Résumé de la 1re partie ■ Ammamellen voulait tuer à tout prix son neveu Elias, mais il n'y arriva pas car celui-ci était très rusé. Elias se rendit dans la vallée et, lorsqu'il fut de retour, Ammamellen lui demanda : «Eh bien, as-tu visité cette vallée ? — Oui, répondit Elias, je l'ai visitée. — Et que s'y trouve-t-il ? Le pays te plaît-il, oui ou non ? — Il me plaît, seulement il y a des traces d'animaux morts et trois vieux chameaux dont l'un est borgne, l'autre galeux et le troisième a la queue coupée. — Comment distingues-tu la trace d'un animal vivant d'un animal mort ? — La trace d'un animal vivant revient sur elle-même, tandis que celle d'un animal mort ne revient pas. — À quoi reconnais-tu qu'un vieux chameau est borgne ou qu'il a ses deux yeux ? — Le chameau borgne mange toujours les arbres du côté de son bon œil. — Et le chameau galeux? — On reconnaît un chameau galeux parce qu'il se gratte à tous les arbres qu'il rencontre. — Et qu'est-ce qui te fait distinguer un chameau dont la queue est coupée de celui qui a sa queue ? — Lorsqu'un chameau qui n'a pas de queue vient à fienter, les crottes restent en tas, tandis que celui qui a sa queue s'en sert pour les disperser. » Quelque temps plus tard, Ammamellenn, qui ne s'avouait pas vaincu, alla dans un certain endroit et ramassa beaucoup d'herbes dont il fit plusieurs tas. Il revint et dit à Elias : «Demain, tu iras à tel endroit et tu rapporteras l'herbe que j'y ai mise en tas.» Le lendemain, Ammamellen prit les devants et se blottit dans un tas d'herbe, attendant Elias pour le tuer. Celui-ci vint et rassembla toute l'herbe, excepté un tas dont il ne voulut pas s'approcher. Ses compagnons l'interrogèrent : «Tu as rassemblé tous les tas d'herbe, pourquoi laisses-tu celui-là ? — Celui-là respire, dit Elias ; les autres ne respirent pas.» En entendant cela, Ammamellen se leva précipitamment, saisit son javelot et le lança contre Elias qu'il manqua. Il s'écria alors : «Va, je m'incline devant toi, fils de ma sœur, que ma sœur a enfanté et qu'elle a fait enfanter à sa servante.» Et, depuis ce jour, Elias peut vivre près de sa mère en toute tranquillité.