Les vêtements d'occasion ou «friperie» se vendent bien à l'occasion de la fête de l'Aïd. Le chômage, un salaire dérisoire, une famille nombreuse, la cherté des vêtements neufs... sont autant de raisons qui poussent des milliers d'Algériens à recourir à l'achat de ce type de vêtements. Les prix affichés dans ces lieux de fortune varient d'un article à un autre et dépassent, rarement, les 1 500 DA. «Je trouve des articles en très bon état pour 500 à 800 DA. Après leur lavage et leur repassage, ils sont comme neufs», assure Amina, une fidèle cliente des magasins de friperie depuis que son mari est tombé malade. «Mon mari ne travaille plus depuis cinq ans. Sa pension suffit à peine à régler les factures d'eau et d'électricité. Je suis femme de ménage dans une entreprise privée pour 20 000 DA par mois. J'achète pratiquement tout à la friperie», déclare-t-elle, sans aucun complexe. Comme Amina, beaucoup de mères de famille se dirigent vers ces espaces pour garder la face devant l'entourage et le voisinage le jour de l'Aïd. Il est néanmoins dommage que les propriétaires de ces magasins ne fassent aucun effort en matière d'entretien, de tri et de mise en valeur de cette marchandise qui habille, qu'on le veuille ou non, de larges catégories sociales. Elle est souvent présentée en vrac, plus au moins propre, non repassée, parfois démodée et même déchirée.