises de décision) manquent de données fiables et n'ont pas assez de recul pour faire face aux mutations économiques et sociales qui se déroulent à l'échelle nationale et internationale.Soulignons également que les axes de développement n'ont pas été évalués suffisamment et objectivement. La communauté scientifique est sollicitée pour apporter des éléments d'aide à la décision, caractériser les risques, définir la vulnérabilité des systèmes socio-économiques et des écosystèmes naturels à des niveaux sectoriels et géographiques, tout en renforçant la connaissance sur les événements extrêmes. Les mesures d'adaptation s'appuient sur les connaissances scientifiques qui permettent de les élaborer, les réajuster, les valider, les interpréter et les diffuser. L'expertise nationale prise isolément ne peut donner des résultats probants, les mesures d'adaptation nécessitent la conjugaison des énergies de tout un chacun pour que les efforts soient couronnés de succès. Le programme d'action implique donc une masse de données scientifiques, techniques et sociales pour définir les formes et l'ampleur des impacts potentiels sur les activités et d'analyser les stratégies d'adaptation des systèmes de production pour les prochaines décennies. Pour cela, il faut utiliser nos connaissances sur les processus de dégradation des terres et opter pour des techniques d'aménagement durables peu coûteuses et ayant l'adhésion des populations concernées et des collectivités locales. Un effort doit être fait pour combler le retard accumulé de notre système de production, de transformation (agro-industries) et du circuit de commercialisation. Dans cette libéralisation du marché, les secteurs du développement agricole sont les plus lésés et constituent l'un des maillons les plus faibles de l'économie malgré les efforts fournis. En définitive, l'objectif est de fournir une information fiable, vérifiable et de façon régulière sur l'état des ressources naturelles ainsi que sur les liens entre celles-ci et l'activité humaine. Pour cela, il est important de disposer d'indicateurs et d'indices clairement définis. Ces repères permettent de mesurer les résultats obtenus découlant de la mise en œuvre de programmes de mise en valeur, et ainsi d'opérer des ajustements en temps opportun, évitant ainsi le gaspillage de certains moyens si l'on continue à agir sans évaluation et sans tirer des leçons de l'expérience vécue. Ainsi, la conservation des patrimoines naturels revêt un caractère d'urgence que le pays doit prendre en charge avec célérité sur des bases scientifiques, en relation étroite avec des autorités compétentes locales suivant une responsabilité claire et décentralisée à tout point de vue. Les populations seront impliquées dans toute prise de décision qui concerne leur devenir par un accompagnement rationnel loin de tout paternalisme ou populisme. La possibilité d'adaptation n'est possible que si la durée est assez longue pour permettre aux constituants du milieu naturel d'ajuster leur fonctionnement biologique en modifiant certains processus physiologique, morphologique et génétique. Les établissements humains, l'énergie, l'industrie, les assurances et autres services financiers, la santé doivent être mieux conçus, eu égard à leur vulnérabilité dont l'intensité varie selon l'emplacement géographique, le moment considéré, les conditions sociales, économiques et environnementales. La ressource hydrique, maillon essentiel, serait susceptible d'une réduction des disponibilités qui seraient à la limite des besoins, voire déficitaire d'ici 2020. Par contre, il faut prévoir une augmentation des besoins pour l'agriculture pluviale et irriguée, causée par les modifications du régime des pluies, leur quantité et la hausse de l'évapotranspiration. La sensibilité à l'érosion des bassins hydrologiques implique que le volume d'eau possible fasse l'objet notamment d'aménagement des bassins versants pour favoriser l'infiltration et diminuer le ruissellement. La gestion intégrée passe par l'amélioration de la couverture végétale favorisant la mobilisation des pluies dans les zones de montagne et la protection contre la pollution de l'eau et des sols. Les options sur la ressource-clé de l'économie, de la santé et des performances agricoles passe donc par la mobilisation des eaux conventionnelles sous forme de construction de nouveaux barrages selon les possibilités, en intégrant les impacts du changement climatique sur le ruissellement sur plus de 50 ans et la mobilisation des aquifères profonds. Il y a lieu également d'intensifier la mobilisation des eaux non conventionnelles par le dessalement de l'eau de mer pour l'approvisionnement des villes, la récupération, l'épuration et le retraitement des eaux usées pour l'irrigation et l'industrie, l'utilisation de l'eau saumâtre pour l'industrie et enfin l'injection des eaux de surface dans les nappes souterraines. La demande des régions, insuffisamment pourvue, peut être comblée par les transferts interrégionaux. L'utilisation efficace et raisonnée de l'eau par de techniques optimales d'irrigation économiserait 10 à 20%, soit 0,5 à 1 milliard de m3/an. Concernant l'eau potable, l'amélioration des réseaux d'adduction, associée à une politique de sensibilisation du consommateur, permettrait des économies importantes. La modélisation des potentialités des nappes fossiles (albienne) et son utilisation sont appropriées. L'organisation de la production agricole est essentielle pour faire face à l'évolution des espèces, des variétés cultivées et des races d'animaux domestiques. Il est possible qu'une sélection puisse s'opérer dans ces populations pour éliminer les races les plus sensibles. Dans ce cas, la recherche doit pleinement s'impliquer pour suivre ces modifications et les orienter (sélection). Le secteur doit identifier les modalités d'adaptation des systèmes de culture actuels pour les rendre plus performants et résister aux modifications.A partir des connaissances disponibles sur l'écophysiologie des cultures, il s'agit d'appliquer la simulation des effets par des scénarios climatiques en relation avec la capacité productive des terres. Dans ce sens, il importe de procéder à la refonte du calendrier agricole traditionnel, à l'utilisation de semences sélectionnées et au choix de variétés adaptées faisant partie notamment des gisements génétiques locaux. La reconversion et le repositionnement des cultures (assolement et rotation) à l'élargissement de l'irrigation rationnelle et le recours à l'irrigation complémentaire et à la généralisation des techniques optimales d'irrigation constituent les axes sur lesquels il faut
agir en priorité. La politique de développement durable et de conservation de la biodiversité doit intégrer en premier lieu les collectivités locales et les représentants des opérateurs, y compris les populations locales. Le renforcement des capacités d'adaptation à faire face aux conditions climatiques améliore l'efficacité de la mise en uvre des mesures en raison de la variabilité et du rythme de ces changements. La connaissance des fluctuations actuelles et futures doit se faire à partir de la mise en place d'un système de suivi évaluation écologique, climatologique, météorologique, économique et social tout en améliorant les systèmes de prévision et d'alerte rapide découlant des données scientifiques. Pour ne pas être en discordance avec les objectifs de progrès économique et social du pays, il est primordial d'incorporer les considérations du changement climatique aux politiques, plans et programmes de développement sectoriel et plurisectoriel. L'information, la sensibilisation et l'éducation doivent être intensifiées aussi bien en direction des individus que des institutions et ce, à tous les niveaux politiques, économiques, sociaux et culturels. Il s'agit aussi de renforcer les structures spécialisées, les collectivités locales et les organisations socioprofessionnelles concernées La société civile aux niveaux local et national en particulier doit participer aux efforts visant la mise en œuvre d'actions concrètes. Le développement des capacités des institutions va entraîner sûrement une meilleure compréhension des effets du changement climatique afin d'y répondre rapidement Il s'agit également de fournir des informations fiables sur les effets probables du changement climatique, les prévisions et les premières alertes afin de permettre aux communautés et aux responsables de comprendre la situation et d'y faire face L'approche doit être intégrée et durable et se caractériser par une participation large, active et appropriée aux besoins locaux et nationaux. Le processus doit se faire selon des approches consultatives de la recherche du consensus et doit concerner toutes les couches de la société qui doivent s'exprimer sur les objectifs et le contenu. La formulation des politiques se fera sur la base des analyses des informations recueillies, cette politique doit prendre ses racines à partir des données obtenues in situ et des besoins réels exprimés par chacun notamment au niveau local. La planification, la programmation, le suivi-évaluation doivent être des prérogatives des institutions et organismes au niveau de la base et des collectivités locales. La mise en œuvre de la stratégie doit déboucher sur un engagement actif des groupes d'intérêt, des acteurs sociaux des opérateurs socioéconomiques qui doivent participer à toutes les phases de son élaboration. Le milieu naturel en Algérie devra faire face à des défis socio-économiques sérieux pour les prochaines décennies. Les plus importants sont la croissance de la demande alimentaire, la perte d'avantages face aux producteurs internationaux compétiteurs et la croissance des coûts suite aux mesures de protection. Notre pays est considéré comme consommateur de produits finis et de fournisseur de matières premières, il doit laisser place à une politique plus volontariste visant à modifier cette tendance et ainsi réduire cette dépendance. En définitive, les impacts de changement climatique sur le développement se répercutent de plus en plus sur le système économique et social, suite à l'interdépendance des marchés et à la mondialisation dont les dirigeants presque exclusifs sont les pays industrialisés. Les questions liées aux politiques commerciales internationales sont donc cruciales pour les stratégies de réponse aux changements climatiques. La stratégie pose les bases d'une gestion à long terme qui doit passer obligatoirement par la responsabilisation des ressources humaines locales et des investissements propres dans la modernisation des secteurs et leur mise à niveau aussi bien dans la démarche, la planification, la programmation et la mise en œuvre. L'objectif est de répondre aux besoins des populations mais également de préserver nos patrimoines naturels et culturels. La conservation du support de cette production est essentielle, notamment le sol, l'eau, les forêts, la steppe et les ressources génétiques des plantes et des animaux. La gestion de l'espace doit faire l'objet des préoccupations majeures pour concilier développement et conservation. Comme le pays est déjà confronté à une série de défis socio-économiques et environnementaux, il devrait tirer parti d'une compréhension améliorée des interactions entre les composantes des ressources naturelles pour en permettre l'exploitation rationnelle dans un objectif de préservation de leurs constituants pour mieux s'adapter aux impacts du changement climatique. Le changement climatique, problématique globale, doit être traité dans une perspective intégrée de développement durable, car ses impacts sont multiples tant sur l'environnement que sur le développement socio-économique. C'est pour cette raison que la réduction de ces impacts doit être intimement liée à la politique d'aménagement du territoire et à celle d'assurer un équilibre général de tous les facteurs de production et de préservation de nos patrimoines. Pour avoir une efficacité maximum résultant de la conception et de la mise en œuvre de la stratégie, il faut penser globalement et agir localement


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