La première conférence-débat traitant l'impact de la pollution atmosphérique urbaine a été animée par le professeur Samya Taright, du service de pneumologie de Bab-El Oued. Elle a indiqué que « la pollution atmosphérique est un phénomène très complexe compte tenu de la diversité des polluants susceptibles d'être présents dans l'atmosphère des grandes villes en raison de la résidence de plus de la moitié de la population dans les villes ». Elle a également souligné que cette pollution tue quelque 20 millions de personnes à travers le monde. « La pollution va encore augmenter et le nombre d'asthmatiques aussi », car « l'urbanisation va atteindre 72,6% de la population mondiale à travers le monde », a-t-elle averti. Selon ses propos, 50 % de la pollution de Algérie est causée par le transport et 45 % par les différentes industries. Elle précise que le taux de la pollution augmente durant la saison hivernale. Le montant dégagé par les pouvoirs publics pour diminuer et lutter contre la pollution est de l'ordre de 37.888.437 DA. De son côté, le Dr Fettouchi a soulevé le problème de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui se caractérise par une obstruction lente et progressive des voies aériennes et des poumons, associée à une distension permanente des alvéoles pulmonaires avec destruction des parois alvéolaires. « Cette maladie ne touche pas les poumons mais tous les vaisseaux du corps humain et le tabac est la cause de 90 % de ces maladies », a-t-elle averti. Et pour lutter contre cette pathologie, la médecin a donné une série de recommandations : « Les fumeurs doivent pratiquer une activité physique d'au moins deux heures par semaine, quelle que soit son intensité, de la sorte ils ont un risque réduit de développer une BPCO. Il faut absolument redévelopper la voie métabolique aérobie des muscles périphériques, contribuer à faire baisser l'hyperventilation, et augmenter la tolérance à l'effort ». En un mot, les malades atteints de la BPCO doivent lutter contre l'inactivité et la stagnation. De leur côté, Dr Ziou et le Pr Benhalla ont vulgarisé la pathologie chez les enfants et les adultes. Selon eux, l'asthme allergique est le type le plus répandu dans le monde et en Algérie. En résumé, un asthme mal contrôlé peut avoir des répercussions sur : la vie scolaire, la vie familiale et la vie personnelle des jeunes asthmatiques. Conséquence : mauvais résultats scolaires, absentéisme, sentiment d'exclusion, repli sur soi, hospitalisations... Et l'arrivée de l'adolescence ne facilite pas les choses ! « Hélas, parmi les parents, nombreux sont ceux pour qui la maladie est source d'anxiété. Comme une crise d'asthme peut survenir n'importe quand, ils peuvent avoir du mal à tenir leurs engagements professionnels ou personnels », ont-ils indiqué. Le témoignage d'un citoyen a été applaudi par toute l'assistance. Cet ancien fumeur de 68 ans a pu retrouver la forme d'un homme de 50 ans après avoir cessé de fumer alors qu'à 32 ans il avait « toutes les maladies d'un vieillard mourant », pour reprendre son expression. Pour rappel, la matinée a été consacrée à la mesure du souffle aux écoliers et à la projection de documentaires sur l'oxygénothérapie.