Résumé de la 8e partie ■ Le mystère excita l'imagination des hommes, dont le romancier Alexandre Dumas. Celui-ci avait lieu en public, devant les principaux personnages de la cour. Or, selon Marcel Pagnol, juste après la naissance du futur louis XIV, Louis XIII entraîne toute la cour à la chapelle du château de Saint-Germain pour célébrer en grandes pompes un Te Deum (événement relaté par Dumont, témoin de la scène, dans le Supplément au Corps Universel Diplomatique, tome IV, page 176) ce qui est contraire aux usages qui veut que cette cérémonie se déroule plusieurs jours après les couches. Cela aurait permis à la reine de rester seule avec sa sage-femme qui aurait mis au monde le second enfant. Pour éclaircir le contexte, il faut rappeler qu'il y avait à l'époque controverse sur le fait de savoir quel était l'aîné de deux jumeaux : celui ayant vu le jour en premier ou celui qui, voyant le jour en second, avait, pensait-on, «été conçu» en premier. Si un tel cas s'était présenté, le jumeau régnant aurait eu un grave problème de légitimité. À l'appui également de la thèse d'un jumeau de Louis XIV, l'examen attentif de la généalogie des rois de France fait apparaître de multiples naissances gémellaires, tant chez les Capétiens, que les Valois, les Bourbons et enfin les Orléans. Cette thèse inspire Alexandre Dumas dans le Vicomte de Bragelonne et dans Les Jumeaux (drame inachevé, 1861). Selon d'autres hypothèses, le Masque de fer aurait été un fils bâtard d'Anne d'Autriche, né pour les uns du duc de Buckingham (Luchet), pour d'autres d'un moine du nom de Fiacre (avec une naissance en 1636), pour d'autres encore du cardinal Mazarin (avec une naissance en 1644, soit longtemps après Louis XIV qui n'avait dès lors aucune raison d'emprisonner l'intéressé). À noter que Louis XIV a bien eu un frère cadet, Monsieur, né deux ans après lui. Selon Pierre-Jacques Arrèse, reprenant une thèse de Paul Lacroix (1836), le Masque de fer ne serait autre que le surintendant Nicolas Fouquet, incarcéré à Pignerol en 1665. Celui-ci est officiellement mort d'une attaque d'apoplexie à Pignerol à 65 ans le 23 mars 1680, vingt-trois ans avant le Masque de fer. Mais, selon les tenants de cette thèse, cette date serait fausse et le corps d'un codétenu, Dauger, qui servait de valet à Fouquet (voir ci-dessous), aurait été donné pour celui du surintendant. Cette mise en scène aurait été organisée par Colbert et Louvois afin d'empêcher la libération de Fouquet, qui était sur le point d'obtenir sa grâce et dont ils redoutaient l'habileté et l'influence. Cela étant, si Fouquet avait survécu jusqu'en 1703, il aurait vécu 88 ans, ce qui est beaucoup pour l'époque, même pour un prisonnier bénéficiant d'un traitement de faveur. A Suivre...