La situation conflictuelle que connaît le Complexe ArcelorMittal depuis près de deux mois semble loin de connaître son épilogue. Les travailleurs, visiblement las de voir leur entreprise sombrer dans l'insécurité, ont observé hier un arrêt de travail dans les principales unités du complexe : haut fourneau, laminoir et finisseuses. M. Karbaoui Abdelhak, membre du syndicat de l'entreprise, indique que l'action d'hier a été l'initiative propre des fonctionnaires pour exiger la réouverture du siège du syndicat et la reprise des négociations sur les revendications des employés avec la Direction du complexe. Notre interlocuteur affirme la fermeture du siège du syndicat depuis plusieurs jours, suite aux menaces proférées par les partisans du Comité de participation (CP) dit-il, à l'égard des membres du syndicat. Il fera savoir, pour étayer ses dires, que le Sg du syndicat, M. Kouadria est sous une intimidation réelle qui l'empêche de se rendre au complexe. Il ajoute que plus de 200 travailleurs ont observé durant la même journée d'hier un sit-in devant le siège de la Direction pour exiger de cette dernière d'assurer la sécurité sur les sites de travail. Pis, une centaine de travailleurs, ajoute M. Karbaoui, est allée jusqu'à monter sur la terrasse du haut fourneau menaçant d'un suicide collectif : «Le pire aurait pu se produire n'était l'intervention des éléments de la gendarmerie nationale et quelques sages». Le ras-le-bol des travailleurs s'explique, poursuit-il, par un nombre de facteurs citant l'insécurité qui caractérise l'usine, le blocage des négociations et la suspension des primes à la suite de la naissance du conflit. A la question de savoir les mesures visant le renforcement de la sécurité à l'intérieur de l'entreprise, annoncées ces derniers temps par la Direction en collaboration avec la wilaya et l'UGTA, ce membre du syndicat déplore l'inefficience des mesures annoncées. De leur côté, les membres du CP ont protesté hier à leur tour devant le siège de l'union locale de la wilaya demandant à cette dernière de procéder à la dissolution du syndicat d'entreprise et de son bureau exécutif. C'est ce qu'a affirmé le coordinateur de ce dernier, Khadouche Rafik, qui ne cesse de réitérer : «Le conflit est entre les mêmes membres du syndicat et le CP n'a rien à voir dans cette affaire». Le syndicat avait accusé, rappelons-le, le CP d'avoir organisé tout un complot pour entraver le processus de négociations entamées au mois de juillet dernier entre le syndicat et la Direction. Processus qui a donné satisfaction à plusieurs accords en faveur des travailleurs. Plus loin, le syndicat montre du doigt les membres de l'ancien bureau d'être derrière ce complot. Devant cette confusion qui semble s'éterniser, la communication d'ArcelorMittal Annaba a déclaré à propos de ce conflit que «l'employeur ne privilégiait aucun partenaire par rapport à un autre».